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Billet de blog 10 mai 2011

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Comprendre la psychiatrie actuelle ? Facile, il faut comprendre la psychiatrie d'antan

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L’histoire de la médecine remonte au moins à la Grèce antique, mais l’histoire de la psychiatrie quand à elle, est récente.En 1676, Louis XIII décréta l’ouverture des hôpitaux généraux en France, afin, entre autres, d’enfermer « les débauchés, les pères dépensiers, les blasphémateurs, les libertins etc…. Ce décret marqua le début de « l’emprisonnement à grande échelle des fous ».Les conditions horribles qui y régnaient faisaient leur réputation. Personne n’avait envie d’y aller et pour cause, comme traitement de choc, ils jetaient les « fous » dans une fosse grouillante de serpents. Ce choc émotionnel était sensé ramener la personne à la raison…. C’était quelquefois définitif, car arrêt cardiaque garanti. En 1858, Rudolf Virchow publia sa pathologie cellulaire, et ainsi naissait la médecine moderne. Depuis la médecine a avancé à vive allure. Pendant ce temps, la psychiatrie cherchait comment débarrasser le monde de la « folie ». Je passe sur les « joyeusetés » en 1840 des cures ou figurait « la chaise de Darwin ». On y faisait tourner les malades mentaux jusqu’à ce que du sang suinte de leurs bouches, oreilles et nez….. « Sympa », tourner manège….En 1918, Edwin Kraepelin, pionnier de la psychiatrie définissait un psychiatre ainsi :« Un chef absolu qui, guidé par nos connaissances actuelles, pourra intervenir sans pitié dans les conditions de vie des gens et obtiendra sûrement en quelques décennies une baisse correspondante de la folie ».Ah ! Avec ce genre de propos cela devient carrément orageux. Trente ans plus tard, un certain Adolph Hitler a appliqué ces propos à la lettre. Car, je le rappelle, les premiers à se faire exterminer furent les malades mentaux et les handicapés physique. C’est sur, Kraepelin avait inventé un remède à la folie. Entre 1928 et 1938, les psychiatres ont instaurés des horreurs comme le choc au Métrozol, le choc insulinique, l’électrochoc, et la psychochirurgie. C’est vrai que j’ai beau avoir le cœur assez bien accroché, n’empêche, quand j’ai vu le résultat d’un choc à l’insuline très bien montré dans l’excellent film sur le Prix Nobel d’économie John Nash, je n’ai pu m’empêcher d’avoir un haut le cœur. Quelle barbarie…. Et de plus pour ne rien soigner.Entre 1950 et 1960, de nouveau un sale temps, car c’est l’année du lancement des psychotropes. Roses, bleues, vertes, une déferlante de pilules. Une petite dépression, hop, une gélule, et tout à coup la vie s’illumine…. Ca y est, le patient voit des éléphants roses… Il est guérit.Mais ce n’est que le sommet de l’iceberg. Carl Elliott, à l’université du Minnesota nous dit : « Pour vendre des médicaments, il faut vendre des maladies psychiatriques ».Tout est dit. Voilà le problème. Plus les psychiatres inventent des maladies, plus c’est juteux pour les labos. Là où ça devient très subtil, est que l’acceptation de la maladie mentale par les médecins généralistes en passant par la promotion des neuroleptiques, conduit depuis pas mal d’années à des prescriptions tout à fait délirantes. N’oublions pas que la France avec ses 120 millions de boîtes de psychotropes consommés par an, a le vent en poupe. Compte tenu, que sur les 70 millions d’habitants de ce pays, tout le monde et heureusement, ne consomment pas les pilules du « bonheur », cela laisse rêveur sur la consommation journalière de ceux qui en prennent.Le marketing acharné du système de diagnostic et de ses psychotropes en fait une partie intégrante de la médecine générale. Un non-sens, quand on se penche sur l’historique de la psychiatrie.

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