Été 2019, un voyage en Bosnie-Herzégovine

J'évoque dans ce billet des aspects de la guerre de 1992-1995. Certains passages peuvent être durs. J'ai tout fait pour rester le plus factuel possible. Bonne lecture.

Après une année fatigante – avec entre autres, un tas d’incidents plus graves les uns que les autres au lycée ; une réforme à combattre ; un baccalauréat à retarder/sauver et d’autres embûches de la vie – quoi de mieux qu’un voyage de deux semaines de Sarajevo à Mostar en passant par Srebrenica ? Plus sérieusement, il y a deux ans, j’ai passé un mois à Cuba. Ce fut intense. Durant le voyage, je m’étais dit qu’il fallait que j’écrive et je ne l’ai pas fait. Mais là, je ne vais pas laisser passer l’occasion de taper un truc. J’en ai besoin. Nous sommes rentré.e.s hier. Il faut que ça sorte ce soir.

Avant de commencer, je précise que je ne sais pas à quoi va ressembler ce « billet ». Un mélange de beaucoup de choses : un carnet de voyage, de l’histoire, mes doutes, mes ressentiments, mes peines, mon envie d’y retourner – sous la neige ou pas – dans quelques années. Je tiens également à préciser que ma compagne est enseignante dans le supérieur, et a enseigné ce qui s’est déroulé en Bosnie-Herzégovine entre 1992 et 1995, pendant 3 ans. Dans son cours, elle parlait aussi du génocide des Tutsis au Rwanda. Notre rencontre fut spéciale (imaginez nos discussions du début) et nous prévoyions depuis longtemps d’aller à Sarajevo. Nous étions donc prévenu.e.s pour ne pas dire « armé.e.s ».

Pour ne pas partir dans tous les sens, je vais prendre les choses dans l’ordre de notre voyage. Quand c’est clair – contrairement à notre guide, parfois – ça me rassure.

Pour vous repérer, voici une carte. Allez savoir pourquoi Google n’indique ni Potočari ni Srebrenica.

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Jour 0 : Nous arrivons vers 21h à l’aéroport de Sarajevo. Aéroport dont nous reparlerons. Un homme et une femme essaient de nous arnaquer (Cuba, es-tu là ?) mais finalement nous trouvons un taxi au prix conseillé par le guide (oui, vous savez le petit « futé »). Le conducteur ne nous adresse pas un mot, trace à travers la ville (pas un feu rouge dans mes souvenirs : les détails, toujours les détails) et nous dépose à notre location. Nous y dormons 5 nuits. Tout y est parfait. L’accueil de Nina est au top. Elle nous préparera le café bosnien tous les matins (et du thé chinois). Hvala Nina ! Oui, j’ai appris deux mots en – au choix – bosniaque, croate ou serbe (le serbo-croate avant la guerre) : merci et bonjour. Je vous dis qu’il faut y retourner !

Jour 1 : Nous sommes donc hébergé.e.s dans un quartier (qui n’est pas sur la carte du guide) du nom de Vratnik. Pour rejoindre la vieille ville, il faut descendre une côte. Voilà, Baščaršija le quartier ottoman (XVème siècle). Quartier piéton avec la place aux Pigeons, les plus importantes mosquées, ses boutiques pour touristes et ... les touristes ! Partout ! Nous nous baladons au milieu de touristes européens, turcs et de la péninsule arabique. Ces derniers sont très présent.e.s depuis 3-4 années aux dires de Nina. C'est la première fois que je croise autant de femmes en niqab. C'est assez déroutant.

Nous nous éloignons des touristes et cherchons la bibliothèque qui a été bombardée durant le siège de Sarajevo, dans la nuit du 25 au 26 juillet 1992. Il y a 26 ans, donc. Nous tournons en rond, allons devant un batiment jaune. Repartons. Des problèmes d'orientation et les premières emmerdes avec Googlemap. Finalement, nous y étions ! Donc demi-tour. L'entrée est payante. Nous apprenons que c'est maintenant l'hôtel de ville et qu'elle n'a plus l'air du tout d'une bibliothèque à l'intérieur. L'entrée est payante. A noter, les deux plaques à l'entrée.

