Poitiers assiégé par des flics et des hommes en chemises blanches !

Je vis à Poitiers. J’y travaille. J’y milite. C’est une ville plutôt calme, la future ex-capitale de la future ancienne région Poitou-Charentes. Cela n’a jamais empêché l’injustice. Derrière le calme apparent, l’exploitation, le racisme, et toutes les violences capitalistes existent.

Je vis à Poitiers. J’y travaille. J’y milite. C’est une ville plutôt calme, la future ex-capitale de la future ancienne région Poitou-Charentes. Cela n’a jamais empêché l’injustice. Derrière le calme apparent, l’exploitation, le racisme, et toutes les violences capitalistes existent.

Poitiers n’est pas une bulle. Encore moins une terre « socialiste ». C’est une ville dirigée par le Parti Socialiste, qui n’est plus socialiste depuis un bail. C’est, qui plus est, une ville dirigée par un baron local multi-casquettes, un expert du cumul, qui rêve d’un poste ministériel... avant sa retraite de politicien professionnel. Car il n’est assurément point militant. Il est professionnel, dans ce que le terme a de plus laid : la carrière, la froideur, la gestion « libérale », l’ordre, la dystopie du réel. L’anti-thèse du militant. L’homme qui ne fait pas rêver. L’un des fossoyeurs de la gauche, représentant local du parti à la même caractéristique.

Ce parti tient son Congrès national au moment où j’écris ces lignes (5,6 et 7 juin). Le « grand » parti de « gauche » est à Poitiers. 3000 militants concernés. Plus les journalistes... Chouette moment pour le PS et l’UMP (Les Ripoublicains), et toute la droite locale, qui se félicitent d’un événement qui va vivifier l’économie de la ville. C’est l’unité nationale au local. Parfait. Du moment que les « socialistes » dépensent du fric, on se fout des idées, on se fout de tout. On ne discute plus. On compte. Et vous fermerez la porte en partant !

Je ne vais pas vous barber plus longtemps avec mon sarcasme. Je ne porte pas le PS dans mon cœur, nous l’aurons compris. Si j’écris ces lignes, c’est simplement pour témoigner. Témoigner de ce qu’il se passe lorsque le parti censé changer la vie, car de gauche, du moins sur le papier et dans des imaginaires, est dans ma ville. Témoigner pour montrer ce qui change avec cette présence « socialiste ».

Ce qui change, donc, c’est, par exemple, que nombres de restaurants sont privatisés, que les personnes en costards chemises blanches ont envahi les lieux et surtout, qu’il y a des flics partout. Gendarmes, policiers, CRS... qui patrouillent dans le centre-ville pour le Congrès d’un parti de « gauche ». Un Congrès de « gauche » où le mouvement social est à l’extérieur, pour s’opposer à la politique d’un gouvernement à la botte du patronat, et dont les militants se font contrôler par les flics aux ordres du parti solférinien. Des milliers de « socialistes » qui discutent du nombre de milliards à offrir au patronat, pour être moins à droite, ou plus à droite selon les tendances ; de l’intensité de l’austérité à mettre en place : casser plutôt l’école ou la santé, ou bien les deux. Privatisons !... pendant que les syndicats demandent des augmentations de salaires, de meilleurs services publics, que le Collectif de défense de l’ancien théâtre se bat contre la casse de la culture dans notre ville. Pendant que les gens d’en bas, ceux qui font vraiment vivre la société, se battent pour mieux vivre. Le PS discute de droite, la gauche est dans la rue. L’omniprésence du PS dans les médias locaux, une omniprésence stalinienne, ne pourra suffire à éteindre la colère. Celles et ceux qui doutaient encore sont convaincus. Le PS n’apporte que des flics dans ses bagages : pas de rêves, pas d’espoir, pas même de vie et de joie... Ce parti exaspère et fait du mal. La gauche, la vraie, n’a qu’à lui faire entendre en s’assemblant pour s’opposer au gouvernement jusqu’à sa chute sur sa gauche. Prenons le pouvoir puisque nos vies valent plus que leurs profits. Il est temps !


J'ai d'abord publié ce billet sur le site local du NPA. Mais il me semblait utile de le mettre ici, pour information. 

Un article intéressant pour illustrer le mien ICI 

 

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