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Billet de blog 11 nov. 2013

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L'extrême-droite violente récidive

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L’extrême-droite a tenté à nouveau de s’imposer par la violence lors de l’anniversaire de la fin de la 1e guerre mondiale.

Pourtant, la  date du 11 novembre sonne la condamnation absolue de la logique du nationalisme guerrier qui constitue l’essence de ses positions.

C’est au nom de ces « valeurs »  que des dizaines de millions de personnes ont été massacrées dans cette guerre barbare.

C’est un militant d’extrême droite qui  assassine Jean Jaurès le 31 juillet 1914,  alors que celui-ci tente, à sa manière, de stopper la marche à la guerre qui éclatera le 3 août. Le 14 juillet, au congrès extraordinaire de la SFIO (parti socialiste) il avait soutenu la motion qui préconisait l’appel à la grève en cas de conflit imminent : « plutôt l’insurrection que la guerre », à quoi Jaurès ajoute que cette grève devra être « simultanément et internationalement organisée ».

 Cette position lui vaut d’être attaqué par le journal des classes possédantes Le Temps, qui le 18 juillet l’accuse de soutenir la " thèse abominable qui conduirait à désarmer la nation, au moment où elle est en péril"

Le tueur de Jaurès est Raoul Villain, adhérent de la Ligue des jeunes amis de l’Alsace-Lorraine, groupement d’étudiants nationalistes, partisans de la guerre et proche de l’Action française royaliste. Il est arrêté et déclare avoir agi en solitaire pour « supprimer un ennemi de son pays ». Sans avoir jamais vu Jaurès, il s’est peu à peu mis en tête de tuer  « le traître, l’Allemand » 

Cette thèse de l’acte isolé est reprise telle quelle dans l’acte d’accusation dressé le 22 octobre 1915.

Pourtant depuis de longs mois, voire des années, la presse nationaliste et les représentants des Ligues « patriotes » (comme Léon Daudet ou Charles Maurras) s’étaient déchaînés contre les déclarations pacifistes de Jaurès et son internationalisme. Ils l’avaient désigné comme l’homme à abattre, en raison de son engagement passé en faveur du capitaine Dreyfus. Les déclarations assassines abondent dans les semaines précédentes son assassinat. Ainsi dans l’Echo de Paris du 17 juillet :

 « Dites-moi, à la veille d’une guerre, le général qui commanderait […] de coller au mur le citoyen Jaurès et de lui mettre à bout portant le plomb qui lui manque dans la cervelle, pensez-vous que ce général n’aurait pas fait son plus élémentaire devoir ? »

Raoul Villain est incarcéré en attente de son procès durant toute la Première Guerre mondiale; il n’est jugé qu’en 1919, dans un climat d’ardent nationalisme. C'est ainsi qu'il est acquitté le 29 mars 1919 par onze voix sur douze, un juré ayant même estimé qu’il avait rendu service à sa patrie : « Si l’adversaire de la guerre, Jaurès, s’était imposé, la France n’aurait pas pu gagner la guerre. » La veuve de Jaurès est condamnée aux dépens (paiement des frais du procès).

En réaction, Anatole France écrit : « Travailleurs, Jaurès a vécu pour vous, il est mort pour vous. Un verdict monstrueux proclame que son assassinat n’est pas un crime. Ce verdict vous met hors la loi, vous et tous ceux qui défendent votre cause. Travailleurs, veillez ! »30. Une manifestation est organisée le 6 avril suivant par les sections socialistes et syndicales de Paris pour protester contre le verdict et honorer Jaurès le pacifiste. 100 000 personnes défilent, et les affrontements avec la police causent deux morts.

Après la mort de Jaurès, une grande partie la gauche française se rallia à la guerre au nom de « l’Union Nationale » et sous le prétexte de lutter contre les régimes impériaux. Certains des « antimilitaristes » les plus irréductibles basculent. Ainsi, le journal La Guerre sociale de Gustave Hervé sort une édition spéciale avec trois titres : "Défense nationale d'abord !, Ils ont assassiné Jaurès, Nous n’assassinerons pas la France". À la salle Wagram, le 2 août, à la réunion du Parti socialiste qu’avait convoquée Jaurès avant sa mort, Édouard Vaillant, le vieux révolutionnaire de la Commune, déclare : « En présence de l’agression, les socialistes rempliront tout leur devoir. Pour la Patrie, pour la République, Pour l’Internationale ».

La guerre éclate le 3 août.

Le 4 août au matin, les obsèques officielles de Jaurès sont célébrées. C’est la première manifestation officielle de l’Union nationale. Léon Jouhaux, le secrétaire général de la CGT lance un appel aux armes. Il prononce ces mots funestes et hypocrites :

 « Jaurès a été notre réconfort dans notre action passionnée pour la paix; ce n’est pas sa faute si la paix n’a pas triomphé. […C’est celle des empereurs d’Allemagne et d’Autriche-Hongrie…]. Nous prenons l’engagement de sonner le glas de vos règnes. Avant d’aller vers le grand massacre, cet engagement, je le prends au nom des travailleurs qui sont partis, et de ceux qui vont partir. »

 On connaît la suite, la destruction et le massacre, puis l'apocalypse fasciste et nazie.

100 ans après, le combat contre le nationalisme et le chauvinisme, pour la solidarité internationale, demeurent d'une actualité brûlante.

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Mémoire de lutte contre l'antisémitisme: 110 ans après (Jaurès et l'affaire Dreyfus)

Deux livres recommandés (Jaurès et la lutte arménienne)

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