SCHIZOPHRENIE.......Efficacité ou nuisance des antipsychotiques ?

Bonne question…..« Poser un diagnostic de schizophrénie peut sembler scientifique au premier abord, surtout quand la biopsychiatrie ne cesse de prétendre qu’une maladie génétique du cerveau est impliquée. Mais quand on prend du recul et que l’on observe de loin ce que les chercheurs font en réalité, on se demande comment ils peuvent justifier leur travail…. Ce n’est pas de la science. Il ne s’agit que de manipulation mathématique de données dénuées de sens. » Dr Ty C. Colbert, Blaming Our Genes 2001.La psychiatrie s’immisce de plus en plus profondément dans notre vie quotidienne. Le succès du DSM (Diagnostic Statistical Manual) et des psychotropes en est la cause. La plupart des gens considèrent encore que la tâche principale de la psychiatrie est de soigner les patients atteints de troubles mentaux graves susceptibles de mettre leur vie en danger.En 1908, le psychiatre Suisse Eugen Bleuler nomma une certaine maladie mentale la schizophrénie. Système de classification qui permet d’acquérir un véritable statut dans le monde médical, car les psychiatres disposent de noms. Tout comportement irrationnel reçoit ainsi un nom, et a son ticket d’entrée pour être « soigné » par les pilules magiques. Mais j’y reviendrais.Le traitement de la schizophrénie ne diffère pas des autres diagnostics psychiatriques : d’abord étiqueter, ensuite droguer. Les médicaments employés sont appelés neuroleptiques ou antipsychotiques. Les psychiatres ont appris très vite que les neuroleptiques risquent d’engendrer des symptômes de maladie de Parkinson et d’encéphalite épidémique (inflammation du cerveau provoquant une léthargie) chez certains atteints de troubles mentaux. Lors d’une expérimentation sur elle-même, la psychiatre française C. Quarti (Livre Neuropsychologie de la douleur) écrivit une heure après avoir pris une des drogues : « J’ai commencé à avoir l’impression de m’affaiblir, d’être en train de mourir. C’était très douloureux et angoissant. Après une autre heure, je me sentais incapable de mettre en colère contre qui que ce soit…. »Autres effets secondaires et pas des moindres : Dyskinésie tardive (Dyskinésie : détérioration permanente du mouvement volontaire des lèvres, de la langue, de la mâchoire, des doigts, des orteils et d’autres parties du corps) ; syndrome malin des neuroleptiques (Réaction toxique : fièvre, le patient devient confus, agité et très rigide et il meurt.)Comment contrer cette publicité négative ? Car rien qu’aux USA, plus de 100 000 américains sont morts du syndrome malin des neuroleptiques. Facile : Abreuver le public par des articles placés dans des publications médicales en exagérant les bénéfices des antipsychotiques et en occultant les risques. Fait curieux quand même. Les patients de trois pays économiquement défavorisés, « l’Inde, le Nigéria et la Colombie » se portaient bien mieux sans bombardement de neuroleptiques que les patients européens et américains. En effet, après 5 ans de soins 64% des patients des pays pauvres ne présentaient plus de symptômes et allaient bien, contre 18% des patients des pays industrialisés. (The international Pilot Study of Schizophrenia: Five-year Follow-Up Findings, Psychological Medecine 22.)Les psychiatres occidentaux répondirent en argumentant que les gens des pays pauvres ne souffraient tout simplement pas de schizophrénie. Bien joué mais c’est faux. Seuls 16% des patients prenaient des neuroleptiques dans les pays pauvres, alors que dans les pays prospères, ce nombre atteignait 61%. De plus, les taux de rechute sont inférieurs chez les patients qui ne consomment pas ces médicaments que ceux qui en prennent. Mais voilà, le marché médicamenteux de la schizophrénie a rapporté 5 milliards de dollars en 1999. Les prédictions annonçaient une croissance annuelle de 6% entre 2000 et 2010. But atteint. Juteux l’affaire, très juteux. La vérité est que l’on peut guérir de la schizophrénie sans les antipsychotiques. Le cas remarquable de John Nash, prix Nobel, qui n’a plus consommé de drogues psychiatriques depuis 24 ans. Il s’est remis naturellement de son état perturbé. http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Forbes_NashDe nombreux programmes médicaux efficaces et bienveillants, destinés à des gens gravement perturbés ne reposent pas sur une administration à outrance de médicaments. Ce fait mérite d’être connu, même si les livres d’histoires sponsorisés par la psychiatrie n’en parlent pas. Le projet Maison Soteria du Dr Loren Mosher, et en Italie, le programme du Dr Giorgio Antonucci sont deux d’entre eux. Liens :http://www.onpeutlefaire.com/forum/topic/8000-maison-soteria/http://en.wikipedia.org/wiki/Soteriahttp://it.wikipedia.org/wiki/Giorgio_AntonucciIls obtiennent un taux de succès bien plus élevé que la méthode psychiatrique qui consiste à déshumaniser et à droguer de façon systématique.La liste de ce genre de programmes n’est pas exhaustive. De plus, ces programmes alternatifs reviennent également moins chers à la société. Donc, pourquoi ne pas le faire ? Parce que cela n’est pas assez lucratif ? Il est temps que les considérations humanitaires cèdent le pas aux considérations mercantiles.

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