Nicolas Hulot assène un coup de poignard anti-écologique

Alors que plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées pour défendre la maintien de Berges de Seine piétonnes, le ministre "écologiste" veut au contraire une décision qui «soit moins brutale pour les automobilistes». Il favorise la très réactionnaire Valérie Pécresse et le lobby automobile, comme il le fait pour d'autres lobbys dans le dossier du glyphosate.

L'origine de la voie Georges-Pompidou remonte à 1966, afin de réaliser une "voie rapide" continue à travers tout Paris.

Nous sommes nombreux à avoir connu auparavant des Berges de Seine sans voitures, terrain de promenade et d'exploration pour les enfants. C'est d'ailleurs la situation que l'on retrouve maintenant avec des aménagements qui permettent aux petit.e.s de s'amuser en toute sécurité. C'est un lieu agréable et facilement accessible par les transports en commun. Or Pécresse veut y remettre les voitures ...jusqu'en 2021

Le prétexte avancé par la dirigeante LR Pécresse de difficultés de circulation en banlieue est trompeur: l'immense majorité de la circulation dans la zone des Berges et dans toute la zone centre est le fait d'habitants de Paris, membres  des classes aisées.  64% des automobilistes et conducteurs de deux-roues motorisés circulant dans le centre de Paris sont des cadres (catégories CSP +). Les personnes venant de banlieue utilisent les transports en commun. Ces transports doivent être améliorés et c'est ce dont devrait s'occuper Mme Pécresse qui en est responsable.

Pour l'instant sa contribution en matière de transport a consisté a en supprimer l'accès à des personnes en difficulté.  Le Conseil régional Île-de-France  a voté jeudi  la suppression de ses aides au transport pour les étrangers bénéficiaires de l'aide médicale d'Etat par souci de "justice et d'équité". Cette mesure, annoncée par Valérie Pécresse durant sa campagne, a été approuvée par le Front national et vivement dénoncée par l'opposition de gauche.. Le Front national s'est félicité de la mesure. "Quelle fierté et quel plaisir de voir une des principales propositions du programme du FN" soumise au vote, s'est exclamé Aurélien Legrand, vice-président du groupe.

Des Voies sur Berges réservées aux voitures: un projet réactionnaire.

Initialement baptisée simplement « voie sur berge Rive Droite » à ses débuts, elle est nommé d'après Pompidou qui déclarait  «La voiture existe, il faut s’en accommoder et il s’agit d’adapter Paris à la fois à la vie des Parisiens et aux nécessités de l’automobile" 

Les voies sur berges ne représentaient en effet qu’une étape du «schéma directeur d’aménagement de la région de Paris» de l'époque. Le projet prévoyait le déroulement d’autoroutes urbaines partout dans la capitale. Des 2x2 voies, 2x3 voies et 2x4 voies ont un temps été envisagées d’est en ouest et du nord au sud de Paris: une autoroute au pied de la gare Saint-Lazare ou recouvrant entièrement le canal Saint-Martin...

L'architecte pétainiste Le Corbusier ne les aurait pas reniées lui qui, dès 1925 avec le projet Voisin, projetait de couper la capitale de deux grands axes routiers et d’y implanter au centre l’aéroport de la ville. Les avions n’allaient pas tarder à atterrir verticalement, pensait-il avec sérieux… Et de déclarer:

«Ma proposition est brutale, parce que l’urbanisme est brutal, parce que la vie est brutale.»

A cette époque Le Corbusier était fasciné et attiré par Mussolini et sa "brutalité" . On sait à quel point les régimes fascistes ont glorifié l'automobile et l'ont transformée en instrument de pouvoir. C'est le cas notamment 

Les habitants du 14e arrondissement  se mobilisèrent contre le plan de radiale Vercingétorix, qui prolongeait l’autoroute du Sud dans Paris jusqu’au quartier Montparnasse. Jacques Chirac, fraîchement élu maire en 1977 est contraint de l'abandonner. Les projets Hypose et Laser, prévoyant des autoroutes en tunnel sur deux niveaux sous la capitale à la fin des années 1980 (à l’initiative notamment du bétonneur Francis Bouygues), le sont aussi.

 

La mobilisation pour réduire la place de la voiture en ville et pour maintenir les Berges piétonnes est la poursuite de ces combats. 

Il s'agit de réduire la pollution qui empoisonne nos poumons et ceux des enfants, alors que la prévalence de l'asthme infantile ne cesse d'augmenter.

Ne lâchons pas. 

 

 

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