L'internet libre passe par la préservation de l'intime.

Le documentaire d'Ovidie, "A quoi rêvent les jeunes filles", nous invite à réfléchir sur notre époque et à poursuivre les combats libertaires sur l'internet. Nous parlons beaucoup ces jours-ci, à juste titre, des menaces sur notre vie privée liées à la surveillance de masse à laquelle concourent les Etats les plus démocratiques avec les plus autoritaires; or nous devons aussi penser à l'usage personnel que nous faisons de la toile dont les dangers oscillent entre l'autocensure et son contraire : l'expression barbare débridée.

Lorsque les images d'humiliation des femmes se propagent c'est l'humanité entière qui se met en danger, c'est le faire société qui se trouve menacé. Le cybersexisme est une forme de terrorisme de l'intime que nous devons contrer. L'internet doit-être un lieu de "fécondité culturelle" et non de repli identitaire, La Boétie, comme une certaine Sophie (cf. Esprits libres) nous diraient en ces temps qu'il ne tient qu'à nous de ne pas nous abandonner à la "cyberservitude volontaire", il est pourtant si facile d'y sombrer tant les images nous innondent vers une standardisation de la vulgarité et de l'humiliation, nous invitant ainsi à la surenchère de la barbarie.

Le défi des Lumières est amplifié par la fibre, et l'humanisme ne sera accessible sans dépassement du sexisme ce qui relève finalement de la défense de la vie privée dans ce qu'elle a de plus intime. L'intime est le lieu de connivence, de confiance, de créativité et de ressource de la liberté, nous devons constituer la culture et les outils pour le préserver aussi bien de la surveillance de masse que du cybersexisme.

 

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