IVG, prévention et contraception

GMRBachelot25avril09.avi © quatuorlindsay
GMRBachelot25avril09.avi © quatuorlindsay
GMRBachelot25avril09.avi © quatuorlindsay

 

Madame Bachelot-Narquin, ministre de la santé et des sports, s'alarme cette semaine du nombre élevé d'IVG pratiquées sur le territoire.

Alors que la pilule contraceptive s'est démocratisée, les conclusions du rapport de l’Inspection générale des affaires sociales qui lui ont été présentées, dénombrent près de 200 000 avortements annuels, la moitié concernant des femmes déjà sous contraception.
Selon la ministre, ces chiffres élevés doivent être perçus comme un échec de la politique de prévention, qu'elle propose donc de renforcer jusqu'en milieu scolaire. Bonne initiative, mais cela peut -il suffire? Depuis dix ans, chaque année, le nombre de gynécologue médicaux par habitante diminue inexorablement. A tel point qu'aujourd'hui, en 2010, il ne reste qu'un millier de ces praticiens pour trente millions de femmes en âge de consulter, ce qui constitue un réel problème d'accès au soin et à la prévention.
Dans le plan "Hôpital, Patient, Santé et Territoire" voté en 2009, la gynécologie médicale est considéré comme un soin de
"premier recours" et s'inscrit donc dans les attributions des médecins généralistes, ce qui, à l'heure actuelle pose problème:


(Medecin généraliste, propos recueillis le 1er mai 2009)
Le problème n'est pas tant l'attribution de cette spécialité au généraliste si elle se complémente d'une formation préalable,
mais celle-ci ne doit pas se faire au dépend des gynécologues spécialistes dont les prestations sont plus chères et moins remboursées.

(Madame Bachelot propos recueillis le 25 avril 2009)
Malgré ces déclarations et un vote favorable du sénat pour un amendement en faveur d'un accès direct des femmes au gynécologues,
madame Bachelot refusa de l’inscrire dans la loi HPST, l
aissant les femmes françaises dans une situation où la prévention est active
mais où les soins préconisés sont difficilement accessibles et inégalement répartis.

( Féministe, propos recueillis le 1er mai 2009)
Si en France le nombre de cancers du col de l’utérus a été divisé par 4 en 20 ans, si les femmes ne sont plus que 14% à ne plus avoir d’utérus à 50 ans, contre 30 à 46% dans le reste de l’Europe, c’est en tout premier lieu grâce au suivi gynécologique, à tout âge de la vie.

C'est dans ce contexte de disparition programmée d'une exception sanitaire française, que se tiendront le 28 mars 2010 à Paris, les assises de défense de la gynécologie médicale, au nom de la santé des femmes.

 

A.B

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.