Petit précis d'histoire du libéralisme à destination de François Fillon

La gauche en campagne va avoir à revenir sur le libéralisme (moral, politique et économique) et montrer que François Fillon n'est en rien libéral.

Le libéralisme est né dans des régimes autoritaires verrouillant la morale, le jeu politique (non pluriel) et l'économie. Le libéralisme est né à gauche (ceux qui se sont placés à gauche du roi pour demander des libertés), n'en déplaise à la droite. Contre les monarchistes et ultras, le libéralisme s'est donc façonné autour de divers courants.

 

Le libéralisme (né au XVIIIème siècle / essor au XIXème siècle) militant pour le pluralisme politique et les droits de l'Homme dans des régimes autoritaires, a mis l'accent sur les libertés contre un Etat censeur. Économiquement, les libéraux ont prôné un pluralisme économique contre des monopoles étatiques au profit d'un groupe dominant.

 

Le XIXème (autoritaire) a également vu naître des courants radicaux refusant le jeu pluriel et les libertés individuelles au nom d'un idéal collectif : gauches radicales éclectiques allant des saint-simoniens qui ont mis en avant l'importance d'une mutualisation du capital dans l'industrie, aux utopistes à la Fourrier, en passant par Blanchi et l'insurrectionnalisme de Bakounine).

 

Au XIXème siècle, donc, les courants à gauche des exécutifs de régimes autoritaires (monarchies, empires) ont été divers et variés, d'inspiration libérale pour certains (mettant l'accent sur les libertés individuelles, le pluralisme via l'impôt, les réformes via la loi, etc.) et d'inspiration autoritaire pour d'autres (révolution, réforme par les armes, dictature, etc.).

 

Le libéralisme économique, qui prend son essor aux XVIIIème-XIXème siècles, ne prône pas le laisser-faire, ni la fin de l'impôt et l'Etat minimum, celui-ci devant simplement devenir plus libéral (voir la fiscalité de l'époque) et sociétal. Ni Smith, ni Ricardo, entre autres classiques, ne se sont élevés contre l'impôt en assimilant l'Etat à l'ennemi des masses et des riches.

 

Des économistes tels que Keynes ont même montré la nécessité d'une super structure comme levier économique de relance, devant rechercher un équilibre entre divers intérêts, notamment le capital et le travail. Le libéralisme économique s'inscrit toujours dans une critique de l'Etat autoritaire (agissant contre les libertés) et une recherche de modération (paix, stabilité, essor, etc.).

 

C'est à la fin du XIXème/début du XXème (siècles autoritaires) qu'une pensée néolibérale (radicale) va poindre en Europe, puis aux Etats-Unis, visant à ôter à l'Etat toutes ses prérogatives. Etat qui, dans la pensée libérale et hamiltonienne, protège pourtant les citoyens de tyrans dans leur fief via la loi collective décidée pluriellement au parlement (confrontation d'intérêts).

 

Le néolibéralisme économique ou libertarianisme (dérivé) est issu des travaux de Von Mises, Hayek, Friedman et s'exporte dès la fin des années 40 (société du Mont-Pèlerin). Diffusé par des économistes via des mécènes, il favorise les concentrations et monopoles dans une économie non plurielle. Un dérivé radical du libéralisme économique dont l’objectif politique n'est pas libéral.

 

Il suffit d'aller voir du côté des Chicago boys au Chili pour se rendre compte que les thèses néolibérales ont surtout conforté des régimes autoritaires moralement conservateurs, tel celui de Pinochet soutenu par Friedman, lequel a appuyé l'éviction illégale d'Allende. Il suffit également de reprendre les écrits de Von Mises sur le fascisme, passage obligé, pour comprendre l'idéologie.

 

Le libéralisme n'appartient donc en aucun cas à la droite (contresens historique) et la gauche antilibérale, au service de son maître entre Moscou et Pékin jusqu'à Cuba et au Venezuela, n'est pas la seule gauche (autre contresens historique). Il est faux de prétendre que le "pacte de responsabilité" de Hollande est une politique de droite (revoir ses annales).

 

Et François Fillon qui prône les idées extrémistes de libertariens dérégulateurs opposés à l'Etat de droit et à l'ONU, qui vante la famille unique/ modèle unique en s'appuyant sur des conservateurs et des régimes autoritaires anti-démocrates ne jouant pas le jeu conventionnel onusien (Syrie, Moscou, Chine et leurs vetos), n'est en aucun cas libéral mais poursuit le dessein de révolutionnaires antilibéraux.

 

Démonstration est faite.

 

 

 

 

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