Risque alcool: l'ombre du lobby d'Emmanuel Macron

Macron cherche à combattre l'image de président des villes, éloigné de la "France des territoires et des terroirs" Il a donc choisi de favoriser les chasseurs et les producteurs de vin.

Mauvaise action contre la santé publique:  Audrey Bourolleau ,  représentante du lobby du vin, est  nommée conseillère agriculture d’Emmanuel Macron.
Déléguée générale de l’organisme de lobbying bien connu "Vin et société,  elle avait obtenu l'affaiblissement de la loi Evin par le Parlement en 2015.
Sa nomination est la suite de son engagement au côté de Macron lors de la campagne présidentielle. 

L’un de ses principaux faits d’arme a en effet été d’obtenir, lors de l’examen de la loi santé en 2015, le détricotage de la "loi Evin" qui encadre la publicité sur les boissons alcoolisées en France depuis 1991. Les parlementaires avaient fortement assoupli les conditions dans lesquelles il était possible de faire la promotion du vin, en dépit de l’opposition de la ministre de la santé Marisol Touraine. La mesure avait reçu la bénédiction de François Hollande et de son ministre de l’économie  d'alors... Emmanuel Macron.

L’actuelle ministre de la santé, Agnès Buzyn, alors présidente de l’Institut national du cancer, s’était dite « très inquiète » de cette volonté de changer la législation. « C’est un échec grave pour la santé publique et une victoire des lobbies, avait-elle assuré dans un entretien à L’Humanité, estimant que « clairement, les industriels [avaient] gagné cette bataille sur le front parlementaire ».

Audrey Bourolleau avait par ailleurs piloté en 2015 une campagne de communication malfaisante . Sous le slogan « Aimer le vin, c’est aussi avoir un grain de raison », cette opération était censée donner aux Français les « repères de consommation » de vin, baptisés « 2.3.4.0 ». Soit deux verres maximum par jour pour une femme, trois verres pour un homme, quatre en une seule occasion et 0 un jour par semaine

L'officielle Haute autorité de santé( HAS) avait alors dénoncé une « campagne publicitaire qui détourne un outil médical de lutte contre les dangers de l’alcool ».

Soulignant que « la consommation d’alcool représente un problème de santé publique majeur », l’autorité avait jugé que « la campagne publicitaire orchestrée par Vin et société transforme des seuils de consommation à risque nécessitant une prise en charge médicale en “repères” pour une consommation “acceptable” d’alcool ».

La consommation excessive d'alcool est responsable de 47 000 morts par en France et également de très nombreux actes de violence, notamment contre les femmes. Il s'agit donc d'un mauvais coup porté dans un des domaines-clé de la santé publique en France. Macron qui déclare vouloir mettre au premier plan les actions de prévention est en totale contradiction avec cet engagement; il doit annuler cette nomination.

 

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