L’Algérie face à la guerre des technologies de l’information

En 2005, Ayman Al-Zawahiri, chef d’Al-Qaïda, à qui les médias sociaux avaient permis d’attirer plus de 20.000 soldats étrangers, venant de plus de 90 pays, avait déclaré un jour : « nous sommes dans une bataille et plus de la moitié de cette bataille se déroule dans les médias ».

 Pour mettre en œuvre sa propagande multidimensionnelle, l’État Islamique avait fait appel à la combinaison d’un discours prétendument de vérité et à des éléments émotionnels, lui permettant l’acquisition d’une crédibilité discursive et la conquête des cœurs et des esprits ; une propagande apte à conquérir un public varié.

 D’ailleurs, les attentats de Paris en 2015 furent revendiqués par un communiqué officiel écrit de cette entité terroriste, mais également par le biais d’une chanson, diffusée pour atteindre un public souvent illettré et plus jeune.  

 L’État Islamique qui utilise intensivement les réseaux sociaux, les sites de partage YouTube, Twitter, Telegram, Facebook, etc., possédait également des sites internet, des forums de chat, des revues en ligne et même des forums spécialisés où des attaques terroristes de grandes envergures furent concoctées et exécutées en direct.

 Depuis l’élection du président Abdelmadjid Tebboune, des sites tels que « Algérie Part », « Algériepatriotique », « Observ’Algérie », « TSA », « Maghreb Emergent » et des sites de partage YouTube appartenant à de pseudo-activistes, adoubés par des forces identifiées, utilisent les mêmes procédés et techniques de propagande et de désinformation terroristes à l’endroit du peuple algérien, en cherchant assidûment à exploiter les vulnérabilités sociales, culturelles, politiques et économiques induites par la gestion catastrophique du pays par le gang des Bouteflika, pour tenter de créer une situation chaotique de non-retour en Algérie.

 Ces mercenaires nihilistes de la toile, qui activent au profit de certains oligarques algériens en fuite à l’étranger et leurs parrains des services de renseignement hostiles à la stabilité en Algérie, cherchent inlassablement à provoquer, par leurs flots quotidiens de vidéos et de journaux électroniques nauséabondes qu’ils déversent sur la toile, le soulèvement violent d’une population paisible mais souvent malavisée et ignorante des risques réels de la manipulation dont elle fait l’objet.  

 L’exemple le plus illustratif de cette vile propagande subversive, qui cible actuellement l’Algérie sur les réseaux sociaux, demeure le cas de l’Indonésie, où un groupe nommé « Saracen », contrôlant 800.000 comptes sur les réseaux sociaux, menait des campagnes de diffamation et de haine contre des personnalités politiques, des groupes ethniques et religieux, moyennant de fortes sommes d’argent, avant qu’il ne soit démantelé et appréhendé par les autorités en 2017.

 Depuis, le gouvernement indonésien, qui avait déclaré la guerre aux fake news, avait créé une multitude de moyens de contre-mesures qui lui ont permis de faire face à ce fléau de la toile, notamment par la mise sur pied de la « National Cyber Encryption Agency Indonesia ».

 La désinformation subie par l’Indonésie demeure toutefois limitée géographiquement en raison du confinement de cette campagne subversive dans la langue vernaculaire indonésienne, contrairement à l’Algérie qui évolue dans un environnement géopolitique extrêmement dynamique et instable, ouvert sur l’ensemble des influences du monde, notamment sur le Maghreb et l’Europe.  

 L’utilisation des nouvelles technologies de l’information comme moyen de consolidation de la nouvelle république prônée par le président Abdelmadjid Tebboune, est primordiale pour contrer les campagnes de désinformation et de propagandes subversives qui ciblent, sans aucun ménagement, l’ensemble des strates de la société, en appelant à la haine raciale, culturelle et religieuse.

 Enfin, l’Algérie ne devrait-elle pas s’inspirer du modèle indonésien pour mettre sur pied des outils technologiques de l’information plus adaptés à son environnement géopolitique et à la préservation de sa sécurité nationale ? En tout cas, le défunt système de Bouteflika considérait ces technologies comme une menace existentielle à son régime archaïque.  

 Albert Farhat

 

 

 

 

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