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Billet de blog 18 déc. 2021

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Rétrospective Netflix à la Cinémathèque… Bonjour Tristesse !

La cinémathèque a accueilli une « rétrospective Netflix ». J'y vois une démagogie consistant à « gratter l’amitié » d’une auto-proclamée modernité qui signe la mort du cinéma d’auteur, des salles et de toute pratique collective et partagée ; une paresse à défendre l’art, la pensée, la réflexion, le débat, non comme objets d’élitisme mais comme outils d’émancipation individuelle et collective. Incompréhension, dépit, exaspération, colère, tristesse.

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Rétrospective Netflix à la Cinémathèque… Bonjour Tristesse ! 

La cinémathèque a donc accueilli une « rétrospective Netflix »…

Est-ce bien raisonnable pour une institution subventionnée, qui après avoir été conçue par Langlois et Franju pour sauver des films, eut pour mission de les restaurer, de les faire connaitre et de transmettre à travers eux une culture cinématographique ?

On peut voir dans cette « rétrospective » une forme de renoncement à considérer que les autrices et les auteurs sont au cœur de la création cinématographique, comme les salles le sont à leur diffusion ; que la création est garante de diversité donc de démocratie ;

On peut y voir une forme de démagogie consistant à « gratter l’amitié » d’une auto proclamée modernité qui signe la mort du cinéma d’auteur, des salles et de toute pratique collective et partagée ;

On peut y voir une forme de découragement ou de lâcheté à se battre à contre-courant, à mener une nouvelle bataille culturelle quand tant d’autres ont déjà été perdues ;

On peut y voir une forme d’obligation de la cinémathèque envers son mécène Netflix, et ne pas vouloir y voir une objectivation de l’idéologie gouvernementale, qui « messiannise » le mécénat pour en finir avec les politiques publiques des arts et de la culture ;

On peut y voir une forme de paresse à défendre l’art, la pensée, la réflexion, le débat, non comme objets d’élitisme mais comme outils d’émancipation individuelle et collective. 

On peut y voir ou ne pas vouloir y voir tant de choses… On peut s’indigner, brailler par exemple qu’un territoire comme Est-Ensemble, fort de ses neuf villes (Bagnolet, Bobigny, Bondy, Le Pré-Saint-Gervais, Les Lilas, Montreuil, Noisy-Le-Sec, Pantin, Romainville) porte 6 cinémas publics, 13 salles et offre tous les ans une éducation à l’image à 100.000 enfants et jeunes, et que.. ; et que…

On peut convoquer la mémoire d’Henri, Georges, Jean et les autres…

On peut éprouver, de l’incompréhension, du dépit, de l’exaspération, de la colère….

Mais surtout… une infinie tristesse.

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