Retour en force inattendu de la gauche radicale à l'Assemblée nationale

Le second tour des élections législatives françaises est le théâtre d'un retour en force surprenant de la gauche radicale sur les bancs de l'Assemblée. La France Insoumise, le PCF et leurs alliés sont désormais une bonne trentaine à siéger au Palais Bourbon.

Parmi les députés investis par la FI, on en dénombre 15 qui ont signé la charte du mouvement. Il s’agit des députés suivants, pour la plupart encartés au Parti de gauche :

  • Ugo Bernalicis (PG), député du Nord
  • Eric Coquerel (PG), député de la Seine-Saint-Denis
  • Alexis Corbière (PG), député de la Seine-Saint-Denis
  • Caroline Fiat (non encartée), députée de la Meurthe-et-Moselle
  • Bastien Lachaud (PG), député de la Seine-Saint-Denis
  • Michel Larive (PG), député de l’Ariège
  • Jean-Luc Mélenchon (PG), député des Bouches-du-Rhône
  • Danièle Obono (Ensemble!), députée de Paris
  • Mathilde Panot (non encartée), députée du Val-de-Marne
  • Stéphane Peu (PCF), député de la Seine-Saint-Denis
  • Loïc Prud’homme (non encarté), député de la Gironde
  • Adrien Quatennens (PG), député du Nord
  • Muriel Ressiguier (PG), députée de l’Hérault
  • Sabine Rubin (non encartée), députée de la Seine-Saint-Denis
  • Bénédicte Taurine (PCF), députée de l’Ariège

8 autres ont reçu l’investiture ou le soutien de la FI, sans pour autant en avoir signé sa charte :

  • Clémentine Autain (Ensemble!), députée de la Seine-Saint-Denis
  • Huguette Bello (Pour la Réunion), députée de La Réunion
  • Marie-George Buffet (PCF), députée de la Seine-Saint-Denis
  • Jean-Paul Dufrègne (PCF), député de l’Allier
  • Sébastien Jumel (PCF), député de la Seine-Maritime
  • Jean-Hugues Ratenon (Rézistans Égalité 974), député de La Réunion
  • François Ruffin (non encarté), député de la Somme
  • Hubert Wulfranc (PCF), député de la Seine-Maritime

A noter qu’Autain et Ruffin se sont rattachés administrativement à la France insoumise, les autres candidats étant étiquetés PCF ou Divers gauche (DVG).

Enfin deux députés communistes ont été élus sans le soutien de la FI mais sans se voir opposer de candidat FI au premier tour, en raison du parrainage attribué à Jean-Luc Mélenchon par les députés sortants dans leurs circonscriptions :

  • Alain Bruneel (PCF), député du Nord
  • Pierre Dharréville (PCF), député des Bouches-du-Rhône

Cette non-concurrence de la FI a été déterminante pour l’élection de M. Bruneel, qui s’est qualifié au second tour contre le FN (29,09 %) avec 20,45 % des suffrages exprimés, contre 20,24 % pour le candidat LREM arrivé troisième.

Enfin la nouvelle assemblée ne comptera que quatre députés communistes s’étant vus opposer des candidats FI au premier tour :

  • André Chaissaigne (PCF), député du Puy-de-Dôme
  • Elsa Faucillon (PCF), députée des Hauts-de-Seine
  • Jean-Paul Lecoq (PCF), député de la Seine-Maritime
  • Fabien Roussel (PCF), député du Nord

Dans le détail, Chassaigne et Lecoq étaient sortants, Roussel a été élu dans la circonscription détenue jusqu'alors par le député communiste Alain Bocquet, et Elsa Faucillon récupère une circonscription perdue par le PCF en 2012. Globalement, les concurrences entre FI et PCF ont donc largement tourné en faveur de la FI, et la grande majorité des députés PCF a été élue avec le soutien ou la non-concurrence de la FI. Ce n’est toutefois pas toujours suffisant, comme en témoigne la défaite, au second tour, du député sortant communiste Nicolas Sansu dans la 2ème circonscription du Cher. Dans la 6ème circonscription de l’Oise, le député sortant Patrice Carvalho a perdu son siège dès le premier tour, avec 18,86 % des suffrages exprimés, contre 21,02 % pour le candidat FN et 30,04 % pour la candidate LREM. Il a pâti de la concurrence de la FI (7,29 %), qui lui a fait payer son vote contre la loi Taubira ouvrant le droit au mariage et à l’adoption aux couples de même sexe.

Sur les 7 circonscriptions détenues par un député communiste lors de la précédente législature, 5 sont donc conservées, et 2 sont perdues. La 17ème circonscription du Nord, occupée par l’ex-PG Marc Dolez, a également été perdue dès le premier tour, tout comme la 4ème circonscription des Hauts-de-Seine, dont le siège était occupé par Jacqueline Fraysse (Ensemble!, ex-PCF). Dans ces deux circonscriptions, FI et PCF s’étaient affrontés au premier tour. Au total, sur les 10 sièges gagnés par des candidats Front de gauche en 2012, 6 sont conservés, et 4 sont perdus.

Soit un total de 29 députés élus avec le soutien de la FI ou du PCF. Un total auquel pourraient s’adjoindre des députés d’outre-mer, en particulier ceux ayant siégé avec les députés Front de gauche lors de la précédente législature dans le groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR), et qui ont été réélus :

  • Bruno Nestor Azerot (DVG), député de la Martinique
  • Jean-Philippe Nilor (Mouvement indépendantiste martiniquais), député de la Martinique
  • Gabriel Serville (Parti socialiste guyanais), député de la Guyane

Et peut-être quelques autres encore parmi les députés « divers gauche » ultramarins qui ne souhaiteraient pas se rattacher au groupe PS. La gauche radicale et ses alliés pourraient donc être en mesure de constituer un groupe fort d’une trentaine de membres, du jamais vu depuis 1997 et les 36 députés de l’ancien Groupe Communiste.

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