JUSTICE POUR REMI FRAISSE !

Voici bientôt trois années, au cours de la nuit du 25 au 26 octobre 2014, Rémi Fraisse, jeune manifestant pacifique s'écroulait sur le site de Sivens , atteint dans le dos par le tir d'une grenade offensive en provenance des rangs des gendarmes En juin dernier, le procureur de Toulouse demandait que le dossier en recherches de responsabilités dans sa mort soit clos par une décision de non-lieu.

               S'il devait en être ainsi, il s'agirait d'un cruel et scandaleux déni de justice, la mort de Rémi étant ramenée à un regrettable fait divers survenu en l'absence de tout acteur parmi les gendarmes présents sur les lieux au moment du tir meurtrier, et de toute responsabilité dans la chaîne de commandement de forces qui, cela a été maintes fois souligné, n'avaient aucun objectif à défendre sur place. 

              Une telle issue viendrait redoubler la mort physique par un sinistre révisionnisme judiciaire falsifiant le fait du crime d'Etat dans une tentative sordide pour  en désamorcer  la charge d'indignation. Nouvelle offense à la mémoire de Rémi, nouvel outrage à la douleur des membres de sa famille et au passage, annulation du plus fondamental des principes d'un Etat de droit, celui de l'égalité de tous devant la justice. S'agirait-il pour les magistrats en cause de reconnaître un droit de tuer aux "forces de l'ordre " chargées de contenir des manifestations de la protestation citoyenne ? !

              Ce qui n'est encore qu' une éventualité ( peut-être imminente ! ) est suffisamment grave pour que tous ceux qui restent vigilants à l'égard des multiples torsions et maltraitances que les détenteurs de pouvoirs publics font périodiquement subir aux valeurs de justice et d'égalité se mobilisent pour faire obstacle à cette menace d'un nouvel écrasement méprisant de ces valeurs en l'absence desquelles il ne peut y avoir de vie démocratique. C'est pourquoi j'estime qu'il est plus que temps de réagir par tous les moyens appropriés ( pétitions, appels de personnalités, rassemblements et manifestations ...) et que j'en appelle aux mouvements et associations de défense des droits humains comme aux organisations politiques républicaines afin qu'elles assument pleinement leur mission de défense de ce que nous avons de plus précieux dans la vie en société.

             Je l'écris comme j'en ai la conviction, consentir même par passivité, à cette atteinte à la vérité des faits et à la mémoire de Rémi Fraisse, reviendrait, au moins tacitement, à se faire les complices de ce déni de justice et de la seconde mort de ce généreux et courageux jeune homme.
Il y va aussi de la liberté de manifester sans craindre d'être blessé ou tué par des conduites violentes des forces de police !

Réveillons-nous et sachons discerner les enjeux cruciaux présents dans des décisions qui peuvent paraître secondaires parce que se rapportant au passé !  Un homme n'est jamais totalement mort tant qu'on se souvient de lui !

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