"Nunc pensez au temps de la reconstruction"

Poème sur Notre-Dame et sa reconstruction, avec François Villon (par CF)

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 Est-ce le départ d’une insurrection ?

Un feu couve, se déclare et se propage dans la charpente.

La cathédrale Notre Dame de Paris brûle.

Pendant des heures les pompiers mènent un combat incessant

Pour circonscrire l’incendie et sauver les beffrois.

La flèche de Viollet le Duc se brise, la toiture s’effondre.

En un espace, en un instant un pan de l’histoire est englouti.

Puis au bout de la nuit les lances cessent leurs flots d’eau continus,

La cathédrale Notre Dame de Paris est préservée d’une totale destruction.

 

Ce patrimoine architectural légué par nos aînés aurait pu disparaître en fumée ?

Notre Dame et son chevet, chef d’œuvre d’art monumental attaqué par les flammes ?

Nous étions tous effarés par le spectacle de sa longue agonie.

 

Notre Dame de Paris a été décapitée, éventrée par un phénomène accidentel.

Héroïquement, décoiffée, elle tint bon sur ses assises.

Ce lundi 15 avril 2019 n’aura pas sonné le glas de son éboulement.

 

Filmée par les télévisions du monde entier, elle subjugue par son maintien d’aplomb

Je ne me suis pas effondrée.

Mes enfants, ce désastre vous a tourné les sangs,

Nunc pensez au temps de la reconstruction.

Les compagnons du devoir ad hoc et les historiens d’art sont pléthores.

Entourez-vous des meilleurs spécialistes et relisez Villard de Honnecourt

Aucun chantier ne s’est jamais conçu dans la précipitation.

 

Comme François Villon lui demandait

Toutes ces contributions sont-elles des actes de contrition ?

Que nenni, ce sont des réactions saines et sensées, l’élan du cœur mon ami.

La pierre est riche de sens

 

Te rends-tu compte François de ce flux prodigieux de dons accumulés

En un temps record de trois jours, pour un montant prestigieux d’un milliard d’euros ?

Bel empressement et rapidité d’exécution dans ma consolidation,

Par frettage de mes ornements.

Car vois-tu, depuis que j’ai beffrois et pignons sur rue, je suis ouverte aux quatre vents.

 

Eu égard à mon vieil âge et au traumatisme subi, je ne saurais requérir de lourds capitaux.

Ainsi je dépose deux requêtes.

Dans un premier temps allégez, allégez tous les matériaux de ma restauration.

Dans un deuxième temps, distribuez aux pauvres tous les deniers récoltés.

Entre l’énormité et l’incommensurable, il y a un monde.

Claude Freydefont



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