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C'est là que les premières questions se posent. Que signifie « Serbian criminals » ? Nous ne saurons pas.

Jour 2 : Allons voir ce fameux pont Latin où se sont fait assassiner l’archiduc François Ferdinand et sa femme Sophie. Une plaque indique qu’un monument a été installé en juin 1917 puis enlevé en février 1919. Maintenant des cadenas sont attachés au pont par les amoureux.ses.

Direction ensuite le téléphérique qui a été installé pour les Jeux Olympiques d’hiver de 1984. Tout le monde n’y est pas à l’aise mais la vue est magnifique. En haut, le temps de prendre un café, fumer une clope, prendre quelques photos, un orage pète au loin puis se rapproche. Il pleut. Les touristes (encore eux !) se réfugient dans le hall du téléphérique et les américain.e.s (?) parlent fort mais fort ! Deux petites filles (des sœurs ?) dansent sous la pluie. Finalement ça se calme, et nous descendons voir les pistes de bobsleigh qui servent maintenant aux sarajévien.ne.s de pistes de vélo ou de murs pour réaliser des tags.

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Les cordes tombent à nouveau. Une bosnienne attends comme nous sous la piste, à l’abri. Elle nous propose de descendre en voiture avec son frère qui vient la chercher. Première expérimentation de la conduite bosnienne et arrêt dans un café pour discuter. Un café où le menu est en arabe. Je demande une bière, on me répond d’aller en ville. Ma compagne dit grazie, le serveur répond en italien. Mais c’est également notre première rencontre. Elle parle tellement bien l’anglais. Des notes sont prises. J’ai eu l’ambition d’aller en boîte – des adresses ? – mais j’ai maintenant 30 ans. Nous n’y sommes pas allé.e.s…

Le soir, nous prenons une pizza que nous ne finirons jamais. Le diamètre est démesuré.

Jour 3 : Après un ou deux cafés, un burek (pita avec viandes hachées et oignons, une merveille !) et je ne sais plus quoi, nous nous lançons dans une visite guidée de Sarajevo à propos du siège de 1992-1995. Le guide avait 5 ans en 1992, ses parents l’ont envoyé en zone libre. Son père a combattu. J’ai déjà fait un fil Twitter sur la première partie (https://twitter.com/ehbeh_1917/status/1155440966758817792?s=20).

Je reprends à la fin du fil, donc. Le mont Trebević est celui où nous étions la veille. Cette fois c’est différent. Il fait beau. Le guide nous parle de la guerre. Sans arrêt. Quelques questions, mais il parle. Là où il pleuvait la veille, un autre guide nous explique les impacts de balles sur la piste de bobsleigh. Il dit « nous » et nous parle de l’absurdité de la guerre : gagner quelques mètres, les perdre, les reprendre. Depuis le mont Trebević, les forces bosno-serbes ont bombardé Sarajevo pendant 45 mois. 45 mois. Nous nous arrêtons dans un ancien hôtel restaurant laissé à l’abandon. Avec une vue idéale sur Sarajevo pour boire, manger, danser mais aussi bombarder. Sur les murs des tags, au sol des débris et des merdes de chevaux sauvages.

Cela fait maintenant bien 4h que nous sommes parti.e.s et nous continuons. L’avant-dernier arrêt est le Cimetière juif de Sarajevo.  De là, des snipers se plaçaient pour tuer les sarajévien.ne.s. Nous apercevons la Sniper alley. Le guide nous parle du tourisme de guerre de l’époque. Des touristes venaient le week-end tuer des gens depuis cette hauteur. Cette tombe est criblée de balles. Les forces bosno-serbes incluaient l’entrainement avant.

