reforme des retraites : un vieux modèle pour un nouveau monde

Alain Supiot témoigne du rapport de la banque mondiale (1994) : Averting the Old Age Crisis. Autre document y faisant référence : LA MONTÉE EN PUISSANCE DES FONDS DE PENSION : UNE LECTURE COMPARATIVE DES RÉFORMES DES SYSTÈMES DE RETRAITE, ENTRE MODÈLE GLOBAL ET CHEMINEMENTS NATIONAUX. Bruno Palier, Giuliano Bonoli


« Les systèmes de retraite classiques, fondés sur la répartition, sont pour la Banque mondiale(1994) une « erreur coûteuse ». Dès lors, la Banque mondiale propose un modèle de système de retraite qui doit permettre d’assurer la sécurité économique des personnes âgées, tout en garantissant la meilleure façon de financer une telle sécurité, aussi bien pour les individus que pour la croissance économique d’un pays. Cette recette semble pouvoir s’appliquer aussi bien aux pays en voie de développement qu’aux pays industrialisés.
Ce rapport préconise la mise en place de systèmes de retraites à trois piliers. Le système repose sur un premier pilier public, financé par cotisations sociales ou bien par l’impôt, qui a une fonction redistributive et prend en charge les pensions de retraites des personnes les plus pauvres. Vient ensuite un deuxième pilier, obligatoire, individuel ou professionnel, financé par capitalisation et géré selon des critères actuariels, qui oblige tous les individus à épargner pour payer leur retraite future, mais n’opère pas de redistribution. Selon la Banque Mondiale, ce deuxième pilier obligatoire doit cependant être suffisamment limité pour permettre l’expansion d’un troisième pilier, privé et facultatif, fondé sur l’épargne volontaire, bénéficiant d’avantages fiscaux et devant permettre aux individus de choisir où et comment placer leur revenu tout au long de leur vie.
La Banque mondiale s’appuie sur l’exemple de plusieurs pays pour légitimer son modèle.... »

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