Le mythe du 18 juin

Le 18 juin a été instrumentalisé par la propagande gaulliste.

 

18 juin, 18 juin...la grand messe annuelle célèbre le mythe, de Mélenchon à Le Pen en passant par Macron et j'en passe.

Pourtant la geste de "l'homme qui a dit non", de celui qui, seul contre tous, s'est levé pour poursuivre le combat et sauver l'honneur national relève des histoires (au sens de "c'est une histoire!") et non de l'Histoire.

Que s'est-il - vraiment - passé en 1940? La Grande-Bretagne a cherché (et réussi) à constituer des gouvernements en exil des pays écrasés militairement et occupés par les Allemands. Il y eut ainsi des Hollandais "libres", emmenés d'ailleurs par leur monarque, des Polonais "libres", qui fournirent environ 10.000 hommes de troupe sauvés du désastre, lesquels eurent un rôle décisif au cours de la campagne d'Italie en 1943 et, bien sûr, il leur fallait aussi des Français "libres", après la terrible défaite de mai 1940.

Alors Spears, l'envoyé spécial de Londres, chercha à contacter un possible chef de la future "France libre". Il s'adressa d'abord à Georges Mandel, figure incontestable des gouvernements de la III ème république, dont on savait qu'il était hostile à l'armistice signé par le régime de Vichy. Refus de l'intéressé. Spears se tourna ensuite, et faute de mieux, vers l'obscur sous-secrétaire d'état à la guerre, récemment nommé par Paul Reynaud, Rastignac en Képi qui avait, pendant toute la durée des années 30, hanté les antichambres ministérielles dans l'espoir d'une éventuelle carrière politique. De Gaulle, à l'inverse de Mandel, dit "oui" à Spears.

De Gaulle, par conséquent, n'est pas seulement l'homme qui a dit "non" aux Allemands, mais également et surtout l'homme qui a dit "oui"...aux Anglais!

Cela, du reste, n'enlève rien à ses mérites, car dire "oui" à une telle aventure n'allait pas de soi; mais il faut remettre les choses en perspective: la figure du héros solitaire qui se dresse contre l'envahisseur est un récit enjolivé par la propagande.

La réalité incite davantage à l'humilité, une qualité pas vraiment gaulliste...

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