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La visite se termine avec vue sur la ville, depuis l’ouest.

Jour 4 : Vous comprenez bien qu’après une telle après-midi du repos s’imposait. De l’orage dehors et nous à l’intérieur de la piscine du Swissôtel. Du grand luxe à petit prix.

Jour 5 : Direction Tuzla. Nous louons une voiture. Le taxi oublie nos bagages dans le coffre : je cours. Pour rien. Le loueur appelle Nina qui appelle la compagnie de taxi qui appelle le chauffeur. Ce n’est que le début de la journée. Nous récupérons nos valises. C’est le moment où arrive notre « accident », une heure après. Quand je vous dis que ce n’est pas terminé… L’objectif était d’aller voir les chutes de Skakavac (les plus grandes du pays, oui, oui : 98 mètres !). C’est à 15 bornes de Sarajevo, le temps est dégueulasse et Googlemap nous emmerde à nouveau. Pour la faire courte, en face de moi une voiture. Ce qui m’oblige (on va dire ça !) à prendre un virage à droite un poil trop serré. J’entends un bruit (on va dire ça aussi !), je vois un bosnien me dire de m’arrêter. Je m’arrête et descends de la voiture. Le problème c’est qu’une des roues ne touche plus sol. Ma compagne saute pour descendre du véhicule. Des hommes (ils sont maintenant 3 ou 4. Les détails, j’vous dis !) m’aident et m’indiquent quoi faire. La voiture est finalement « dégagée ». C’est bon, on a pris une full insurance, ils n’ont pas les empreintes de ma carte bancaire (telle est la situation aujourd’hui, hein). Finalement, nous prenons la fameuse route à droite pour finir par remonter dans le village pour finalement se retrouver à la fameuse intersection (un troupeau de moutons entre temps) et se rendre compte qu’il faut aller … tout droit ! D’après le guide, 1 km plus loin, la route – enfin le chemin – est « relativement correct » : faux ! Nous arrivons finalement à l’hôtel-restaurant Promaja qui est en fait un chalet de montagne : allez-y ! On y mange bien, il y a deux chats et un chien, des calendriers avec Tito et on y rencontre un couple de touristes anglais qui vous veulent du bien. Pour la dernière occurrence, c’est faux. Enfin pour nous. J’vous explique. Pour rejoindre le parking et voir les chutes, il y a encore un chemin sur 4km. Prenons la voiture, nous ne sommes pas à ça près. Allons-y à 4, donc ! Après un passage particulièrement compliqué (désolé les roues de la voiture), nous arrivons au dit parking. Ils sont étudiant.e.s, nous sommes enseignant.e.s. Là, nous aurions dû sentir venir le traquenard ! En fait, ils veulent descendre aux pieds des chutes. Nous, nous sommes assez paumé.e.s : pas d’eau, en jeans, avec sac pour se balader en ville, bref des amateurs ! Eux, viennent de Sarajevo à pieds ! A quel moment ? A quel moment, ne faut il pas se dire good bye, have a good journey ? Nous ne l’avons pas fait. Les chutes sont magnifiques mais nous sommes à deux doigts de laisser nos poumons pour remonter les 600 mètres de dénivelés en 15 minutes (oui, oui !). Eux, ils ne transpirent pas ! La discussion ne vaut pas les efforts. Finalement, nous trouvons le point de vue en haut de la falaise !!! Retour au chalet, après 4 km de descente qui se passent crème. Ils boivent deux gorgées, vont pisser et se barrent. Personnellement, je prends une bière ! Si vous les croisez, vous m’appelez : ils sont jeunes et fringants. Je ne vais pas m’étendre sur les 3-4 heures de routes au lieu de beaucoup moins à cause d’un bus lent, très lent…

Jour 6 : Visite rapide de Tuzla : le centre est petit.

