Quand Raphael construit le bruyant OZ'INN et soutient un pédophile !

Raphaël van Twembeke, 69 ans, est le boucher du village naturiste.Ici, il est un des rares à parler du photographe sans malaise depuis que cette station réputée dans l’Europe entière est associée à une tragédie. Celle d’une célèbre présentatrice de télévision, Flavie Flament.

C’est une balade dominicale un peu particulière. Carrure de rugbyman, cheveux gris retenus par un catogan et santiags achetées à Las Vegas, notre guide du jour nous emmène vers l’est du Cap-d’Agde. Direction le camp naturiste. L’endroit est clôturé. On entre muni d’une carte payante. Lui se contente d’une rapide salutation au gardien pour franchir le portique.

Il gare sa Jeep noire près de la plage, qui file à perte de vue vers Sète. Il longe une boulangerie qui vend des meringues blanches et roses – « zizis, 2 euros » – et une boutique de tenues SM. Il y entre et embrasse une femme sur la bouche. On dit bonjour comme ça ici, paraît-il. Puis il arrive au centre d’un grand immeuble en arc de cercle : Héliopolis. « C’est là que David Hamilton avait un appartement et faisait des photos de jeunes filles. C’était un de mes clients, on était amis. » Raphaël van Twembeke, 69 ans, est le boucher du village naturiste.

Ici, il est un des rares à parler du photographe sans malaise depuis que cette station réputée dans l’Europe entière est associée à une tragédie. Celle d’une célèbre présentatrice de télévision, Flavie Flament. Dans son livre La Consolation (JC Lattès), paru en octobre dernier, elle accuse un photographe réputé de l’avoir violée en 1987, au Cap-d’Agde, dans un appartement d’Héliopolis. Elle avait 13 ans. À sa suite, trois autres femmes ont également déclaré dans L’Obs avoir été violées par ce même homme, David Hamilton.

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Le 25 novembre, le Britannique de 83 ans a été retrouvé mort chez lui. Au-delà du drame et des débats qu’il a suscités, l’affaire a mis la lumière sur le passé d’une station mythique. Un lieu qui attirait les familles populaires comme les étoiles du moment. Un coin de soleil qui fusionnait des rêves de toutes sortes : réussites commerciales, congés idylliques, bronzage intégral, voisinage avec les stars, folles nuits… Une ville à l’avant-garde d’une société des loisirs en pleine expansion.

L’appel du général de Gaulle

L’histoire de Raphaël van Twembeke épouse celle du Cap. Pour lui, l’aventure vers le sud commence par un appel du général de Gaulle. À Paris, un jour de 1965, l’adolescent de 17 ans entend le chef d’État annoncer à la radio qu’il veut faire du Languedoc-Roussillon la Floride de la France. Le garçon boucher attrape son vélo, sa caisse à outils et prend le train jusqu’à Béziers. Il fonce vers la côte. « Il n’y a rien, juste les moustiques et le camping naturiste Oltra, constate-t-il, c’est le paradis. »Après une enfance difficile, lui qui ne sait alors ni lire ni écrire, pressent que, sur ces terres désertes, « tout est possible ». Il suffit d’attendre que la Floride française émerge des marais.

Les adeptes de naturisme  apprécient la liberté « l’absence de contraintes sociales » que leur confère la nudité. Ici, en 1982.

Le premier à imaginer le Cap-d’Agde, c’est donc le Général avec, à ses côtés, Pierre Racine. À la tête d’une mission interministérielle depuis 1963, ce haut fonctionnaire a la charge de bâtir six stations balnéaires sur le littoral languedocien, dont La Grande-Motte et Gruissan. Objectif : arrêterle flux des vacanciers vers l’Espagne et diversifier l’économie d’une région en pleine crise viticole. « Au Cap, la mission Racine table, dès le départ, sur un tourisme populaire, explique l’historien Jean Sagnes. Pour ne pas susciter de réticence, elle prévoit une station à taille humaine et beaucoup de places en camping et en village de vacances. »

