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Billet de blog 21 février 2023

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Le pouvoir d’achat des français ne cesse de baisser

À l’heure où les boucliers tarifaires prennent fin, une mise au point sur la perte que les ménages français ont subi ces derniers mois s’impose.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

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  • Les français dépensent 90€ en plus par mois pour le même panier de courses

Le chiffre fait froid dans le dos. C’est presque 100€ de plus par mois que les ménages français doivent débloquer sur leur budget de courses pour les mêmes produits. En effet, après une hausse de 280€ en 2022 puis une hausse de 790€ pour 2023, le total s’élève à 1070€ de plus en deux ans pour le même panier de courses. Les ménages français ne sont pas au bout de leur peine. Un pic d’inflation est attendu au mois de Mars 2023, baptisé « Mars Rouge ». Ce pic est dû à la fin de la plupart des boucliers tarifaires qui laisse présager une augmentation générale des prix.

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Pour pallier cette hausse du prix des courses, le gouvernement met progressivement en place un « panier anti-inflation » : 50 produits vendus au meilleur rapport qualité-prix. Toutefois, le panier anti-inflation repose sur la base du volontariat des grandes enseignes. L’impact des paniers par rapport à l’insécurité alimentaire risque donc d’être trop faible.

De plus, après observation de ces paniers anti-inflation, le constat est sans appel : 39% des produits du panier sont classés au Nutri-Score D et E. On peut même y retrouver de la Vodka, des sodas, des chips… C’est donc « manger pour rien, mais ne mangez pas bien ».

La solution aurait été, selon Alain Bazot, président d’UFC-Que Choisir, de mettre fin à la loi Egalim, qui oblige les enseignes de distribution à réaliser une marge minimale de 10% sur les produits alimentaires.

Et comme les Macronistes ne sont pas directement frappés par l’inflation, dans ce contexte où les ménages français peinent à se nourrir avec des produits de qualité pour un moindre coût, le repas à 1pour les étudiants a été rejeté par l’Assemblée nationale.

Pourtant, 9% des français ont amputé leurs achats de produits alimentaires en un an. Les français se nourrissent moins du fait de la hausse générale du panier de courses.

  • Alors que Total réalise les plus gros bénéfices de son histoire, les français peinent à faire leur plein d’essence

En France, en 2022, le coût moyen de déplacement a augmenté de 14% pour un véhicule essence et de 25% pour une voiture diesel. Face à l’inflation, le coût du déplacement n’a pas stagné.

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Face à la hausse du prix du carburant qui était constante depuis fin 2022, le gouvernement avait mis en place des réductions à la pompe. Le PDG de Total annonçait d’ailleurs que, grâce à ces réductions, Total avait rendu 550 millions d’euros aux automobilistes.

Ce qu’il omet de préciser c’est que Total a réalisé le meilleur bénéfice de son histoire en 2022 : 19 milliards deuros. Certains députés avaient proposé de taxer ces profits exceptionnels. Mais l’Assemblée nationale s’y est opposée.

Le gouvernement s’est même battu pour limiter la portée de la « contribution temporaire de solidarité » de la Commission européenne sur Total : les montants prélevés seront plus faibles que prévu. Résultat : le groupe Total ne va presque rien payer en France.

La France ne va que récupérer 0,2% des bénéfices mondiaux de Total alors que la France représente plus de 20% de lactivité de Total.

De tels profits, au moment où les ménages français sont contraints de faire tant de sacrifices, sont-ils acceptables ? Justifiés ?

De plus, une hausse du prix du carburant est à prévoir au cours des prochains mois du fait de la fin de l’indemnité carburant à la fin mars.

  • Toutes les dépenses du quotidien augmentent pour les français

Force est de constater que tout augmente pour les français. Certains le ressentent plus que d’autres.

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Le prix des loyers augmente : l’indice de référence des loyers est en hausse de 3,50%. Toutefois, ce pourcentage ne s’élève « qu’à » 3,50% car un plafonnement a été mis en place. Ce plafonnement prend fin en juin 2023, ce qui laisse présager une augmentation encore plus forte des loyers à partir de cette date.

Le tarif de l’électricité a augmenté : près de 4%. De la même manière, il faut tragiquement se réjouir de cette augmentation qui ne s’élève « qu’à » 4% du fait d’un bouclier tarifaire. Toutefois, ce bouclier tarifaire a pris fin le 31 janvier, ce qui laisse également présager une augmentation du prix de l’électricité.

 Le coût du transport augmente : l’essence, mais aussi les déplacements en transports en commun. Le prix de Pass Navigo mensuel est passé de 75€ à 84€ en janvier. Le prix du ticket de bus est passé de 1,90€ à 2,10€ pour un service qui ne cesse de se dégrader.

 Les forfaits internet, mobile vont augmenter…

 Bref, tous les prix augmentent. Nos députés ne souhaitent pas taxer ceux qui ont de l’argent. Ils ne souhaitent pas non plus aider les étudiants avec un repas à un euro. Les français doivent se serrer la ceinture. Ce sont toujours les mêmes qui trinquent.

Pourtant, des solutions existent. Par exemple, indexer les revenus sur l’inflation. De cette manière, le pouvoir d’achat des ménages ne diminue pas en fonction de l’inflation. Ou encore, un contrôle stratégique des prix afin d’empêcher l’inflation ou l’emballement de l’économie.

Tout est une question de choix politiques. Lorsque le gouvernement préfère nous faire travailler deux ans de plus plutôt qu’aller chercher cet argent là où il y en a, c’est un choix politique.

- Magalie De Carvalho pour RDS

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