Nous sommes dans une période compliquée pour la gauche. Le PS au pouvoir détruit avec lui tout espoir de changement social, écologique et démocratique. En témoignent les dernières élections européennes où la gauche de gauche n’a pas récolté les fruits du rejet de Hollande.
La politique menée par ce gouvernement fait grimper le FN qui est donné favoris des sondages pour 2017.
Pourtant la gauche radicale n’a rien à voir avec le PS au niveau programmatique. C’est le PCF, avec ses alliances aux municipales, qui a fait beaucoup de mal au moment où il faut justement se démarquer du PS et même s’opposer totalement au gouvernement qui mène une politique de droite. Mais les alliances opportunistes du PCF n’expliquent pas tout. L’explication réside aussi dans un renoncement spectaculaire du monde du travail et de la jeunesse, désemparé devant la situation. L’abstention restant tout de même le plus grand parti des européennes et les discussions dans le monde du travail témoignent d’une fatalité et d’un rejet ne facilitant pas l’émergence de la gauche anticapitaliste qui ne défend pas seulement un programme, mais également une intervention concrète des travailleurs et des jeunes pour mettre en place ce programme, et non l’attente d’un sauveur suprême éclairé.
L’UMP de son côté n’est pas en ordre de bataille. Elle est tiraillée entre le FN et le centre. Entre un retour de Sarkozy ou une arrivée de Juppé, deux options politiques s’ouvrent à droite, une version soft, bien que dure pour les travailleurs, et une version droite forte, aux relents xénophobes, homophobes, sexistes… Le FN est donc de fait lui aussi pris dans ce débat bien qu’il se défend que non. Des liens existent entre une partie de l’UMP et le FN. Mais une partie du FN a également très envie de travailler (et ça se fait déjà) avec des groupes néo-nazi et fascistes assumés comme le Bloc Identitaire. La direction du FN est d'ailleurs complétement construite autour d'un noyau fasciste. Les manifestations homophobes contre le mariage pour tous ont permis à l’extrême-droite et à la droite, sur fond de mobilisation, de faire des premiers pas ensemble et d’offrir le début du commencement d’une alternative très à droite.
La gauche anticapitaliste doit alors être en mesure de proposer une alternative politique. Cette alternative ne peut pas être construite à froid. Il y a besoin de luttes, de luttes puissantes qui dépassent nos attentes. L'importance de l'émergence de luttes (certaines existent déjà sur la Palestine, à la SNCF, les intermittents, le 12 avril…) pour créer de nouvelles expressions politiques. De nouveaux cadres démocratiques dégagés des vieux appareils bureaucratiques. Créer une nouvelle gauche en somme.
Mais il faut quand même interpeler ces vieux appareils, qui restent représentatifs du mouvement ouvrier. Néanmoins, personne ne pense (en tout cas pas moi) qu'une alternative neuve est possible avec le PCF tout entier, le PG tout entier et EELV tout entier. Mais des petits bouts de partout, et des milliers d'anonymes doivent trouver les chemins de la convergence; et le NPA doit être moteur dans cette perspective, tout en cherchant aussi à rassembler les camarades de LO et les courants libertaires prêts à construire du neuf à gauche.
Cela dit, aujourd'hui, cela passe par la recherche d'une politique de front unique, de confrontations d’idées, d'unités politiques et sociales dès que cela est possible; en gardant toute indépendance politique pour les anticapitalistes, en maintenant une apparition propre d’une organisation indépendante politiquement pour se protéger des dérives possibles.
Il faut parvenir à maintenir le cap pour une alternative à gauche, tout en étant impliqués à fond dans les luttes. Marcher sur deux jambes, construire par en bas en luttant, et interpeller, tout de même, les autres organisations par en haut. Autrement dit, être sur tous les fronts de la reconstruction et de la recomposition politique à gauche, de jouer le rôle de rassembleurs de toutes celles et ceux qui en ont assez de cette société et qui souhaitent voir émerger une alternative à la gauche du social-libéralisme qui ne renonce jamais aux aspirations populaires et qui rompt avec le capitalisme.
Le projet de rassembler tous les anticapitalistes.
Billet de blog 9 septembre 2014
Maintenir le cap pour une alternative à gauche
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