Soudan, crimes et turpitudes d'un système mondialisé permettant l'impunité

Hier, Omar al Bachir a pu regagner le Soudan après avoir participé à un sommet en Afrique du sud. Un mandat d'arrêt international demande son transfert depuis 2010, suite à une décision de la Cour pénale internationale pour la campagne anti-insurrectionnelle qu'il a lancée contre des civils dans le Darfour, des civils non-impliqués dans le conflit avec les rebelles.

 

Le Soudan compte des rebelles sur un territoire policé et corrompu, dans lequel les civils n'ont aucun moyen juridique pour faire valoir leurs droits. Le recours à la force est donc, depuis longtemps, la seule alternative des civils exclus du système d'Omar al Bachir qui favorise exclusivement son clan et s'appuie sur des théories douteuses relatives à la "négritude".

 

Le chef d'Etat soudanais utilise notamment des mercenaires étrangers et miliciens claniques pour organiser la répression et s'appuie sur l'armement organisé via les zones frontalières. Parmi les crimes de guerre et crimes contre l'humanité qui sont imputés à Omar al Bachir: empoissonnement des puits, pillages, destructions d'habitation, etc.

 

Dans un Etat endetté jusqu'au cou qui consacre un budget faramineux aux dépenses militaires, Omar al Bachir est le parfait exemple de l'homme d'Etat qui s'est enrichi grace à la corruption et au trafic d'armes, en bradant le pétrole des soudanais à des industriels peu scrupuleux qui entretiennent son système. Dans cet Etat, la presse n'est pas libre et aucun accès aux rebelles n'est permis.

 

On voit, en tous les cas, la place accordée au droit et à la loi par le régime sud-africain. Toute la communauté internationale engagée sur la question des droits de l'Homme et de la justice (ONGs, Avocats sans frontière, Human rights watch, Amnesty international, Cour pénale internationale, etc.) a condamné un tel blanc-seing à l'impunité.

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