Intermède musicale : j’écris ce billet en écoutant des CDs achetés à Tuzla : Dubioza Kolektiv (du rock,reggae,ska), Jala & Buba Corelli (du rap) et une compilation de musique traditionnelle bosnienne du nom de Sevdah.

Ensuite, nous allons aux lacs Panoniens (grands absents de la carte de notre guide). Ce sont des lacs artificiels d’eaux salées : Tuzla signifie « l’endroit du sel ». Il y a des sources. Nous devions nous y prélasser. Nous y rencontrons finalement un couple bosno-français. En effet, nous ne comprenions rien à la carte et nous avions faim. Ils nous aident, nous paient à peu près tout et nous parlent. De midi à 17h. Là ça devient personnel et difficile. Ils habitaient dans une zone serbe plus à l’ouest du pays. Ils ont souffert. Il a fait 4 mois en camps de concentration. Ils ont eu l’asile politique en France. Son frère qui est là s’est retrouvé en Norvège. Pour trouver une respiration, je parle football. J’apprends que Zlatan Ibrahimović est né pas loin et s’est retrouvé en Suède avec sa famille. Nous ne savions pas que les déplacé.e.s avaient été envoyé.e.s un peu partout. Pour le reste, cela nous appartient…

La route est longue jusqu’à la prochaine étape : Planinski Kamp Jazavcije rupe. C’est un lieu avec des bungalows trouvé par hasard sur Booking. Le lieu est magnifique (même si la voiture a encore souffert sur le chemin) au milieu des sapins, des montagnes. Le couple, enfin surtout la femme qui est prof d’anglais, est super accueillant !

Jour  7 : Le jour le plus long du voyage. La visite du Mémorial du génocide de Srebrenica à Potočari. Nous avons vu le cimetière puis le musée. Je ne sais quoi vous en dire. Ma compagne va écrire un billet à ce propos (lien à venir). Nous avons pleuré après avoir vu un film de 30 minutes. J’ai quitté la salle à temps, elle a pensé qu’ils ne montreraient pas la fin de l’enregistrement des serbes : l’assassinat des 6 dernières victimes. Leur exécution.  Juste avant, l’homme qui vient de nous lancer le film avec gentillesse et qui vient de fermer le musée (il y avait maximum 5 voitures sur le parking…), nous désigne un homme pendant des images de la marche de la mort de 6 jours et 6 nuits entre Srebrenica et Tuzla : « that’s me ». Il avait 19 ans. Il a écrit un livre non traduit en français, mais nous l’avons acheté en anglais. Il faut que je le lise. Il est bientôt invité à Bruxelles et au parlement d’Ecosse. Il nous dit que depuis tout ce temps, il n’a reçu aucune invitation venant de la France. ZERO. RIEN. Bref… Il nous indique un dernier lieu dans un grand hangar qui était à l’époque le lieu de base du Dutch battaillon.  Nous pleurons. Nous n’avons plus la force. Je ne cesse de me répéter : « j’avais 6 ans, j’avais 6 ans, j’avais 6 ans ».

Nous allons boire un verre à Srebrenica. Puis rentrons à notre bungalow. Là des motards serbes (et un roumain, qui parle un peu français car grutier à Bruxelles) nous invitent à leur barbecue. Ça parle malgré nous politique. La vie est chère à Belgrade. La corruption est partout. Macron est venu, ils ont barricadé la ville. Il faut aussi, dit-il, aller en Serbie pour tout comprendre. La question demeure.

