Brest : "Elus, souriez, vous n'êtes pas filmés !"

Ce lundi, la ville de Rennes renforce son dispositif de diffusion des Conseils Municipaux. « Voir, commenter, partager » : cette nouvelle formule mise sur l'accessibilité, le partage et le débat. Le cauchemar des élus brestois ?

 

Le droit des habitants de la commune à être informés des affaires de celle-ci et à être consultés sur les décisions qui les concernent, indissociable de la libre administration des collectivités territoriales, est un principe essentiel de la démocratie locale.” (Loi N°92-125 du 6 février 1992).

Le Conseil Municipal est un moment important de la vie de la cité.

C’est une occasion régulière de faire un point sur les petits et grands projets de la Ville, de contrôler l’action, les prises de position et les délibérations pour mieux voir la cohérence entre les paroles et les actes.

Pourtant, la participation du public à ces conseils n’est pas facilitée. Les horaires sont souvent incompatibles avec les emplois du temps de la majorité des administrés et les informations relatives aux plannings des Conseils sont rarement relayés par les réseaux sociaux officiels.

Pour pallier ces obstacles à l’information des citoyens, vingt ans après les premières expérimentations en la matière, onze des treize métropoles françaises proposent aujourd’hui un service de retransmission vidéo en direct et en différé de leurs Conseils. A ce jour, seuls Rouen et Brest n’ont pas encore mis en place ce système.

 

Et cette dernière ne semble pas près de proposer à ses administrés un outil démocratique de contrôle citoyen pourtant testé et approuvé par des dizaines de villes françaises, mais que le PS local n'apprécie que modérément. Doux euphémisme.

En 2015, lors d'un débat de campagne, Marc Labbey, ex-conseiller municipal et candidat sortant aux Départementales, ne dissimulait pas son mépris face à l'idée de diffuser les séances de Conseils, qui conduirait, selon lui, certains élus à « se donner en spectacle ». Pourtant, trente ans plus tôt, le Télégramme de Brest écrivait, au lendemain d'une séance, « Du marivaudage, du Courteline, de la tragédie classique, de la grosse farce : tous les genres y passent ». Sans l'aide de caméras.

Et lorsqu'une initiative citoyenne fut lancée, au printemps dernier, pour ouvrir le débat et assurer ce service public en attendant sa prise en main par la collectivité, elle n'obtint que le silence de Ronan Pichon, élu EELV au numérique, le courroux du sanguin Renaud Sarrabezolles, premier adjoint du Relecq Kerhuon (qui affubla les auteurs de l'initiative du doux nom de « sycophantes vidéastes »), et l'agacement non dissimulé de François Cuillandre, maire PS de Brest. « Souriez, vous êtes filmés. » lança t'il à l'assemblée, à la vue de caméras loin d'être cachées.

 

Dès lundi, les citoyens rennais auront droit à plus d'interactivité. A Brest, même les versions audio ne sont plus disponibles depuis le début de l'été...

 

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