Soutien au collectif La Maison à Poitiers

A Poitiers (86), depuis le 14 septembre 2018, et un jugement du Tribunal d'Instance, un groupe de jeunes mineurs isolés vivent dans la peur d'être expulsés de la maison qu'ils occupent en auto-gestion avec le soutien d'étudiant.e.s et de militant.e.s antiracistes.

Ils vivent à un vingtaine dans des locaux parfaitement entretenus, avec une simple idée en tête, celle que tout le monde a droit à un logement, a droit à la dignité. Ce juste combat est toutefois confronté à une triste réalité : les politiques racistes et anti-sociales du gouvernement actuel et des gouvernements précédents, qui font la chasse aux migrants, et qui ne donnent pas les moyens pour une vie digne. 

Les locaux où vivent actuellement les jeunes appartiennent au ministère de la Justice, cette occupation est donc illégale aux yeux de la justice et de l'Etat français. C'est pourquoi leur expulsion a été demandée. Aucune solution n'a en revanche été proposée, alors que le collectif "La Maison" fait lui des propositions pour faire entrer dans la légalité l'occupation actuelle du lieu (cliquez sur le lien précédent pour les lire).

Mais si l'occupation est bien illégale aux yeux de la justice et de l'Etat, celle-ci n'en est pas moins légitime. On notera par ailleurs que la réquisition des logements vides, pour subvenir aux besoins des populations sans toits, n'est jamais une option choisie par les autorités publiques, alors que le droit à la réquisition des logements vides existe, lui aussi... Nous sommes donc bien, ici, face à des choix politiques. 

Pour que d'autres choix soient pris, des choix qui aillent dans le sens de la justice sociale et de la solidarité, il n'y a pas 36 solutions : il faut se battre, convaincre politiquement qu'il est important d'accueillir, de s'unir pour un monde plus juste, contre le racisme, contre la misère, contre la destruction de l'environnement, pour les droits individuels et collectifs. La mobilisation autour des habitants du collectif La Maison prend donc un double sens : d'abord répondre à une situation d'urgence, celle de jeunes dont il n'est pas question qu'ils soient à la rue. Ensuite mettre en avant l'idée que les hommes et les femmes, à travers le monde, ont le droit de se déplacer et de s'installer comme bon leur semble. La situation concrète autour de la Maison, à Poitiers, est aussi un moyen de faire comprendre qu'il y a des centaines de milliers de cas, partout en France, où l'injustice prospère.

La mobilisation prend de l'ampleur. Pour éviter les expulsions, chaque jour, des dizaines, voire des centaines de citoyen.n.e.s, de jeunes, de militant.e.s, se rendent devant la Maison. Le rapport de force a pris une dimension encore plus intéressante le 20 septembre quand plusieurs centaines de personnes ont manifesté pour demander l'arrêt des expulsions. 

Manifestation de soutien à "la maison" à Poitiers 20.09.18 © Manon Labaye

La quasi totalité des organisations de gauche ont pris position pour soutenir le collectif d'habitants (NPA, Ensemble, PCF, JC, EELV, PG, FI, Génération.s...). Les collectifs et associations impliquées sur la question du racisme et des migrants est très présente, en particulier le collectif D'ailleurs Nous Sommes d'Ici, mais aussi les Etats Généraux des Migrations. 

Reste que la mairie, dirigée à Poitiers par Alain Claeys, chef de fil d'une alliance PS-PCF, ne prend pas position, et se range derrière la décision de justice. Le PS suit cette position, dans la droite continuité des politiques des gouvernements Hollande. 

Pourtant, la municipalité pourrait prendre une décision courageuse : celle de faire le choix de la légitimité, plutôt que celui de la légalité. Oui, la mobilisation serait bien différente si le maire de la ville se déplaçait à 5h30, un matin, pour venir prêter main forte aux militant.e.s qui protègent le bâtiment. La mairie pourrait aussi proposer une solution d'hébergement pour ces jeunes - et pour les 80 personnes qui vivent à la rue actuellement à Poitiers (chiffre des associations locales). 

La lutte pour sauver le collectif la Maison se poursuit ! Poitevin.e.s, rejoignez-là ! Il y a des besoins de nourriture, de monde pour protéger le bâtiment, d'amplifier le nombre de participant.e.s aux initiatives publiques. Contactez-aussi la mairie pour demander au maire de prendre position. Un conseil municipal a lieu lundi, à 18h. Collectifs, partis, citoyen.n.e.s, jeunes appellent à s'y rendre et à demander justice et courage. La force et la combativité doit changer de camp !  

 

 

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