L’Algérie, le plus vaste pays d’Afrique, du monde arabe et du bassin méditerranéen, attise les confrontations et les rivalités stratégiques entre les grandes puissances, notamment les États Unis, la France et la Chine, qui convoitent l’accaparement de ses ressources naturelles pour sécuriser leurs approvisionnements ainsi qu’une position géostratégique comme cela a été fait en Syrie, Irak, Yémen, Soudan et en Libye.
Les États Unis qui œuvrent laborieusement à maintenir leur leadership mondial en contenant la montée en puissance de leur principal concurrent stratégique la Chine et contrecarrer son influence, sous toutes ses formes, comme jadis avec l’URSS, se déploie massivement d’un point de vue militaire sur le continent africain ; un déploiement de grande envergure, obéissant à une vision stratégique d’endiguement de ses concurrents, au-delà du prétexte de la lutte contre le terrorisme souvent évoqué.
Considérée comme l’un des principaux alliés de la Russie et de la Chine en Afrique, l’Algérie est ciblée par des plans machiavéliques de déstabilisation, fomentés par les services secrets de certains pays occidentaux et arabes, visant son implosion pour le compte de cercles et d'intérêts étrangers connus.
Ces complots visent la partition de l’Algérie en petits États sectaires et multiconfessionnels à travers une guerre par procuration confiée à des éléments perturbateurs et inconscients issus essentiellement d’une région historiquement frondeuse, affectionnant étrangement les extrêmes, mais profondément patriotique, qui est la Kabylie.
Comme le Soudan, l’Algérie est, pour les intérêts hégémoniques de certaines puissances occidentales, un pays immensément grand, trop riche, trop bien situé pour rester unie en un seul État indépendant et souverain ; sa fragmentation en une mosaïque de sectes et de courants religieux, comme le Liban, constitue l’un des leviers stratégiques leur permettant de s’en accaparer.
De ce fait, la montée fulgurante du christianisme en Kabylie n’est pas spontanée ; elle est le résultat d’un prosélytisme organisé et financé par une stratégie franco-américaine d’évangélisation qui s’est développée dans un contexte favorable d’ouverture de l’Algérie et d’épreuves difficiles, comme la décennie noire du terrorisme et la crise politico-économique qui ont incité les jeunes issus de régions défavorisées à chercher à quitter le pays.
La seule façon de quitter le pays pour ces émigrés économiques, en dehors de l’émigration dangereuse et clandestine par la mer, c’est de se convertir au christianisme, dans sa forme protestante ou même évangélique, plus adaptée au profil psychologique de l’algérien que le catholicisme, d’autant plus que les églises en Kabylie sont nombreuse et sont parvenues à convertir des familles entières et même des jeunes qui avaient exprimé le besoin de partir à l’étranger, notamment en France, au Canada et aux États-Unis et qui étaient prêts à se convertir au christianisme pour obtenir juste un visa. À l’évêché d’Oran, le père Alphonse avait déclaré qu’il y a des gens qui veulent devenir chrétien ou catholique pour un visa, mais confondent l’église avec le consulat de France.
Aussi, la déclaration, en 2016, de l’ex ambassadeur de France à Alger, Bernard Émié, directeur de la DGSE française depuis 2017, qui avait déclaré que 60 % des visas délivrés par l’ambassade de France aux Algériens reviennent aux habitants de la Kabylie, bien sûr recommandés par les religieux de service et les moins religieux services secrets de la république, vient corroborer cette démarche sournoise visant à faire de la Kabylie un nouveau Liban multiconfessionnel. D’ailleurs, les mesures draconiennes d’octroi de visas imposées aux algériens par les différentes représentations diplomatiques françaises et américaines relèvent indéniablement de la malhonnêteté et du chantage d’État.
En France, à Paris, ces mêmes services secrets avec leurs relais locaux du mouvement séparatiste du MAK procèdent à la distribution régulière de cartes de séjours de 10 ans aux adeptes de ce mouvement et ceux du RCD, suivant des conditions d’allégeance et de totale soumission, parmi lesquelles se convertir au christianisme et être à la disposition des services secrets et du Mak pour l’exécution d’objectifs de subversion visant la déstabilisation de l’Algérie au moment voulu.
Parmi les objectifs assignés aux séparatistes c’est de susciter la haine entre Arabes et Kabyles, dans toute l’Algérie, et obtenir que les kabyles soient attaqués, insultés et agressés, comme ennemis des arabes et de l’Islam pour faire réagir les algériens non kabyles et provoquer des actions violentes entre les uns et les autres, ne laissant d’autres choix aux kabyles attachés à l’Algérie que de rallier les séparatistes.
Convaincus que les gens qui se convertissent au christianisme le font surtout à cause de la misère, le chômage et les problèmes sociaux et non pas par conviction religieuse, les nombreux missionnaires qui s’adonnent souvent illicitement au prosélytisme évangélique, sous la conduite bien veillante de leurs mentors des services secrets français et américains, s’engagent à verser la somme de cinq mille euro à chaque personne qui parvient à convertir quelqu’un au christianisme, en plus de facilités offertes aux étudiants pour leur permettre de poursuivre leurs études à l’étranger.
Pour ceux qui ne veulent pas quitter le pays, ils se convertissent à la religion chrétienne parce qu’ils la considèrent souvent plus tolérante que l’Islam wahabo-salafiste pratiqué par certains clans du pouvoir, fondamentalement intolérant et intrinsèquement violent.
Ce qui se passe en Kabylie n’est qu’un point de départ d’une campagne qui vise tout le pays ; d’autres régions sont également affectées par le phénomène de prosélytisme néo-évangélique, Alger, Constantine, Ghardaïa, Mascara, Oran et bien d’autres villes d’Algérie.
Si l’Algérie a été épargnée jusqu’à présent par la dynamique de fragmentation en raison de l’homogénéité confessionnelle de ses habitants, majoritairement sunnites, le nombre de chrétiens a été multiplié par 50 en 10 ans. Dès 2003, les américains ont conçu dans les coulisses du Pentagone un plan de partage du moyen orient en État confessionnels, Chiites, sunnites, maronites, etc. En 2012, le Word Factbook de la CIA, (publication annuelle officielle de la CIA détaillant chaque pays du monde) estimait qu'il y aurait 1 % de chrétiens en Algérie ; comme il y aurait environ 2 500 nouveaux convertis en Kabylie chaque année. Les ingrédients de la sécession kabyle se réunissent inexorablement jour après jour.
Enfin, la main tendue par le président Abdelmadjid Tebboune à cette région dès son investiture constitue une première démarche sérieuse pour la préservation de l’unité et la cohésion de l’Algérie.
Albert Farhat