Dictature sanitaire

Le plus grave a été d'interdire le soin aux gens. Des milliers de personnes ont été confinées chez elles sans avoir eu le droit d'agir sur leur destin, d'essayer.

1/ Le plus grave a été d'interdire le soin aux gens. D'interdire aussi aux médecins de tenter de soigner les gens. Je n'ai jamais affirmé que la chloroquine était fiable et n'en sais toujours rien ; toujours est-il que c'est à partir de là qu'on a vu se mettre en place la dictature sanitaire.

En période d'urgence pour ne pas dire de panique, et en l'absence de médicament reconnu pour soigner du Covid, on n'a pas trouvé mieux à faire que de se caler sur le temps de recherche, que chacun sait long, voire très long... voire très très long s'il s'agit d'arriver à un vaccin ! Les gens sont morts les uns derrière les autres sans avoir eu le simple droit d'agir sur leur destin, d'essayer. Les médecins, de la même façon, ont été réduits à ne pas avoir le droit de tenter de soigner. Dix mille malades seraient ainsi morts étouffés chez eux. Le pire, ça a été l'infecte prise de position de l'Ordre des médecins, qui n'a pas hésité à appeler ses conseils départementaux à la délation, en les chargeant de mener des enquêtes auprès des médecins qui auraient osé proposer autre chose que du paracétamol en guise de soin, jusqu'à menacer ceux-là de les exclure de la profession ! Peu importe 10.000 morts, pourvu qu'ils soient "
scientifiques"...

Le gouvernement a donc décidé que lui et lui seul était en droit de poser un diagnostic. Pour cela, il ne s'est appuyé que sur des pontes : des hôpitaux, de la recherche... sans semble-t-il s'être jamais préoccupé de savoir de quelle façon les choses étaient traitées en Extrême-Orient. On a même promu d'urgence un comité scientifique nommé selon des critères inconnus alors qu'existait une instance censée faire la même chose. L'urgence était donc d'attendre le verdict de ce petit comité. Je passe sur les affirmations contradictoires qui volaient dans tous les sens, la dernière évaluait à 10% voire plus le nombre d'infectés en France (
les derniers chiffres sont à 4,4). Nombre de gens ont été renvoyés chez eux avec du paracétamol, priés de ne déranger les hôpitaux qu'au moment où ils n'arrivaient plus vraiment à respirer !

La dictature sanitaire érigée pour l'occasion est responsable de cette catastrophe. Humainement, la solution était pourtant simple, laisser aux gens le droit de se soigner avec le protocole qu'ils souhaitaient, tout en déchargeant bien sûr les médecins des conséquences qui auraient alors pu en en résulter. Et laisser aussi aux médecins le droit de proposer aux patients les traitements qui leur paraissaient judicieux (
avec leur accord bien sûr). Bref, patients comme médecins ont été traités comme des moins-que-rien, obligés d'obéir au bon vouloir de quelques sommités scientifiques et médicales dont Philippe a révélé après coup qu'ils disaient tout et son contraire à un mois d'intervalle.



2/ Pourtant, la macabre leçon n'a pas suffit. A quelques jours du déconfinement, on entendait encore le ministre de la santé refuser de reconnaître la gravité de
l'absence de tests. Or à l'exception de l'Italie (qui a payé un lourd tribut tout en faisant de nombreux tests), tous les pays du monde qui s'en sont bien sorti ont testé massivement. De plus l'OMS lui-même avait copieusement prévenu dès mi-mars : "testez, testez, testez". L'insuffisance de tests a partiellement été responsable du confinement à domicile, sans soins ou presque. Et ce pour la bonne raison que nombre de médecins eux-même n'en avaient pas ! Aujourd'hui encore où 700.000 tests par semaine sont supposés être disponibles, on en est, pour évaluer la propagation du virus, à se baser sur des "suspicions d'infections" à partir de gens se rendant à l'hôpital, en lieu et place de testés positifs !


La responsabilité des autorités pourrait là encore être immense. Pour la déterminer, il faudrait vérifier si la France était apte à fabriquer massivement et en urgence des tests, et, dans l'affirmative, si un ordre clair a été donné pour tout faire en ce sens. Faute de quoi le gouvernement serait coupable de négligence ayant entraîné des milliers de morts. Tout au plus peut-il arguer pour sa défense que de nombreux hôpitaux n'étaient pas en situation de répondre à cet afflux dans plusieurs régions. Sans doute, mais pas partout. Le confinement a répondu à l'impréparation, mais le reste tient de l'amateurisme et de l'obstination. L'ordre aurait au pire du être donné mi-mars, étant prévisible qu'après un mois voire deux de confinement, le gros de la crise hospitalière serait résorbé ou en passe de l'être, et que la seule solution restante ne pouvait être que de se ranger enfin à la politique de tests de l'Extrême-Orient : celle dont on avait eu à un moment des mois de recul et dont on n'avait jamais voulu rien tirer (
tests + masques) : celle-là même qu'on applique aujourd'hui !



