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Un trentenaire est jugé depuis hier pour la mort de sa compagne au quartier naturiste du Cap-d'Agde, en 2013 ...

Hérault : ménage à trois meurtrier au camp naturiste du Cap-d'Agde

 il y a 2 heures  13 JEAN-FRANÇOIS CODOMIÉ

Hérault : ménage à trois meurtrier au camp naturiste du Cap-d'Agde L’accusé et son conseil Me Gallix, au premier jour du procès.

Croquis d’audience A. CHAMPSAUR

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Un trentenaire est jugé depuis hier pour la mort de sa compagne au quartier naturiste du Cap-d'Agde, en 2013.

Tout pue l'alcool dans ce dossier criminel ! Celui de Frédéric Allègre. Jugé depuis hier matin en assises pour avoir donné la mort à Muriel Banzarelli, alors sa compagne, de 22 ans son aînée, en fin de nuit ce 18 octobre 2013.

 

Tout transpire l'éthylisme de chacune des cotes compilées dans ces chemises colorées comme des tubes d'éthylotests. Comme il en serait avec les pores de la peau. Ceux de l'accusé d'abord. Alcoolique pathologique à l'époque des faits. Tout comme sa compagne. Qu'il est accusé d'avoir occis à l'issue d'une énième dispute de couple dans le jardinet de la maison qu'ils occupaient dans le quartier naturiste du Cap-d'Agde.

"Vous inquiétez pas, je suis alcoolique votre honneur !"

Trois ans après les faits, l'ivrognerie est toujours patente. Preuve avec cette ex-compagne de l'accusé. Arrivée dans un drôle d'état pour déposer à la barre. Et dont le discours oscille entre agressivité tout juste contenue, trous de mémoire répétés et déclarations à l'emporte-pièce. Faisant presque passer la famille Tuche pour le siècle des Lumières. "Vous inquiétez pas, je suis alcoolique votre honneur !", balance-t-elle tout à trac au président Cayrol.

Et le magistrat de lâcher à l'endroit de l'avocat de Allègre prêt, à son tour, à l'interroger : "Il n'est pas nécessaire d'espérer pouvoir comprendre." Chose certaine en revanche : la violence manifeste de l'accusé à son égard. "Sa façon de faire, c'était une clé de bras. Ça arrivait une fois par semaine. Une fois, il m'a étranglée. J'ai fait la morte et il est parti. Si vous voulez que je vous relate tous les faits, y en a pour un roman. Il ne s'est jamais excusé. Il avait pas de remords. Je pense qu'il savait même pas ce qu'il faisait." Plus tard : "Je pense que c'est un grand enfant, il n'a pas grandi."

"Un jour, il m'a frappée avec une guitare. J'étais violette de partout"

"J'ai dû faire intervenir la gendarmerie à plusieurs reprises parce qu'il avait levé la main sur moi ou cassé du matériel à la maison. Je me suis séparée parce que je craignais pour la santé de mon fils ou de la mienne. Une fois, il s'est même entaillé un bras pour se punir lui-même après avoir été violent. Dès que j'ai appris par les journaux que quelqu'un était mort au camp naturiste, j'ai tout de suite pensé à elle (la victime, NDLR)", raconte cette autre ex-relation.

Une troisième - la première et avec laquelle il a eu une fille - ne dis pas autre chose. Sa séparation d'avec l'accusé ? "C'était par rapport aux violences, l'argent, le fait qu'il ne travaille pas. Je l'ai aidé à retrouver son père (biologique, alcoolique lui aussi et décédé d'une cirrhose, NDLR). C'est, peut-être, ce qui l'a détourné de la vie logique. Quand il n'a pas bu, tout va bien. Avec l'alcool, il est très violent. Le lendemain, il a tout oublié mais s'excuse car il y a les bleus."Un jour ? "Il m'a frappée avec une guitare. J'étais violette de partout..." Une femme persuadée d'une chose : "S'il n'avait pas rencontré son papa, il ne serait pas là."

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