« C’ÉTAIT DES PIONNIERS À LA MANIÈRE DU FAR WEST, FIERS DE COLONISER UNE NOUVELLE TERRE. » LE JOURNALISTE DIDIER DENESTÈBE

L’architecte Jean Le Couteur opte pour de petites maisons méditerranéennes « sans prétention », aux tons ocre, rosé ou terre de sienne. Soit l’opposé des pyramides de La Grande-Motte. Le projet attire quelques dizaines d’aventuriers. La majorité est pied noir rapatriée d’Algérie, d’anciens proches de l’OAS pour certains. « C’était des pionniers à la manière du Far West, fiers de coloniser une nouvelle terre », explique le journaliste Didier Denestèbe, véritable mémoire de la station.

Lui-même arrive en 1972 avec son père, Gérard Denestèbe, qui crée, entre autres, le journal Hérault Tribune. Un titre relancé par le fils sous forme numérique, en 1998. « La plupart des premiers habitants étaient des commerçants, plutôt à droite, raconte Didier Denestèbe. Ils rêvaient d’une certaine réussite. »

Le camp nudiste sauvé des eaux

Célèbre dans toute l’Europe, le camp nudiste – qui ne représente qu’une petite partie de la station – aurait pu ne jamais exister. Car le camping a failli être rayé de la carte. Il a été créé en 1956 par d’anciens viticulteurs, René et Paul Oltra, eux-mêmes naturistes, qui ont eu cette idée insolite pour l’époque en voyant des Allemands poser leurs tentes dans les dunes et se baigner nus.

« Le cap », un village en béton né en 1971. Ici, en 1980.

Peu sensible à l’idéal « cul nu », la mission Racine compte exproprier à bas prix les Oltra comme tous les autres Agathois propriétaires en bord de mer. Les deux frères s’y opposent et, à force de négociations, gagnent. Ils conservent le camping, mais, en échange, devront construire des immeubles en dur juste à côté. Ils deviennent ainsi promoteurs. « C’est l’envers de la philosophie naturiste qui prône de vivre simplement près de la nature, reconnaît Olivier Oltra, petit-fils de Paul et actuel directeur du camping. Mais comme les Oltra voyaient les choses en grand, ils ont construit de grands complexes. Les autorités, elles, étaient persuadées que le naturisme allait péricliter. » Raté.

À partir de 1971, un immense village de béton pour nudistes sort de terre. Ami de René Oltra, Raphaël van Twembeke, qui possède déjà une boucherie dans le département, en ouvre une autre près d’Héliopolis, au cœur du camp : Chez Raphaël. Puis un jour, il a une idée. « Vous savez, j’étais beau gosse, se rengorge-t-il, avec les filles, je n’avais qu’à me servir.Comme un déclic, j’ai pensé créer un club libertin. »

« LE NATURISME, ON PEUT DIRE QUE C’EST LA SUPPRESSION DES CONTRAINTES SOCIALES. À PARTIR DU MOMENT OÙ ON ENLÈVE SES VÊTEMENTS, ON ENLÈVE TOUS SES SOUCIS. » UNE HABITUÉE

Le boucher ouvre alors, en 1985, le premier club échangiste du camp : Le Déclic. « Un succès de folie, dit-il, qui m’a posé quelques soucis. » C’est-à-dire une fermeture administrative. Cela ne l’empêche pas de continuer ses affaires : nouvelles boucheries, nouvelles discothèques – échangistes aussi –, achats immobiliers… Il avait raison à 17 ans : au Cap, tout est possible.

Les estivants, comme on dit alors, rêvent d’insouciance et de fêtes. En 1978, dans « Aujourd’hui Madame », sur Antenne 2, une habituée du camp, paréo et seins à l’air, explique son choix : « Le naturisme, on peut dire que c’est la suppression des contraintes sociales. À partir du moment où on enlève ses vêtements, on enlève tous ses soucis. » Mais attention, rien à voir avec Montalivet (Gironde), autre camp naturiste.

