France Info : une info professionnelle, honnête et transparente !?

Un exemple de reportage qui pourrait expliquer la façon dont les Français voient leurs médias.

Ce matin, j’avoue avoir eu un peu de mal à me réveiller, mais je le suis devenu tout à fait lorsque j’ai vu la présentation par France Info du coût des services publics : une violente poussée d'adrénaline.

https://www.francetvinfo.fr/economie/impots/impots-le-veritable-cout-de-nos-services-publics_3164029.html#xtor=RSS-3-%5Beconomie%5D

Le reportage commence par vous assener divers coûts tels que celui d’un collégien 9000 €/an, celui d’un accouchement 3600 €, un secours des pompiers pour un malaise à 240 €

La chose n’est pas dite mais on le devine : « rendez-vous compte ce que vous coûtez à la société à vous instruire, à faire un gosse ou un malaise…»

Puis on en arrive au coût des parlementaires. Là soudainement – mais ça ne peut pas être intentionnel – on change d’unité. On ne parle plus en valeur absolue mais en euros par habitant et par an. Ben oui, c’est plus facile pour un Français lambda de retenir qu’un sénateur coûte 4,15 € par habitant et par an et qu’un député coûte 8,5 € par habitant et par an, que de retenir que ça fait environ respectivement 278 M€ et 569 M€ par an.

Ou alors – les chiffres sont tellement astronomiques – on s’est gouré sur le montant. Ou encore ne veut pas affronter la vérité en face ? Dans les deux cas, ce n’est pas très reluisant du point de vue du professionnalisme ou de la déontologie.

Mais là ou pour moi ça a du mal à passer c’est quand la « journaliste » affirme : « Mais ce qui coûte le plus cher, c’est l’éducation : de la maternelle à la terminale, 7900 € en moyenne par élève. Là miracle des miracle, il n'y a aucune précision temporelle. Alors, soit c'est pour toute la scolarité et ça ne fait que 658 € par an, soit c’est par an. En tout cas, on est loin de ce que coûte le parlementaire.

Puis de façon plus neutre on nous dit que la sécu coûte 2400 €/habitant/an et l’armée 640 €/an/habitant – 44 G€/an environ en valeur absolue.

Mais ce que ne dit pas le reportage, c’est que dans le cas de la sécu et l’éducation, nous payons pour nous-même car ce que nous donnons d’un côté nous le recevons de l’autre. Cela est loin d’être le cas dans les autres exemples cités.

Après ça, devant un tel salmigondis, on ira s’étonner de la suspicion et la méfiance des Français envers la presse !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.