Sortir de la nasse...

L'unique solution est un électrochoc de nature politique.

Je ne suis en rien un supporter d'Emmanuel Macron. J'ai toujours pensé que son élection reposait sur une imposture: celle du changement radical, du "nouveau" monde, reléguant l'"ancien" dans la ringuardise, le dépassé et l'inutile; alors qu'en réalité, il ne s'agissait que de continuer - de manière plus volontariste et plus brutale - la politique monétaro-déflationniste - et destructrice de l'état providence d'après-guerre - initiée, il y a bientôt 40 ans par...Raymond Barre!

Seulement voilà! Il se trouve que désormais l'intérêt personnel de Macron coïncide avec l'intérêt général. Le mouvement des gilets jaunes - ruineux en terme de dégâts matériels comme en terme d'image de marque du pays - doit prendre fin. L'unique question se résume donc à celle-ci: "comment?". L'arrosage financier, le saupoudrage de quelques 10 milliards d'euros n'a pas suffi; la "parlote", le fameux "grand débat" non plus. Alors que reste-t-il? Il ne reste que l'électrochoc politique. Non pas la dissolution, procédé utilisé par le général de Gaulle en 68: elle ramènerait peu ou prou la même chambre avec une majorité LREM. Pas non plus le référendum-questionnaire à choix multiple: simple diversion, il ne mettrait pas un point final au psychodrame de chaque samedi. Non, l'arme véritable, l'arme suprême serait la démission de Macron, suivie de sa re-présentation immédiate à l'élection présidentielle ainsi provoquée. Il gagnerait cette dernière. Les partis, tous les partis se trouveraient pris à contrepied: Mélenchon à un étiage bas (8% selon les sondages), les LR en pleine crise de leadership, les gilets jaunes incapables de s'unir sur le nom d'un candidat pour les représenter, enfin Marine Le Pen, certes progressant au second tour en score par rapport à 2017, mais pas assez pour prétendre l'emporter.

La légitimité présidentielle serait de la sorte rétablie et l'herbe sous les pieds des gilets jaunes coupée. Mais, il y a un "mais": il faudrait pour cela que Macron ose...  

 

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