[Vidéo] 1974, le congrès international du naturisme au Cap d’Agde

« Dans les Landes, le soir, on se gèle sous les pins, compare un pilote de ligne, naturiste depuis les années 1970. Il n’y a aucune ambiance. Le Cap est alors plus festif. » La capacité d’accueil passe de 35 000 en 1975 à 135 000 personnes au début des années 1980 (pour 180 000 aujourd’hui, dont 40 000 dans la zone nudiste). Le 24 mai 1975, Le Monde se demande si l’endroit ne va pas se transformer en « Sarcelles-sur-Mer ».

Belle de jour, folle de nuit

Au Cap, les nuits sont aussi belles que les jours. Les noctambules circulent d’ouest en est, entre la zone « textile » et la zone nudiste – très habillée le soir. « Dans les années 1970 et 1980, la station est connue de partout pour ses soirées endiablées, bien avant les soirées échangistes du village naturiste, raconte Didier Denestèbe. Il y avait plus d’une vingtaine de discothèques. C’était la belle vie. » Ancien maire d’Agde, de 1989 à 2001, le socialiste Régis Passerieux se souvient de la fin des années 1970, l’époque de son bac. « C’était une ambiance post-hippie, avec pattes d’éléphant et un petit air de San Francisco, raconte-t-il. Il y avait une sorte de jet-set locale. La grande prêtresse de la nuit, Tania Carillo, m’a marqué par sa classe. »

Gérard Denestèbe, fondateur du « Hérault Tribune » et Tania Carillo, patronne de discothèque et icône du Cap.

Nous avons rendez-vous avec elle, au restaurant la Madragde, sur le port. Carré blond à la Mireille Darc, regard souligné de noir, talons et montre de luxe, Tania Carillo, 67 ans, est fidèle à sa réputation de femme chic et fatale. Elle commande une sole et raconte son enfance à Oran, son père et ses 300 hectares de vignes, le difficile retour en France, puis son arrivée au Cap-d’Agde en 1971.

Elle dirige les boîtes les plus branchées, L’Éphèbe, Le Kon-Tiki, Le Krystalnia. « Pendant vingt ans de ma vie, j’ai vendu du rêve, confie-t-elle. Je faisais attention à ma démarche, à mes pauses, je regardais les gens dans les yeux. Ils s’imaginaient que peut-être un jour… Mais je pouvais aussi être méchante comme la teigne. J’ai fait dix-huit ans de karaté. »

Elle change la couleur de sa Porsche tous les six mois, ne boit que du champagne et attire du beau monde. Elle se souvient de Dalida et de son bel Italien, de Joe Dassin « si sympa », de Serge Lama « si vilain avec ses longs cheveux au carré », de Julien Clerc ou de Sacha Distel et de son préféré, Alain Delon.

Enrico Macias avec, à droite, les patrons de discothèques André Boudou et Jacky Bonnieu, en 1983.

La ville, version « textile », a décidé d’attirer des people. Rien de tel pour une bonne publicité. Dans son club de tennis créé en 1973, le champion Pierre Barthès fait défiler les stars mondiales (Connors, McEnroe…), avec sa compétition du Carré d’As. De son côté, un des pères du Cap-d’Agde, Jean Miquel, à la tête de la Sebli, société d’économie mixte chargée de développer la station, rêve de créer un petit Saint-Tropez. Sa formule concert + hébergement + soleil fait fureur. Les chanteurs défilent : Claude François en 1974, Johnny Hallyday en 1979, Carlos Santana triomphe en 1981… « Les touristes venaient pour les artistes, explique Tania Carillo. Ils rêvaient de les côtoyer en terrasse. »

Le cas David Hamilton

La faune du Cap est à la fois chic, décontractée et un peu m’as-tu-vu. Dans son livre, Flavie Flament décrit ainsi l’ambiance sur le port : Poupette (son surnom) « admire la parade de créatures dont elle pensait qu’elles n’existaient qu’à la télé ou sur les “unes” des magazines ». On croise Gainsbourg et Birkin en 1972, Hugues Aufray en 1975, Amanda Lear en 1979, Enrico Macias et Carlos en 1983, Charles Aznavour et Vincent Lindon en 1986 et tous les ans… David Hamilton.

