Yémen : Petit rappel concernant les dictatures arabes, le régime iranien et les copains conservateurs

Si les Etats ont le droit de répondre à l’appel d’un autre Etat, l’intervention doit respecter un cadre légal. Le bombardement de civils est illégal. Les dictatures arabes et l’Iran, avec l’aide de forces économiques et politiques étrangères conservatrices, jouent aux pompiers incendiaires. D’où viennent les armes utilisées par les Yéménites, à partir que quels territoires voisins entrent-elles ? Avec le soutien de quelles banques? Pourquoi les Etats parties au conflit n’ont pas mandaté l’ONU davantage pour aménager un "peace building" et pour missionner des casques bleus faisant tampon entre les populations? La pratique onusienne des années 90 a fait ses preuves, notamment en Europe de l’Est. Ce sont bien ces Etats qui limitent les lois et actions de l’ONU et qui sont à l'origine du délitement de la pratique du droit international.



Ce sont ces régimes qui alimentent le terrorisme (en laissant les frontières perméables alors qu’elles sont pourtant contrôlées dans ces Etats policés, en autorisant des écoles douteuses, en paupérisant la population et la radicalisant). Le tout, en instrumentalisant les civils via des chefs locaux/autorités morales locales, roitelets dans leur fief depuis des générations. Cette guerre contre "le terrorisme" (illicite) qui s’opère via des mercenaires (strictement interdit) contre des civils sans différenciation (illicite), est en fait une guerre féodale et clanique profitant notamment à une certaine industrie (celle du mercenariat privé, de l’armement, renseignement et "sécurité"). Les acteurs de cette industrie sont largement identifiés et les Etats consommateurs également.



Et faire passer son opposition pour des "terroristes", en précisant que la démocratie n’est pas une solution pour une population "non-éduquée" et "violente", est un discours infantilisant mis en place par plus d’une dictature qui ne font rien pour "éduquer" sur le pluralisme/vivre-ensemble et pour organiser une redistribution des richesses via des politiques publiques pluralistes faites pour l’intérêt général. Ces Etats n’appliquent d’ailleurs pas la politique onusienne (et font même barrage) pour lutter efficacement contre le terrorisme dans le respect des droits de l’homme : la lutte contre la corruption, la lutte contre la criminalité organisée, le commerce de l’armement, l’opacité des transactions et l’ingérence politique.


USA/ Israël/ Russie/ Iran/ Syrie/ Arabie Saoudite/ Egypte/ Qatar/ Vatican/ Pakistan/ Chine : aucun de ces Etats "pro-peine de mort" n'a signé les conventions sur ces sujets. Aucun n’a, non plus, reconnu la compétence de la Cour pénale internationale. Aux USA, les personnalités qui soutiennent cette politique comptent parmi les plus conservatrices et idéologiquement proches des dictatures visées. Les civils doivent ne pas répondre aux divisions dont ils sont le conditionnement, les complices et victimes. Il faut, par contre, les protéger des mercenaires armés et s'intéresser de près à ce réel problème qui relève du non-dit. La solution est démocratique et politique. Et ces dictatures sectaires, autoritaires et s’octroyant un monopole moral sur leurs populations, n’ont aucune légitimité dans un monde d’adultes autonomes. Elles délégitiment la démocratie via un discours "anti-occidental" (s'appuyant sur une histoire instrumentalisée) et constituent un danger pour les civils et pour la paix.

 

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