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Billet de blog 16 juil. 2012

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Rafle du Vel d'Hiv: les enjeux de la mémoire de la Shoah

«Vent printanier»: ce fut le nom de code imaginé pour la plus vaste opération d'arrestations de Juifs pendant la Seconde guerre mondiale en France et pour laquelle le régime de Vichy avait mobilisé la police française.

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«Vent printanier»: ce fut le nom de code imaginé pour la plus vaste opération d'arrestations de Juifs pendant la Seconde guerre mondiale en France et pour laquelle le régime de Vichy avait mobilisé la police française.

(voir Vel d'Hiv: le document

Allez voir la Rafle! ). Les 16 et 17 juillet 1942, à Paris, plus de 13 000  juifs, dont 4000 enfants, sont arrêtés. Une grande partie est envoyée au Vélodrome d’hiver, rue Nélaton dans le XVe arrondissement de Paris ;  ils y restèrent entassés sans pouvoir s’approvisionner. Ils furent ensuite déportés au camp d’extermination d’Auschwitz. D'autre rafles avaient précédé celle-ci (voir Mémoire: la rafle méconnue du 20 août 1941.)

La responsabilité du régime de Vichy dans les déportations des Juifs est restée longtemps un sujet tabou, y compris sous la présidence de Mitterrand qui faisait fleurir chaque année la tombe de Pétain à l’Ile d’Yeu (voir Sarkozy boycotte le 8 Mai ) Lors de la cérémonie commémorative de 1995 Chirac a reconnu publiquement que les autorités françaises avaient accompli l’irréparable: «Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux.»

 Une partie de la droite a rejeté cette prise de position, soit ouvertement , soit en attaquant la « repentance » comme Sarkozy à plusieurs reprises

(voir Sarkozy jette aux orties la reconnaissance de la participation de la France à la Shoah

Sarkozy encense Maurice Druon, ami et soutien de Papon  )

Serge Klarsfeld qui se porte une fois encore en défense du président sortant fait preuve de complaisance à son égard dans sa tribune du Monde http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/07/10/la-presidence-normale-et-la-rafle-du-vel-d-hiv_1731634_3232.html ; il considère que la formule creuse de Sarkozy « "Jacques Chirac a dit ce qu'il fallait dire et il n'y a rien à ajouter et rien à retrancher à son très beau discours." est suffisante pour contrebalancer ses nombreuses remises en cause des responsabilités françaises dans la déportation et son refus de participer à la commémoration du 8 mai avec Chirac en 2007 (voir  Sarkozy: service minimum sur la Shoah et insultes pour les Africain)

Symboliquement c’est à la veille de cette commémoration qu’un criminel de guerre nazi hongrois, Laszlo Csatary, a été identifié et retrouvé à Budapest

"Il y a dix mois, un informateur nous a donné des renseignements qui nous ont permis de localiser Csatary à Budapest » a déclaré le directeur du centre Wiesenthal à Jérusalem. Il a ajouté que les informations sur la localisation avaient été transmises dès septembre 2011 au Parquet de Budapest. En plus des informations fournies en septembre 2011, le Centre Wiesenthal  a transmis la semaine dernière de nouvelles pièces à conviction au Parquet de Budapest sur l'implication de Csatary dans la déportation des Juifs, "Ces nouvelles preuves renforcent les accusations déjà très graves contre Csatary et notre insistance pour qu'il rende compte de ses crimes. Le temps qui passe ne diminue en rien sa culpabilité et la vieillesse ne doit pas constituer une protection pour les auteurs de l'Holocauste"

Le Procureur adjoint de la République à Budapest, Jenö Varga s’est contenté d‘indiquer: "Une enquête est en cours. Le Parquet étudie les informations reçues".

Csatary avait été chef de la police dans le ghetto de Kosice (Kassa en hongrois, Kaschau en allemand), situé aujourd'hui en Slovaquie, où 15.700 Juifs avaient été pour certains assassinés et pour l'immense majorité d’entre eux  déportés vers le camp d'Auschwitz, en Pologne, pendant l'occupation par l'Allemagne nazie de ce qui était alors la République de Tchécoslovaquie.

Csatary traitait les Juifs du ghetto avec une cruauté particulière, fouettant les femmes et les forçant à creuser des tranchées à mains nues.

Condamné à mort par contumace en 1948 par un tribunal tchécoslovaque, il avait disparu et avait réussi à se réfugier au Canada. Il y a une quinzaine d'années, les autorités canadiennes avaient découvert sa véritable identité ce qui l'avait amené à disparaître de nouveau et à fuir en Hongrie. M. Feldmajer, Président de la communauté juive hongroise,   déclare que si Csatary échappait à la justice, cela constituerait un déshonneur pour toute la nation hongroise. Le risque est en effet grand que le gouvernement de droite radicale actuellement au pouvoir en Hongrie empêche tout jugement ; ce pouvoir et l’extrême-droite du parti Jobbik tentent de réhabiliter le régime antisémite du Maréchal Horthy et même les milices des Croix Fléchées, collaboratrices des nazis.

C’est aussi à la veille de cette commémoration que  Madonna se heurte une fois de plus au Front National et aux Le Pen. Le vice-président du Front national, F. Philippot, a déclaré que le parti d'extrême droite allait porter plainte contre Madonna après la diffusion samedi 14 juillet lors d'un concert de la chanteuse au Stade de France, d'un clip vidéo déjà projetée lors de l’inauguration de sa tournée et dans lequel Marine Le Pen apparaît brièvement porteuse d'une croix gammée sur le front. Nous ne connaissons pas les intentions de Madonna ni la signification exacte de cette "provocation" (au bon sens du terme) mais notre soutien lui est acquis pour avoir osé rappeler que la ligne politique des Le Pen et du FN se place encore et toujours dans la continuité du fascisme et du nazisme

(voir Le Pen : l’antisémitisme jusqu'au bout.

Qui veut se faire piéger par Marine Le Pen ?

Marine Le Pen récidive contre Eva Joly.

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