2013, année du centenaire de la naissance d'Albert Camus

Voici le voeu que je présenterai ce jour au Conseil de Paris, dans le cadre du centenaire de la naissance d'Albert Camus. 

Voici le voeu que je présenterai ce jour au Conseil de Paris, dans le cadre du centenaire de la naissance d'Albert Camus. 

Le 7 novembre 2013, Albert Camus, auteur de  « la Peste » et « l’Etranger », aurait eu 100 ans.

Le 16 Octobre 1957, il se voit attribuer le Prix Nobel de Littérature. 

L’auteur de « La Peste », « l’Etranger » … est un homme dont l’engagement sur la cause de la liberté et de la défense de la personne humaine est incontestable.

De part sa naissance en Algérie et son origine européenne, il vivra de façon contradictoire la réalité de l’Algérie luttant pour son indépendance, préférant au nom de la non-violence, être « partisan d’une Algérie juste. J’ai dit et répété qu’il fallait faire justice au peuple algérien et lui accorder un régime pleinement démocratique. »

Il concluait à propos des actions du FLN et du terrorisme par la phrase : «  je crois à la justice, mais je défendrai ma mère avant la justice ».

Cette contradiction entre sa dénonciation des années 30 de l’oppression coloniale et la perspective d’un « divorce » entre l’Algérie et la France le conduira à ne pas se prononcer pour l’indépendance.

Mais cela ne l’empêchera pas, à plusieurs reprises, à la demande des avocats Yves Dechezel et Gisèle Halimi, de donner son appui pour sauver des militants algériens accusés de terrorisme et condamnés à mort. Ce qui ne manquait pas d’un certain courage dans le contexte de l’époque.

Les positions de Camus sur l’Algérie n’auraient-elles pas évoluées si la mort ne l’avait pas cueillie prématurément en 1960 ?

En tout cas, son parcours de journaliste exigeant incite à se poser la question.

Faut-il rappeler également que le 8 août 1945, au surlendemain d’Hiroshima, il est le seul à émettre cette mise en garde «  la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie, il va falloir choisir dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l’utilisation intelligente des conquêtes scientifiques ».

Sa vie a été relativement brève et selon les mots de Sartre « il faudra apprendre à voir cette œuvre mutilée comme une œuvre totale ».

Saisissons nous de ce centenaire pour relire l’écrivain et débattre de ses positions sur une plaie toujours ouverte qui fait encore mal à la France, la colonisation et  la guerre d’Algérie. 

Le voeu qui sera déposé lors des séances des 12 et 13 novembre au Conseil de Paris  :


Conseil de Paris

Séance des 12 et 13 novembre 2013

Vœu déposé par Alain Lhostis au nom du groupe communiste et des élus du parti de gauche

relatif au centenaire de la naissance d’Albert Camus

Le 7 novembre 2013, Albert Camus, auteur de  « la Peste » et « l’Etranger », aurait eu 100 ans.

Considérant la qualité de l’œuvre que cet écrivain nous a légué, il paraît indispensable que la Ville de Paris puisse rendre à sa mesure – dans le respect de la complexité du personnage et de la force de ses convictions de défenseur des droits de la personne humaine – hommage au talent et à l’engagement d’un homme qui a marqué au 20e siècle, la littérature et la vie politique.

Considérant que si Camus reste résolument attaché à l’Algérie qui l’a vu naître et dont il nous dit qu’elle l’a placé à « mi-distance de la misère et du soleil », c’est à Paris et notamment au sein du journal Combat, qu’il prend la plume (une tuberculose précoce l’empêchant de prendre les armes) pour s’opposer au nazisme. Il s’engagera aussi face  la folie montante du stalinisme et plus généralement à tout ce qui entrave la liberté ou menace la dignité humaine. Albert Camus incarne pour des générations de lecteurs et pour tout démocrate et républicain un exemple de résistance à l’injustice, la pauvreté et la corruption.

Considérant que le centenaire de l’anniversaire de sa mort est une belle occasion de redécouvrir ou de faire découvrir aux nouvelles générations cet acteur culturel et intellectuel, pont entre les deux rives de la Méditerranée

Considérant que dans le 10e arrondissement une place et une rue dans le quartier de la Grange-aux-Belles  portent son nom,

Considérant que le caractère cosmopolite du quartier de la Grange aux Belles est propice aux rencontres multiculturelles comme l’ont montré les initiatives du 40e anniversaire du quartier en 2011, centrées sur les poètes et écrivains dont les rues de ce quartier portent le nom, parmi lesquels Albert Camus.

Considérant le vote d’un vœu à ce sujet du conseil d’arrondissement du 10e, mettant l’accent sur l’engagement de la mairie d’arrondissement

Sur proposition d’Alain Lhostis au nom du groupe communiste et élus du parti de gauche, le Conseil de Paris émet le vœu que dans le courant de l’année 2013 :

-         soient encouragées et soutenues par la Ville de Paris des initiatives des associations du quartier et des équipements publics (collège, bibliothèque, écoles…) de  autour de la connaissance de l’œuvre d’Albert Camus et de son message de fraternité ;

-         la Ville de Paris organise une série de manifestations et de rencontres parisiennes autour de l’œuvre d’Albert Camus.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.