Il faut plus qu’un murmure pour abattre les murs

Billet collectif d'actuels ou futurs censurés. Abdella KHALDI - Albinos – Amel BELHADJ – bjm - boualem - Capucine M - christian paultre - Emmanuel Esliard - fiesole - hasbeenLe concombre masqué – Le Père Vert Pépère - Maia64 - Jean Rex - JoëlMartin - mhjozoux - MissFaff - Roubachoff - utopart - Vivre est un village1944 : le mur de l’Atlantique tombe.1989 : le mur de Berlin tombe.2010 : d’autres murs honteux sont debout. En Palestine, à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, entre les deux Corée,Liste non exhaustive. Plus d'exemples sur : http://carnetsdenuit.typepad.com/carnets_de_nuit/2006/03/les...Tous murs érigés contre les mêmes principes : la liberté de circulation des personnes et des idées. La circulation des idées portées par l’écriture est à la source de toute civilisation. L’interdire signe un retour vers la barbarie, la jungle, la loi du plus fort. Il est un mur infiniment moins dramatique et d’autant plus insidieux : le mur de la censure. Très efficace pour barrer la route aux idées qui déplaisent à ceux qui tiennent les ciseaux et le couteau par le manche. Sur Médiapart, il n’a échappé à personne que les censures et les exclusions tombent principalement sur les commentateurs, commentatrices peu ou prou révoltés par le sort ignoble fait quotidiennement, et depuis trop longtemps, aux Palestiniens.Ces sanctions sont justifiées par de fallacieuses accusations d’antisémitisme. Certains commentaires et billets, non injurieux ni diffamatoires mais dénonçant ces exclusions ou demandant la réintégration des exclus disparaissent mystérieusement sans que n’apparaisse à la place l’avertissement de rigueur : "commentaire supprimé pour cause de…", qui pourtant est parfois mis en place en cas d’insulte particulièrement grave. En revanche, la propagande ultra sioniste la plus radicale et la plus éhontée peut s’étaler en toute impunité sur le site et sa défense se faire par la grossièreté. Deux poids et deux mesures. Injustice et partialité sont les deux mamelles de la censure médiapartienne. Plus grave : les exclus ne peuvent ni se défendre, ni faire appel, comme il devrait être de règle dans toute démocratie. Médiapart est, pour ces exclus, une zone de non-droit. Ils n’existent plus, sont dans un no man’s land. Ils peuvent encore contempler mais doivent se taire.Le murmure des commentaires ne suffit pas pour abattre ce mur de la censure, qui certes ne fait aucun mort, mais qui rappelle fâcheusement d’autres murs. De nombreux commentateurs ont souhaité faire un peu plus de vacarme pour que les censeurs de Mediapart prennent un peu plus conscience de l’énorme malaise qu’ils provoquent sur le site, et ce, à quelques jours de la journée "portes-ouvertes" de Médiapart le 12 mars prochain. Ces portes s'ouvriront, sauf erreur, par un débat "Où va le Club." Alors voilà, c'est notre contribution à ce débat où nous ne pourrons pas être, pour diverses raisons. Nous nous doutons bien que les commentaires qui vont suivre ne seront pas de tout repos et que de vertueux indignés ne vont pas se priver de faire leur numéro, comme ils l'ont fait contre le billet d’Utopart, tournant en faisant référence aux Mères courageuses de la Plaza Mayo. Ces indignés n'ont pas perçu que cette référence était avant tout un hommage, comme l'ont compris d'autres Argentins rescapés des atrocités de la dictature, lorsque des actions démocratiques prenaient la forme d'une rotation silencieuse. Les commentaires decesvertueux indignés ne feront que s'intégrer au vacarme sur lequel comptent les anti-mur de la censure pour se faire entendre le 12 mars, rue Brûlon, Paris.

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