Alan Emrey
Abonné·e de Mediapart

82 Billets

0 Édition

Billet de blog 1 déc. 2020

Alan Emrey
Abonné·e de Mediapart

Covid19 et Vaccination : autorisation en urgence et continuité des études de phase 3

Tout le monde parle de débuter la vaccination. Nous n'avons pas de recul sur l'immunisation ou la sûreté à moyen ou long terme. Pour cela, il faurait que les études de phase 3 en cours se poursuivent... cela sera-t-il le cas ?

Alan Emrey
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Il y a deux questions importantes pour les vaccins :

  • efficacité à moyen/long terme (quelles sont la durée et qualité de l'immunité ?)
  • sûreté du vaccin (y-a-t-il des effets secondaires à moyen/long terme ?)

Moderna et Pfizer ont ensemble des cohortes de plus de 70000 personnes pour leurs études de phase 3. La moitié ayant reçu un placebo soit environ 35000 personnes.

Selon les communiqués de presse, moins de 200 personnes dans chaque étude ont développé des symptômes (ces deux études ne cherchent pas les asymptomatiques !). Pourtant des demandes d'autorisation de mise sur le marché ont été déposées pour les deux vaccins (Moderna , Pfizer) pour démarrer la vaccination avant la fin de l'année. La FDA se réunit le 10 décembre 2020 à ce propos.

Pour l'instant les participants ne savent pas s'ils ont reçu le placebo ou le vaccin (étude aveugle)

Une fois le vaccin autorisé, c'est-à-dire qu'officiellement le vaccin est reconnu efficace et sûr pour se prévenir la Covid19, les personnes des études seront informées de leur présence dans le groupe contrôle ou vaccin. On ne peut pas laisser les personnes du groupe contrôle sans accès à un médicament (vaccin) sous prétexte qu'une étude était démarrée. Ces personnes ainsi informées auront à choisir entre continuer l'étude (refuser le vaccin) ou en sortir (se faire vacciner). Combien de personnes vont accepter de rester dans les groupes placebos ? Surtout s'il s'agit de populations à risque ?

Par conséquent, les études de phase 3 en cours n'auront plus la possibilité de continuer, faute de participants. Pas assez de participants, perte de la puissance statistique.

Et on attendra que les personnes vaccinées remontent à leur médecin les éventuels effets secondaires.

Se pose aussi la question pour les autres vaccins en développement. Sera-t-il possible de recruter des participants alors qu'une autorisation aura été déjà donné pour deux vaccins ? Si je caricature, on demande à un patient atteint d'un cancer très grave. "Monsieur nous avons le traitement A qui marche à 90% mais accepteriez-vous de tester le produit B ? On souhaite savoir s'il fonctionne. S'il ne marche pas, vous mourrez." Qui accepte ?

Ca revient à dire que si jamais les vaccins Moderna et Pfizer sont autorisé en urgence dans 15 jours et que dans 6 mois on se rend compte que ça ne marche pas, ça va être bien plus grave que la fermeture des stations de ski à Noël.

Il y a une procédure claire pour éviter les mauvaises surprises. Il y a des études pré-cliniques puis des études de phase 1/2 (sur dizaine, centaine de participants) puis la phase 3 (avec des dizaines de milliers de participants). Une fois ces dizaines de milliers de cas étudiés/analysés, le traitement/vaccin reçoit une autorisation de mise sur le marché. Là, on grille les étapes et on ne pourra pas avoir le fin mot de l'histoire.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
« Shtar Academy » : sortie sous haute surveillance d’un album de rap enregistré par des détenus
Ce projet musical unique en son genre a permis à quatre détenus de la prison de Fresnes de travailler avec les plus grands noms du rap français. Un projet de réinsertion qui pourrait subir le contrecoup de la polémique déclenchée cet été autour d’une course de karting.
par Yunnes Abzouz
Journal
Pénurie de places en lycée technologique : des élèves « oubliés » ou forcés de redoubler
Des centaines d’élèves se sont retrouvés sans affectation à la rentrée, en particulier dans les classes STMG, filière négligée par les autorités depuis des années. Alors que des lycéens n’ont toujours pas d’établissement, le mutisme du rectorat nourrit un sentiment d’abandon.
par Névil Gagnepain (Bondy Blog)
Journal — Santé
Crack à Paris : Darmanin fanfaronne bien mais ne résout rien
Dernier épisode de la gestion calamiteuse de l’usage de drogues à Paris : le square Forceval, immense « scène ouverte » de crack créée en 2021 par l’État, lieu indigne et violent, a été évacué. Des centaines d’usagers de drogue errent de nouveau dans les rues parisiennes.
par Caroline Coq-Chodorge
Journal — Justice
À Nice, « on a l’impression que le procès de l’attentat a été confisqué »
Deux salles de retransmission ont été installées au palais Acropolis, à Nice, pour permettre à chacun de suivre en vidéo le procès qui se tient à Paris. Une « compensation » qui agit comme une catharsis pour la plupart des victimes et de leurs familles, mais que bon nombre de parties civiles jugent très insuffisante.
par Ellen Salvi

La sélection du Club

Billet de blog
Suites critiques aux « Suites décoloniales ». Décoloniser le nom
Olivier Marboeuf est un conteur, un archiviste, et son livre est important pour au moins deux raisons : il invente une cartographie des sujets postcoloniaux français des années 80 à aujourd’hui, et il offre plusieurs outils pratiques afin de repenser la politique de la race en contexte français. Analyse de l'essai « Suites décoloniales. S'enfuir de la plantation ».
par Chris Cyrille-Isaac
Billet de blog
Un chien à ma table. Roman de Claudie Hunzinger (Grasset)
Une Ode à la Vie où, en une suprême synesthésie, les notes de musique sont des couleurs, où la musique a un goût d’églantine, plus le goût du conditionnel passé de féerie à fond, où le vent a une tonalité lyrique. Et très vite le rythme des ramures va faire place au balancement des phrases, leurs ramifications à la syntaxe... « On peut très bien écrire avec des larmes dans les yeux ».
par Colette Lallement-Duchoze
Billet de blog
Nazisme – De capitaine des Bleus à lieutenant SS
Le foot peut mener au pire lorsque l’on a définitivement quitté les vestiaires par la mauvaise porte. La vie et la mort d’Alexandre Villaplane l’illustrent de la façon la plus radicale. Dans son livre qui vient de sortir « Le Brassard » Luc Briand retrace le parcours de cet ancien footballeur français devenu Allemand, officier de la Waffen SS et auteur de plusieurs massacres notamment en Dordogne.
par Cuenod
Billet de blog
« Mon pauvre lapin » : le très habile premier roman de César Morgiewicz
En constant déphasage avec ses contemporains, un jeune homme part rejoindre une aieule à Key West, bien décidé à écrire et à tourner ainsi le dos aux échecs successifs qui ont jusqu’ici jalonné sa vie. Amusant, faussement frivole, ce premier roman n’en oublie pas de dresser un inventaire joyeusement cynique des mœurs d’une époque prônant étourdiment la réussite à n’importe quel prix.
par Denys Laboutière