Nous restons des SERFS des "investisseurs"

Serfs nous sommes, serfs nous restons face aux vautours de l'économie mondiale.

Jaurès disait naguère que le citoyen est Roi dans la cité mais reste serf dans l'entreprise. Si l'on peut discuter de la première partie de la phrase, la seconde ne souffre malheureusement d'aucune objection : la gestion de l'économie reste le bastion de quelques personnes sur lequel ni le citoyen ni le travailleur ni le consommateur n'a le moindre contrôle.

Encore une fois, cela se vérifie dans l'opération de fusion entre PSA et Chrysler. Les intérêts des trois groupes que j'ai évoqués (citoyens, travailleurs et consommateurs) ne sont nullement pris en compte dans cette opération. Des analystes se pâment de voir la naissance d'un nouveau groupe mondial cumuler 170 milliards d'euros de chiffre d'affaire, mais comme d'habitude l'intérêt général n'est jamais évoqué. Et pour cause ! Ces opérations qui visent à des "synergies" n'ont que pour seuls buts de tailler dans les effectifs, constituer des monopoles privés, d'augmenter la prédation des richesses dans quelques mains et de s'approprier les pouvoirs économiques les plus étendus possibles. Les "investisseurs", terme pudique pour ce qu'on appelait auparavant plus directement les "capitalistes", jouent avec les centaines de milliers d'emplois et avec l'économie comme les enfants jouent au Monopoly.
A la fin de la partie, ce sont toujours les mêmes qui trinqueront les "synergies" ou les "échecs boursiers".

La famille Peugeot craint de "perdre le contrôle" de cette nouveau mastodonte automobile. Au profit d'une autre famille (Elkan, propriétaire de Fiat) tout aussi rapace évidemment. On croirait lire les livres d'histoire où les familles royales se mariaient au gré des arrangements géopolitiques, faisant basculer les sujets dans un camp ou dans l'autre. Nous sommes bel et bien devenus les serfs des "investisseurs".

 

Pourquoi les Peugeot craignent de perdre le contrôle.

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