Contre cette France

Provocation. C’est bien le mot. Contre cette France et non contre la France. Bien que, dans le fond, j’ai hésité à user du terme « la ». La France qui expulse. La France exploiteuse. La France pollueuse. Quel dégoût d'être la France.

La France. Si Charles Trenet la voyait douce. Si Jean Ferrat voyait en elle celle des travailleurs. Si beaucoup la pense « pays des droits de l’homme ». Si, si, si…

Renaud, avant d’embrasser les flics, affirmait, lui, que la France en était le pays (des flics). Ah… la France.

Contre la France.

Contre l’idée d’une France, d’une culture, d’une langue, d’une uniformité trop patriotique. La France, l’idée de la France, y compris républicaine, c’est l’idée de l’uniformité. Uniformité de droite… ou de gauche. Dans tous les cas, la France est bien trop restrictive.

La France est bien un pays de flics. Un pays où les riches sont légions. Un pays où les pauvres le sont aussi.

La France, pays qui s’indigne d’une déprogrammation de film. Et pays qui, en s’indignant de la déprogrammation, ne pense pas à quel point cela doit être douloureux pour les femmes victimes du réalisateur de voir à quel point elles sont, au final, si peu importantes aux yeux de ceux qui débattent. Faut dire qu'une femme morte tous les 2 jours... que les milliers de viols qui sévissent, ce n'est pas très important pour la France. La France, elle préfère parler de liberté alors que celle-ci n'est pas remise en cause dans le cas précis.  

La justice ? Quelle justice ? Celle d’un état policier, capitaliste ? Celle où Gilets Jaunes et les salariés ne sont pas traités à la même enseigne que les Sarkozy, les Tapie, les Polanski, les patrons voyous et pollueurs ? La justice est une duperie : qui croit réellement à la neutralité ? La justice, c’est le pouvoir des dominants. Bien sûr, il y a des cas où celle-ci peut être utile. Mais du moment que cela ne vient pas remettre en cause l’ordre du monde.

La France… quel beau pays pourtant si l’on s’en tient aux montagnes et forêts, aux bords de mer, du sud, du nord, de Normandie aux Charentes, des dômes boisés ardennais aux lavandes provençales. Mais qu’est-ce que la France sinon une illusion ? Qu’est-ce que la république française sinon une fumisterie ?

La France, donneuse de leçon qui produit des armes pour les guerres du monde. La France, impérialiste, coloniale ! La France, qui, même dans son cœur gauche, croit que les autres sont pires que notre pire côté : les ricains, les chinois, les boches, les, les, les… la liste est trop longue.

Qu’y a-t-il de pire pour un français que la France ?

Qu’y a-t-il de pire pour un pays que cette illusion de patrie ? Que cette illusion de peuple ? Oui, quel peuple ? Le peuple qui expulse ou le peuple expulsé ? Le peuple exploiteur ou le peuple exploité ? Le peuple des rues ou le peuple des beaux quartiers ? C’est quoi, un peuple, sinon un mirage très politique ?

La révolution politique à faire, si elle est nécessaire, commence par une chose : rejeter l’idée de peuple, de patrie. Nous sommes un camp, sans doute ! Celui de celles et ceux qui n’ont rien et veulent tout ! Celui de celles et ceux qui partagent l’intérêt commun de changer le monde.

Contre la France. Pour la vie, pour l’amour.

Contre cette France. Pour une identité sociale !

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