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Billet de blog 24 octobre 2014

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Congrès du NPA. Contribution pour un parti unitaire et anti-système.

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Le prochain Congrès du NPA va bientôt avoir lieu, fin janvier début février.
Quelques textes, y compris sur Mediapart, commencent à circuler. Je pense aussi que les débats d’orientation doivent être publics afin de ne pas tomber dans un entre-soi que personne ne comprend. Nos débats concernent l’ensemble de la gauche radicale, l’ensemble du monde du travail et de la jeunesse. Chacun doit alors connaitre nos divergences pour saisir nos réflexions et comprendre nos décisions.
Les votes et les assemblées générales, entre militants, se tiendront et seront l’occasion de débats internes tout autant nécessaires.
I) Le NPA depuis le dernier Congrès :
Au dernier Congrès nous venions de subir une scission et sortions de campagnes présidentielle et législatives compliquées. Notre rôle politique et notre influence étaient largement diminués ; nos finances très mauvaises.
Nous avions tout de même obtenus une majorité et donc une direction politique (à un peu plus de 50 %) sur un sujet clair, qui a crispé l’essentiel des débats, la construction d’une opposition de gauche pour un gouvernement anti-austérité. La phrase était sujet à plusieurs interprétations mais elle permettait de relancer le NPA dans une politique unitaire d’interpellation avec le triptyque : unité, indépendance, radicalité.
Cette politique a permis à notre organisation de se « refaire une santé ». Notamment aux élections municipales où nous avons été partie prenante de plusieurs dizaines de listes « d’opposition de gauche », seuls quelques fois, avec d’autres souvent (PG surtout, mais aussi avec Ensemble et le PCF, très rarement avec EELV). Localement, dans de nombreuses villes, le NPA est alors apparu « dans le coup », ne reniant pas ses bases anticapitalistes mais travaillant à construire des fronts larges à gauche du PS.
Aux européennes, bien que nous avions les meilleures candidatures (je pense), notamment celle d’Olivier Besancenot en Île-de-France, nous n’aurions, avec du recul, pas dû nous présenter. Nous y avons perdu tout l’argent de notre souscription (400.000€) pour rien, ou presque rien. Cela est dommage. Mais non dramatique. Les erreurs doivent être faites pour ne pas être reproduites.
C’est dans la rue que nous avons su être bons.
Au moment du 12 avril, en interpelant les forces de la gauche sociale et politique, non gouvernementale, pour marcher contre l’austérité et préparer le combat contre ce gouvernement. Le NPA était alors moteur d’un rassemblement large.
Puis sur la lutte en solidarité avec la Palestine, car nous avons été unitaires pour 1000, tout en étant intransigeant vis-à-vis de l’Etat. Notre organisation a eu raison de maintenir les manifestations pourtant interdites; la relaxe d’Alain Pojolat, suite à une mobilisation là-encore, montre que la lutte paie. Le fait que le parquet fasse appel prouve que nous gênons (il s’agit d’un procès politique). Le NPA a été (et est) décisif dans cette affaire.
II) Un parti anti-système pour l’action :
Nous devons pour le prochain Congrès assumer que notre organisation est totalement anti-système, en assumant que nous n’hésitons pas à aller à l’encontre des lois, des pouvoirs publics quand cela est nécessaire. Cela ne veut pas dire que nous n’utilisons pas certaines lois ou que nous renonçons aux élections ; cela veut dire que nous adaptons une tactique finement réfléchie et que nous revendiquons une position indépendante des illusions « républicaines et légalistes ».
Nous voulons en finir avec l’Etat, y compris de manière non-légale si cela est majoritaire, mais nous assumons d’avoir des élus qui eux aussi doivent, une fois élus, ne pas être comme les autres : être des élus anti-système.
Nous devons alors multiplier notre intervention dans les cadres de lutte spécifique. Dans les luttes écologiques, mais aussi pour la défense des sans-papiers et réfugiés politiques, nous devons être présents pour défendre l’auto-organisation et populariser la lutte anticapitaliste.
Le NPA doit également prendre l’initiative, quand cela est nécessaire, d’appeler à des actions seuls mais cela nous oblige à être implantés, impliqués, reconnus et surtout sincèrement unitaires !
III) Un parti unitaire, toujours à l’initiative pour rassembler :
Notre parti doit pour s’implanter et pour avoir du sens être unitaire jusqu’au bout. Etre unitaire c’est avant tout être dans les collectifs, se battre pour rassembler dans les syndicats, les associations. Etre unitaire c’est vouloir toujours rassembler notre camp social pour être plus nombreux et donc plus forts face aux classes dominantes.
Mais c’est aussi s’adresser aux autres partis de la gauche non-gouvernementale sans exclusive, de EELV à LO, en passant par les courants libertaires et le Front de Gauche.
Si nous sommes d’accords pour dire que les directions « réformistes », voire opportunistes, des principales organisations de l’ex gauche plurielle ne sont pas dans une logique anticapitaliste, cela ne veut pas dire que les militants de ces organisations, où les personnes qui les suivent, se situent dans cette logique. Il y a des anticapitalistes dans toutes ces organisations et nous devons les rassembler, voire les convaincre qu’il faille l’être. Cela passe nécessairement par la recherche d’accords politiques avec ces organisations, dans la lutte concrète, chaque jour, par en bas donc, mais également par « en haut », en les interpellant. C’est ce que nous faisons dans le cadre du collectif 3A (ex 12 avril) et nous devons aller jusqu’au bout de cette logique en cherchant à construire une alternative politique avec quelques points programmatiques très précis et compréhensibles par toutes et tous comme l’annulation de la dette, une augmentation des salaires, l’interdiction des licenciements, la nationalisation des secteurs les plus importants (énergie, banque…), recherche de la gratuité (transports, eau, énergie…).
Bien sûr le NPA, lui, reste une organisation totalement anticapitaliste, qui défend l’éco-socialisme, qui porte son programme, en somme. Mais nous devons aussi pousser à l’émergence d’une force d’opposition de gauche conséquente afin de ne pas laisser au FN la colère que suscite le PS et l’UMP lorsqu’ils sont au pouvoir.
Notre indépendance politique, le fait de construire notre organisation en gardant toutes les libertés relatives à un parti démocratique, nous protège justement des dérives opportunistes possibles. La recherche de l’action collective permanente nous empêche, elle, de sombrer dans le sectarisme.
Cela dit, comme « la peur n’évite pas le danger » et que mieux vaut se tromper que de ne rien faire, il est temps de passer à l’offensive afin de construire un outil politique à gauche à la hauteur des enjeux. C’est aussi notre rôle.

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