3/ Pour ce qui est des
masques, la responsabilité est moindre vu le passif. Et pas sûr que la France ait pu d'un claquement de doigts produire des dizaines de millions de masques par semaine. J'ignore si l'on pouvait encore en commander en janvier, en mars c'était trop tard : le monde entier en voulait. Si l'on en croit Philippe, les scientifiques eux-mêmes auraient raconté n'importe quoi sur le sujet. En tous cas, on a vu un paquet de types dans les chaînes d'infos, médecins, scientifiques et autres, venir expliquer au nom de leur précieux savoir que le masque ne protégeait que l'autre, et tout un panel d'autres idioties affirmées sur un ton définitif. Le ramdam fait autour des masques pourrait presque soulager les autorités dans la mesure où la responsabilité est diluée sur plusieurs gouvernements : il masque surtout le problème des tests, autrement plus grave, et dont la presse semble se ficher royalement. Une presse qui, on le verra, n'aura pas fait grand mal au gouvernement dans cette crise, c'est un euphémisme.



4/
L'Institut Pasteur s'est lui ridiculisé avec une étude inénarrable prétendant expliquer l'ensemble du territoire français à partir de données issues d'un bateau contaminé ! (depuis Paris en bouteille, on n'avait pas fait plus fort). Il a fallu se taper une démonstration basée sur des chiffres... qui sont justement les inconnues de l'équation ! Moins scientifique c'est difficile. Trois semaines après, ils sont revenus comme un fleur nous expliquer que finalement les infectés, c'était plutôt 3 millions que 4 ! (bah, trois ou quatre c'est pareil). Et ce selon des chiffres paraît-il "affinés", comme si un quelconque courbe (réanimations, décès, hospitalisations etc) avait depuis trois semaines fait des bonds dans tous les sens !



5/ L'autre scandale est bien sûr celui des
journalistes. Le fameux "contre-pouvoir" tant vanté dans les pub à la gloire de la démocratie s'est avéré suivre la ligne sanitaire dictatoriale avec un zèle jamais vu ! Pas une tête n'a dépassé. Tout ce petit monde a par exemple été particulièrement actif pour dénigrer tout ce qui pouvait avoir trait à Raoult qui, quelle que soit l'efficacité de ses deux molécules, a en tous cas mis en place une politique de tests qui a montré ce qui était à faire et n'était pas fait - voire dénigré - et ce avec des résultats supérieurs à partout ailleurs (au point de se demander si, quand il a minimisé les effets du virus, il n'aurait pas eu raison si l'on avait appliqué sa politique de tests à l'ensemble de la France). L'ensemble des journaux a été infect avec lui. Je ne crois pas avoir lu une ligne critiquant la "scientificité" réelle du protocole de randomisation en double aveugle. Et si je l'ai raté, je n'ai pas vu le moindre débat là-dessus ! C'est scientifique, point... et l'urgence peut attendre, nous a-t-on expliqué. Même chose pour les essais testant soi-disant son protocole. Discovery par exemple dure depuis des mois maintenant, à se demander s'il a jamais commencé, personne n'en voulant en dehors de la France ! Et le métro ? Les médias, pourtant souvent parisiens, ont semblé découvrir l'affaire un mois après, au vu des images enfin montrées ! Est-ce pour ne pas avoir à débattre du travail obligatoire en temps de confinement que toute cette lâcheté collective à eu lieu ? Se taire en laissant faire n'importe quoi sous prétexte "d'état de guerre" ? Insupportable ! Pèsent-ils au moins les morts que toute cette politique ne pouvait qu'impliquer à l'aune d'une responsabilité à ne pas faire de vagues en ces temps de gestes barrière... ou plus simplement est-ce qu'ils ne voient rien ? Et il faut encore rajouter tout ce qui est évoqué dans les autres points et dont les médias n'ont jamais fait part. En tous cas, la lâcheté et l'irresponsabilité du "quatrième pouvoir" a été totalement inacceptable : on a vécu des mois de dictature et personne n'a moufté : à les entendre, ils ne s'en sont pas même aperçu !


Dictature sanitaire est donc le mot. Des ordres venus d'en haut donnés à l'ensemble et des citoyens (
et des médecins), et une absence totale des contre-pouvoirs. On en est maintenant à interdire aux gens d'aller voir la mer. On peut courir, nager, y faire je-sais-pas quoi, mais la regarder, à quoi ça sert ? C'est improductif, inexplicable : pourquoi regarder la mer ? C'est comme s'asseoir sur des banc en ville : ça sert à rien des bancs, on bouge pour aller d'un point à un autre, quoi d'autre ? La mer, les plages, les forêts, ce qu'on appelait jadis "nature", est désormais un lieu public, un "espace-citoyen".

Enfin sur le plan philosophique, on a eu parfaite confirmation du diktat du savoir sur les esprits.


 

ERRATA : ce sont ses "agences départementales" et non les ARS que l'Ordre des médecin a appelé à la délation. Désolé pour l'erreur, je ne suis pas familier de ces structures. J'ai modifié le texte original où l'erreur apparaissait, elle n'y est donc plus.

 

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