David Hamilton (à droite), en 1976, avec l’écrivain Pascal Lainé.

De cet homme « toujours accompagné de mineures », la reine de la nuit ne dit guère de bien. Dans les années 1970 et 1980, il est LA vedette du Cap. Ses cartes postales de jeunes filles plus ou moins dévêtues se vendent dans toute la station. Beaucoup d’adolescentes rêvent de se transformer en poster vaporeux. Et lui en profite. « La zone naturiste est un spectacle grandiose et un réservoir unique de jolies filles », confie-t-il à Hérault Tribune, en août 1977.

« HAMILTON ÉTAIT UN SALE TYPE, PRÉTENTIEUX, AVEC UNE MAUVAISE RÉPUTATION DÈS LES ANNÉES 1970. IL N’AVAIT RIEN À VOIR AVEC L’AMBIANCE DE LA STATION. » UN HABITANT DU CAP D’AGDE

Ses clichés correspondent alors à l’air du temps. L’heure est à la libération des mœurs, au Cap plus qu’ailleurs. Personne ne se méfie, assurent certains, car l’époque est différente. Les affaires de pédophilie ne font pas la « une » des médias. Désormais, ses photos sont devenues taboues.

D’autres invoquent le cas particulier. « Cet individu était un sale type, prétentieux, avec une mauvaise réputation dès les années 1970, s’énerve un habitant. Il n’avait rien à voir avec l’ambiance de la station. »Raphaël van Twembeke se veut plus clément : « Je n’ai jamais eu de soupçon. Je ne cautionne pas ce qui a pu se passer, mais j’ai l’impression que certaines mères se débarrassaient de leurs filles pour mieux s’amuser. Vous ne laissez pas une gamine de 13 ans toute la journée avec un monsieur de 40-50 ans qui fait des photos de nus, non ? »

Le tournant des années 1990

En 1987, outre Flavie Flament, il y a aussi sur place Vanessa Paradis, 14 ans. « Elle était -pitchounette, un peu timide et fréquentait l’Amnesia », se souvient Jacky Bonnieu, qui a lancé cette discothèque de 2 000 personnes, à ciel ouvert, sur l’Île des loisirs – le mini Las Vegas local. On danse sur La Isla Bonita, de Madonna. Un soir, l’oncle de la jeune Vanessa demande Joe Le Taxi. Sortie en avril, la chanson est peu connue. Le DJ refuse. Dès septembre, elle fera un carton. « Dire qu’on ne l’a pas passée ! » soupire encore Jacky Bonnieu.

En tee-shirt blanc, entre Charles Aznavour et Vincent Lindon, Jacky Bonnieu, patron de la discothèque L’Amnesia, ici en 1986.

Dès les années 1990, la station bascule dans le gigantisme touristique. Jean Miquel est mort en 1985 et les stars sont parties. « L’ambiance de la nuit est tombée dans les années 2000 », affirme Jacky Bonnieu. Il sait de quoi il parle, il a lancé une multitude d’affaires après avoir revendu l’Amnesia à son ami « Dédou », André Boudou, légende du Cap et père de Læticia Hallyday (André Boudou dupliquera ensuite l’Amnesia à Miami). Il raconte tout. Ses restaurants, ses boîtes, ses plages privées… Et même ses dix-huit contrôles fiscaux, ses huit gardes à vue et ses nombreuses amendes.

« LE CAP N’EST PAS MORT. C’EST UNE STATION POPULAIRE AU SENS NOBLE DU TERME. » ANDRÉ BOUDOU, HOMME D’AFFAIRES

Il est loin d’être le seul, la station a été le temple du business et du flou fiscal. Pour Jacky Bonnieu, la mode du Cap est passée. « C’est devenu plouc », renchérit Tania Carillo. « Il ne faut pas se tromper de cible,rétorque l’homme d’affaires André Boudou depuis l’île de Saint-Martin, où il réside parfois, côté hollandais. Le Cap n’est pas mort. C’est une station populaire au sens noble du terme, avec de petits appartements, et ce ne sera jamais un nouveau Saint-Tropez. Pour moi, c’est la station la plus réussie. »