Jour 8 : Direction Višegrad. Nous continuons notre périple en République serbe de Bosnie. Est-ce nous et nos visites ou les serveurs serbes sont moins sympas ? A Višegrad, il y a un magnifique pont sur la Drina. Notre logement est juste à côté. Mais il y aussi Andrićgrad. Une ville qu’Emir Kusturica (vous savez le si célèbre réalisateur) a construite pour le tournage d’un film sur le livre d’Ivo Andrić, prix nobel de littérature en 1961. La « ville » est inaugurée en 2014. Une sorte de disneyland serbe. Nous ne savons plus s’il faut en rire ou en pleurer. Nous vous conseillons de lire cet article sur Kusturica : http://yougosonic.blogspot.com/2012/02/pour-en-finir-avec-emir-kusturica.html et ensuite de détruire tous vos DVDs ou CDs à coups de marteau. Je m’apprête à le faire.

Jour 9 : Nous trouvons à la sortie de Višegrad le cimetière musulman de Strážište avec une plaque. Sur cette plaque, la mairie a fait enlever le mot « génocide » à la disqueuse.

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Oui, car à Višegrad d’après le Tribunal pénal  international pour l’ex-Yougoslavie, 3 000 bosniaques furent tué.e.s. A partir de mai 1992, les forces paramilitaires serbes ont massacré hommes, femmes, enfants, vieillards et nouveau-nés, notamment sur le fameux pont Mehmed Pacha Skolović avant de jeter les corps dans la Drina. De plus, deux cents femmes bosniaques ont été détenues, violées, torturées puis tuées à l’hôtel Vilina Vlas. Pendant des mois. Certaines se sont suicidées. Une dizaine de survivantes. Après la guerre, l’hôtel a été rouvert aux touristes. Un film Les Femmes de Višegrad réalisé par Jasmila Žbanić est sorti en France en 2014. La réalisatrice a dit que ce film est « un mémorial pour les femmes à qui aucun mémorial  n’a été dédié ». Ce docu-fiction raconte le choc d’une actrice australienne, Kym Vercoe, alors touriste qui a dormi dans cet hôtel.

Direction Mostar. Il y a encore un joli pont. Et des touristes partout.

Jour 10 : Le centre historique se visite en 2-3 heures. Notre visite la plus marquante est celle de la Cathédrale de la Sainte-Trinité en reconstruction. Nous sommes samedi donc il n’y a personne. Nous rentrons pour la seule et unique fois dans une église.

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Enfin, après un repas et une sieste direction le stade Rođeni du FK Velež de Mostar. L’équipe perd contre Zenica mais il y a une bonne ambiance ! Nous prenons le soleil. Les supporters adverses rentrent 10 minutes après le début et sortent 10 minutes avant la fin. Ça se passe comme ça, ici.

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Jour 11 : Visite de Blagaj et Stolac aux alentours de Mostar. C’est joli, c’est touristique, la truite grillée est très bonne mais ça sent la fin du voyage.

photo prise au tekké de Blagaj photo prise au tekké de Blagaj

Jour 12 : Retour à Sarajevo. Nous passons par hasard devant le marché de Sarajevo. Ici deux massacres : le 5 février 1994 avec 68 morts et 144 blessés ; le 28 août 1995 avec 37 morts et 90 blessés. Ce dernier pousse l’OTAN à déclencher une campagne de bombardement de deux semaines sur les forces bosno-serbes.

photo d'une rose au marché de Sarajevo. les habitant.e.s ont peint les endroits où des obus ont explosés. photo d'une rose au marché de Sarajevo. les habitant.e.s ont peint les endroits où des obus ont explosés.

Jour 13 : Visite de la Galerija 11/07/1995 sur le génocide de Srebrenica et des œuvres d’art réalisées pendant le siège de Sarajevo (https://galerija110795.ba/exhibitions/permanent-exhibition-srebrenica/). Elle se trouve dans un immeuble au 3ème étage. Planqué, quoi.

œuvre de TRIO Sarajevo © TRIO Sarajevo œuvre de TRIO Sarajevo © TRIO Sarajevo

Direction l’aéroport.

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Nous discutons avec un Albanais qui est venu deux jours. Idée de voyage la prochaine fois : Sarajevo – Podgorica – Tirana – Skopje – Pristina – Sarajevo ?

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