Alep est tombée, la mobilisation continue

Les Syriens n'ont pas à rougir de leurs revendications et demandes réformatrices en 2011. Ils ont été punis pour avoir fait obstacle au régime d'un clan, à son petit système mafieux, soutenu par des réseaux à l'international. Les Syriens ont payé l'envie de réformes au Moyen-Orient menaçant des organisations de guerre-froide et ils ont été victimes d'un déni de la société civile.

Le peu de mobilisation civile internationale résulte d'une désinformation, propagande et rhétorique diffusées par des réseaux extrêmes : des civils assimilés à des terroristes aidés par des politiciens assimilés à des complices de DAECH. Le déferlement d'images aux sources incertaines n'a fait qu'amplifier le phénomène. L’œil sur DAECH dans l'espace médiatique, également, organisation de mercenaires étrangers ayant ciblé civils et rebelles.

 

Les Syriens ont manqué d'une campagne obstruée par des partis au niveau européen, on l'a vu sur le rapport CÉSAR. Les Syriens, outre la négligence et les atteintes délibérées du régime, ont également souffert de l'obstruction menée à l'ONU par la Russie et la Chine refusant toute démarche de pénalisation des crimes en Syrie et la mise en œuvre d'une aide humanitaire refusée par Assad et/ou distribuée de façon discriminatoire.

 

Tous les crimes perpétrés par le régime et les milices dont DAECH sont néanmoins actés dans des documents officiels permettant d'appliquer des sanctions étatiques contre les régimes responsables et d'engager pour les Syriens victimes d'atteintes par des personnes, des actions pénales. Des membres de la société civile qui suivent la Syrie depuis 2011 (et même avant) n'oublieront pas et témoignent toute leur solidarité aux Syriens.

 

La condamnation de la répression militaire d'un gouvernement soutenu militairement par Poutine (qui a compromis les Russes), sur ses administrés, ne restera pas lettre morte et l'accueil des réfugiés, une solution militante. Un travail sur le rôle de Damas dans la guerre civile libanaise, ses liens avec le terrorisme, les assassinats politiques et ses agissements menaçant l'ordre international, est en cours.

 

La société civile doit continuer la modibilisation en faisant appel à des journalistes, historiens et juristes notamment.

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