En tout cas, certains l’ont tant aimée l’été qu’ils ont voulu y vivre. Tout semblait si léger. « Il y avait de la gaieté », se souvient Danielle Bucher, fidèle à la station depuis les années 1980. Elle se tourne vers son mari, Jean : « Les gens étaient plus joyeux, non ? » Il acquiesce : « C’était fabuleux. On logeait sur l’Île des loisirs, avec la mer à deux minutes à pied et des événements chaque soir. » Ce couple franco-suisse, désormais retraité, qui tenait un salon de coiffure-manucure près de Zurich, a réalisé son rêve : vivre sur le lieu de ses vacances. Dans une belle villa avec piscine, près du golf.

L’hypermarché du sexe

D’autres, comme un célèbre couple de sociologues, se disent surpris du changement. Spécialistes des grandes fortunes, Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon – bracelet jaune du camping Oltra au poignet toute l’année – se trouvent être des précurseurs du Cap. Ils découvrent ce coin de Méditerranée en 1967. Les jeunes amoureux plantent leur « pauvre tente » dans le camping, très rustique, et découvrent alors la liberté. « On se baignait nus, raconte Monique Pinçon-Charlot, on courait nus sur la plage, on était dans notre petite poésie à nous. »

« DANS LE VILLAGE NATURISTE, JUSTE À CÔTÉ, IL Y A DES BOUTIQUES ÉROTIQUES PARTOUT, COMME À PIGALLE. » MONIQUE PINÇON-CHARLOT, SOCIOLOGUE, INCONDITIONNELLE DU CAP

Ils y retournent en 1970, deviennent amis avec René Oltra. « C’était très populaire, se souviennent-ils en cœur. Il y avait beaucoup d’étrangers, on jouait à la pétanque avec des Allemands. » Puis ils n’y remettent plus les pieds avant 2009. Cette année-là, ils veulent finir leur manuscrit au bord de la mer, le lire à haute voix pour peaufinerchaque phrase. C’est leur méthode. Sur place, ils ne reconnaissent rien. « On ne trouve même plus l’entrée du camping, sourient-ils. Dans le village naturiste, juste à côté, il y a des boutiques érotiques partout, comme à Pigalle. »

Le camp s’est transformé en hypermarché du sexe. Ils sont surpris. Ils n’ont pas dû lire Les Particules élémentaires (Flammarion) de Michel Houellebecq qui, en 1998, décrivait déjà l’endroit comme le haut lieu de la partouze en Europe. Finalement, les joyeux Pinçon trouvent leur bonheur dans un mobile-home. Du coup, l’année suivante, ils déclament tout nus aussi leur enquête sur Nicolas Sarkozy, Le Président des riches (Zones, 2010). Leur dernier passage date de 2013. Une fidélité qui doit rassurer le directeur Olivier Oltra. Il ne craint rien tant que la confusion avec le village : « Au camping, on ne prône pas l’image du libertinage, même si c’est ma famille qui a construit les bâtiments d’à côté. »

Le Cap (ici En 1993), « c’était très populaire, il y avait beaucoup d’étrangers, on jouait à la pétanque avec des Allemands », se souviennent Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon.

Les inséparables sociologues assurent que le camping plus chic et plus grand, avec ses 2 500 places, a su garder « une très bonne ambiance, pleine de gentillesse et de générosité, toujours familiale ». Surtout, ils aiment le cadre, avec « cette immense plage », idéale pour décompresserquand on se bagarre sur un mot. Pas de doute, ils reviendront un jour goûter la nostalgie de leur premier été.

Ils ne seront pas les seuls. On dit l’endroit victime de son succès, les rêves pailletés ont fui, et l’affaire Hamilton est venue salir le mythe des belles années. Peu importe, cet été encore, la station sera la première commune touristique de France. En plein mois d’août, pas moins de 180 000 personnes sont attendues pour respirer l’air du Cap.

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