CONFERENCE DE PRESSE SUR LES THEORIES D’EXTREME DROITE (Nice, 30/04/2018)

La production théorique de l'extrême droite est sous-estimée. À Nuit Debout Nice un groupe de philosophes et militants l'étudie depuis plus de deux ans. Les résultats de l'enquête sont très inquiétants, et à connaître sans plus tarder

Lors de notre conférence nous présentons à la presse et au public les résultats inédits de plus de deux ans d'enquête et d’étude serrée sur les théories actuelles de l'extrême droite européenne (enquête qui semble combler un certain vide). Le réseau, très développé, des théoriciens d’extrême droite se révèle être l'épine dorsale du réseau des partis et des organisations d'extrême droite. Plusieurs surprises véritablement choquantes et inquiétantes sont à la clef. En fin de conférence nous proposerons quelques éléments d'analyse de cela, ainsi que des stratégies de réponses politiques possibles

 

PRÉSENTATION SOMMAIRE DE QUELQUES ÉLÉMENTS DE LA CONFÉRENCE:

l'affiche de la conférence de presse de Nice (30/04/2018) l'affiche de la conférence de presse de Nice (30/04/2018)

 

La production théorique de l’extrême droite européenne a été jusqu’à présent largement sous-estimée. Depuis plus de deux ans notre groupe de travail, composé de théoriciens et de citoyens militants, l’a étudiée méticuleusement, pour ainsi dire texte par texte, en la lisant en plusieurs langues et en faisant des recoupements, dans le cadre d’un séminaire public de Nuit Debout Nice.

La venue imminente dans notre ville des principaux partis d’extrême droite européenne, convoqués pour le 1er mai 2018 à Nice par Marine Le Pen et le F.N., nous donne la triste, mais urgente opportunité d’amorcer, par cette conférence de presse, une reprise en main du "niveau théorique (et par suite politique) réel", en rendant immédiatement publics, et en les interprétant, les résultats surprenants de notre travail. Ces résultats sont tout à fait préoccupants et demandent à être connus, dans les grandes lignes, du plus grand nombre et discutés.

 

Résumé (non exhaustif) de quelques points importants :

 

1) La production théorique d’extrême droite en Europe est, au moins depuis 1968 (année de création du « G.R.E.C.E. » à Paris), vaste en quantité et dispose en son sein d’éléments de très haut niveau conceptuel et argumentatif. De cela nous offrons une cartographie et une synthèse.

2) Dans ce qui en est généralement perçu (la « Nouvelle Droite »), cette production théorique produit une apparence de changement de paradigme, par exemple par la substitution de l’« ethno-différencialisme » à l’ancien « racisme ». Cette apparence est trompeuse.

3) En réalité, nous démontrons qu’elle ne fait que renouer avec la production théorique nazi-fasciste de l’extrême droite européenne d’avant 1945 (celle de penseurs – là est toutefois le problème –, de premier ordre, comme Gentile, Schmitt, Heidegger, Evola, …) pour l’adapter et la radicaliser.

4) En ce sens l’actuelle extrême droite théorique assume, souvent sous de faux semblants délibérés et rassembleurs (de Benoist : « gauche/droite, c’est fini ! » ; Douguine : « après libéralisme, communisme et fascisme, il nous faut une Quatrième Théorie Politique » ; Preve, Fusaro, Soral : « le fascisme n’existe plus, l’antifascisme est absurde »), une radicalité préoccupante dont nous démontrons, textes et idées à l’appui, qu’elle est, contrairement à ses propres démentis, un néo-nazifascisme pur et simple et ravageur.

5) La communauté des théoriciens d’extrême droite, stratégiquement centrée sur la France (autour du G.R.E.C.E.), mais active partout (même aux U.S.A. et en Russie) et dont les principaux « bassins théoriques » sont en réalité en Italie et en Allemagne, a par ailleurs développé un puissant réseau européen (également connecté, entre autres, à l’Amérique du Sud et à l’Iran), notamment en Europe de l’Est, dans le but assumé d’influencer, à tous les niveaux, d’abord la culture, puis progressivement le cours-même de la politique, jusqu’à la prise de pouvoir, et ce état par état.

6) Les partis et mouvements politiques d’extrême droite, à leur tour, qui font pourtant sage mine démocratique de se cantonner au blocage des migrants, à la dénonciation des « dérives » (insécurité, précarisation) et à la défense de valeurs d’enracinement, se réfèrent en réalité explicitement (mais dans des productions théoriques très peu accessibles, mais absolument cruciales, de leur édifice théorique global) aux éléments les plus délirants, assassins, destructeurs, irresponsables et, encore une fois, explicitement nazi-fascistes de leur corpus théorique.

7) Si elle n’est pas désamorcée frontalement, à son niveau propre – qui est celui non pas de la morale du « on dit » et du « il faudrait », mais du discours théorique explicite et informé (tel qu’à ce jour il est systématiquement éludé) – cette vaste production théorique nouvelle, qui réactive et radicalise, tout en s’en défendant (là est son tour de force), la production théorique d’extrême droite d’avant 1945, est en passe de devenir progressivement et insensiblement l’opinion dominante et de mettre corollairement au pouvoir l’extrême droite politique dans une majorité irréversible de pays.

 

La conférence est organisée par les membres de l'atelier "armes théoriques pour militer!" de Nuit Debout Nice. Elle sera donnée par l’un d’entre eux, Alessio Moretti (docteur en philosophie et en logique, militant Nuit Debout Nice). Elle sera ouverte aux questions de la presse et des auditeurs

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