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Billet de blog 23 mars 2021

Les victimes de Merah et le silence de la gauche.

En mémoire des quatre victimes d'Ozar Hatorah à Toulouse, le 19 mars 2012 Quelques éléments sur le silence à gauche, par le Réseau d'actions contre l'Antisémitisme et tous les Racismes (RAAR)

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Déclaration du Réseau d'actions contre l'Antisémitisme et tous les Racismes ( RAAR), auquel je participe .

En mémoire des quatre victimes d'Ozar Hatorah (Toulouse 19 mars 2012) - Quelques éléments sur le silence à gauche

Vendredi 19 Mars, nous avons rappelé le souvenir de Myriam Monsonégo (8 ans), Gabriel Sandler (4 ans), Arié Sandler (5 ans), et Jonathan Sandler (30 ans), tué-es le 19 mars 2012 par Mohammed Merah devant l'école juive Ozar Hatorah à Toulouse. Nous adressons nos pensées aux victimes, ainsi qu’à leurs proches, et nous gardons la mémoire de cette tuerie antisémite.

Ce temps de la mémoire doit aussi être celui de l’analyse. A l’époque, une partie du mouvement social n’avait pas réagi face à la violence antisémite.

Nous devons nommer les mécanismes qui ont motivé ces insuffisances dans notre camp politique, afin de mieux les affronter aujourd’hui.

En 2012, le traitement médiatique du massacre minora la part d'antisémitisme dans les motivations de Merah : l’accent fut mis sur un récit présentant la tuerie comme une attaque contre « la société », en partant de l’assassinat des trois militaires Imad Ibn Ziaten, Mohamed Legouad et Loïc Liber. Face à ce récit, une partie de la gauche limita sa réaction à la dénonciation de l'instrumentalisation islamophobe de l'affaire. Elle ne réagit que très faiblement aux actes du terroriste et à l’idéologie antisémite qui les sous-tendait.

Cette partie de la gauche se montra désemparée face à l’antisémitisme d'un individu issu d’un groupe social subissant lui-même le racisme. Voyant ce phénomène comme une contradiction, elle ferma les yeux sur l’antisémitisme de Merah, car le tueur n’émanait pas de l'extrême-droite classique. Certaines organisations crurent résoudre la contradiction en interprétant les actes de Merah comme une réaction mécanique et désespérée d'un « dominé » face au racisme et à l'impérialisme français, voire à la politique sécuritaire israélienne.

En refusant de prendre en compte la centralité de l’antisémitisme dans l’idéologie et les pratiques djihadistes, certain-es acteurs-trices de la gauche se réfugièrent même dans des explications conspirationnistes, voyant dans les actes du djihadiste une manipulation des services secrets français. Cette dérive était déjà apparue lors de l’assassinat d’Ilan Halimi en 2006. Elle facilita une offensive réactionnaire et islamophobe qui instrumentalisa ce qu’elle nomma la « culture de l'excuse » afin d’attaquer l'ensemble du mouvement social et alimenter les campagnes autour d'un supposé « islamo-gauchisme ». Dans un contexte où pullulent les mouvements antisémites et régressifs – de QAnon à Daesh –, et alors que l'islamophobie s'intensifie, il est plus que jamais nécessaire de rompre avec cette politique du déni face à l'antisémitisme.

C’est le sens de l’action du Réseau d’Actions contre l’Antisémitisme et tous les Racismes qui réinsère la lutte contre l'antisémitisme, d'où qu'il vienne, au sein du combat antiraciste global. C’était l’objet du rassemblement le 14 février dernier en mémoire de l’assassinat d’Ilan Halimi et c’est le but que que nous poursuivrons lors de nos prochaines actions.

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