La pauvreté en France en 2019, on ne peut l'ignorer !

La pauvreté dans notre pays éxiste toujours malgré un système sociale considéré comme fort par le reste du monde. Néanmoins, ce système présente de nombreuses failles et les causes sont multiples.

 En Europe d’après Eurostat la pauvreté régresse au Portugal, en Grèce et en Pologne, elle augmente légèrement en France et énormément au Luxembourg ou en Suède par exemple. Selon certains spécialistes comme Louis Maurin l’économie en France s’améliore alors que les allocataires du RSA sont toujours plus nombreux.

Le journal la Croix annonce que 1,84 millions de foyers perçoivent le RSA en mars en 2019. Les jeunes, les femmes et les agriculteurs représentent les catégories les plus concernées avec un salaire moyen de 1026/mois.  D’autres données sont également à prendre en compte, 20% des français concentrent un tiers des richesses, c’est à se demander si l’époque du clergé et de la noblesse est révolue.

La cause principale de la pauvreté en 2019 est vraisemblablement la précarité des salariés. Depuis trente ans ce sont bel et bien des contrats précaires qui se sont développés à travers les CDD, les stages, le travail à temps partiel et surtout l’interim. Par exemple, pour la seule ville de Dijon dont la population avoisine les 150 000 habitants, on compte pas moins de 73 agences d’interim proposant la plupart du temps des missions d’interim dans le tertiaire, le BTP, l’industrie ainsi que le médical. A noté qu’il n’y que quatre agences pôle emploi sur le bassin dijonnais.

Au niveau national, d’après statista on dépasse les 8 000 agences d’interims en 2017 contre 6 900 agences en 2013 soit une augmentation de près de 20% en seulement quatre ans. Des agences qui prennent une partie du salaire des employés puisque ce sont les employeurs qui rémunèrent les agences diminuant ainsi le salaire des personnes sous contrat en interim.

Sur une période courte l’intérimaire coûte moins chère qu’un CDD par exemple même si le coût journalier est élevé. Mais à terme l’employeur est gagnant car il n’a pas besoin d’embaucher à long terme pour palier à un manque ponctuel ce qui est beaucoup moins avantageux pour l’intérimaire lequel doit inlassablement chercher de nouvelles missions malgré une petite compensation à la fin du contrat avec une prime de 10% qu’on appelle IFM. Ce contexte favorise la précarité ce ces personnes notamment celles sans qualification particulière.

Une autre cause semble accélérée ou en tout cas préparée le terrain à une vie précaire. En effet le décrochage scolaire serait une cause avérée selon le CNSECO ( le centre national d’étude des systèmes scolaires ) près de 450 000 jeunes entre 18 et 24 ans sortent du système scolaire ou seulement avec le brevet en poche en 2016.

Les causes de ce décrochage sont multiples, un contexte familial difficile, des difficultés scolaires précoces, le désintérêt des cours, le découragement, le manque de mixité sociale ou encore un territoire proposant peu de perspectives d’avenir.

La théorie est très souvent appliquée dans les classes au détriment de la pratique. Mais pour les oubliés du système scolaire, la théorie pure a un effet soporifique sur certains élèves lesquels sont directement orientés vers classes plus techniques mais les cours enseignés dans ces classes techniques ne sont pas aux goûts de tout le monde et conduisent parfois à l’échec ainsi qu’à la dévalorisation du système pour les apprenants. On remarque également que les garçons sont plus touchés par le décrochage scolaire que les filles. 10,1% des jeunes hommes contre 7,5% des jeunes femmes âgées de 18 à 24 ans sortent sans diplômes.

 

Des classes surchargées, des cours non adaptés et des professeurs dépassés. Que ce soit en primaire, au collège ou au lycée ce constat est le même sur l’ensemble du territoire. Bien sûr il diffère selon les régions et les quartiers mais le décrochage scolaire peut s’expliquer également par ces trois facteurs. En outre, le pourcentage pour un élève présentant des difficultés d’apprentissage très jeune, le tout mélangé avec un contexte familial et économique diminue les chances pour un enfant d’atteindre le baccalauréat et poursuivre en études supérieures.

 Le savoir reste une chance de mener une vie enrichissante mais l’école est-il le meilleur endroit afin d’y parvenir ? Pour certains sans nul doute, l’école procure un cadre, une structure, apprend le vivre ensemble néanmoins elle crée des frustrations, des futurs désaxés, des hommes et des femmes dévalorisés arrivée à l’âge adulte au moment de l’accès au marché du travail.

 

Par ailleurs, on remarque que le niveau d’étude chez les parents influe énormément sur le niveau d’études de l’enfant. Ainsi un fils ou une fille de médecin aura beaucoup plus de chances de poursuivre des études à l’image de ses parents où il trouvera conseils et contacts dans le milieu grâce à son entourage. Tandis qu’un fils d’ouvrier devra fournir davantage d’efforts qu’un fils d’ingénieur par exemple afin de terminer ses études car il sera isolé dans son apprentissage, en roue libre comparé au fils d’avocats ou de médecins. Ce facteur lié au milieu familial dans lequel on grandie influe évidemment sur le niveau de vie de ces jeunes.

Une autre cause de la pauvreté non négligeable reste à citer. Les maladies ou les addictions lesquels détériorent la vie des personnes concernées jusqu’à les rendre totalement isolées et dépendantes des aides sociales. En France en 2018, on compte 1.13 millions d’allocataires de l’AAH juste derrière le RSA. Ces personnes vivent avec 900€ à taux plein. De nombreuses maladies qu’elle soit physique ou mentale empêche certaines personnes de mener une vie digne et sont stigmatisées par une partie de la population creusant encore un peu l’écart entre pauvres et riches entre les intégrés et les personnes dépendantes des autres du fait de leur maladie.

 

Nous sommes le troisième pays européen derrière le Royaume-Uni et l’Allemagne, le 6e pays le plus riche au monde mais notre système présente de nombreuses failles et la précarité des salariés, le décrochage scolaire, un contexte familial difficile ou encore les maladies ne représentent qu’une infime partie des nombreux maux dont souffre notre pays sans parler du reste du monde bien sûr.

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