Ali  MOHAMMAD
Entrepreneur
Abonné·e de Mediapart

2 Billets

0 Édition

Billet de blog 6 oct. 2022

Ali  MOHAMMAD
Entrepreneur
Abonné·e de Mediapart

Soutenir Boris VENON, défendre notre ville et ses habitants

J’apporte tout mon soutien et ma solidarité à Boris Venon, victime d’injures racistes, homophobes et de menaces physiques, inadmissibles dans un Etat de droit. Ce fait local possédait tous les ingrédients pour provoquer un embrasement médiatique national fort dommageable pour la ville et ses habitants qui en sont des victimes collatérales.

Ali  MOHAMMAD
Entrepreneur
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

L’actualité récente autour de Boris VENON jette un malaise dans la ville et bien au-delà.

Boris VENON, élu aux Mureaux depuis 2014, deuxième adjoint au maire depuis 2020, a annoncé sa démission du conseil municipal mais aussi sa décision de quitter définitivement notre ville.

J’apporte tout mon soutien et ma solidarité à la personne et à l’élu de la République, victime d’injures racistes, homophobes et de menaces physiques, inadmissibles dans un Etat de droit. Un élu doit pouvoir accomplir son mandat en toute sérénité. C’est une condition nécessaire et incontournable de l’exercice de la démocratie. On comprend non seulement son émotion mais son mal-être devant de tels faits.

Dans sa déclaration lue lors du dernier conseil municipal du 28 septembre, Boris VENON a indiqué que, sur les 14 ans qu’il a passé aux Mureaux, les 12 premières années se sont déroulées sans incident, mais que depuis 2 ans, il est la victime régulière de propos et injures homophobes, racistes et depuis peu de menaces physiques. Ces agressions ont donc commencé au moment des élections municipales de 2020 et se sont poursuivies pendant et après les élections départementales de 2021, dans lesquelles Boris VENON s’était fortement engagé. Il ne fait donc aucun doute que ces menaces inadmissibles visent aussi à déstabiliser notre Etat démocratique et les fondations de notre pacte républicain. Les auteurs de ces faits doivent donc être recherchés, poursuivis et condamnés à la hauteur de la gravité de leurs actes.

Mais dans cette malheureuse affaire, il y a aussi une victime collatérale et non des moindres : l’image de notre ville et de ses habitant(e)s.  

Ce fait local possédait tous les ingrédients pour provoquer un embrasement médiatique national fort dommageable pour la ville et ses habitants : une situation fantasmée ; l’absence de nuances des réseaux sociaux ; la recherche du buzz ; la récupération par tous les extrémistes de CIOTTI à ZEMMOUR. Notre ville est projetée dans la lessiveuse médiatique, alors même qu’elle aspire à la sérénité. Ses habitants veulent qu’on les laisse tranquille car eux n’y sont pour rien. 

La victime est aussi cet(te) étudiant(e) en BTS recherchant une alternance et dont le CV sera mis de côté car il/elle est des Mureaux. La victime c’est notre ville car une famille, un commerçant ou une entreprise n’y viendra plus s’y installer. Par un mauvais buzz, ces évènements malheureux et condamnables viennent altérer les efforts entrepris par la municipalité, les associations, les divers acteurs de la ville depuis de nombreuses années pour que chacun trouve sa place dans la cité.

A titre personnel, comme d’autres élus de tous bords, j’ai été victime d’injures racistes lors des élections législatives de 2017, chose que je n’ai jamais évoquée publiquement. Cela allait de paroles comme « encore un basané » à des courriers injurieux et racistes de plusieurs pages, accompagnés de ma photo sur les tracts où l’expéditeur m’avait crevé les yeux…

Pour moi, comme pour Boris VENON, ces actes racistes ne sont que les éructations d’individus dérangés, n’acceptant pas le vivre ensemble, et qui ne reflètent nullement les convictions des Muriautines et Muriautins, quel que soit leur religion ou leur couleur de peau.

Aux Mureaux se côtoie plus de 80 nationalités différentes, ce qui n’est pas simple tous les jours et présente de grands défis. Elle est la ville du jambon, du fromage et du vin. Elle est aussi devenue celle de la galette de blé, de la paëlla, de la morue, du couscous, du mafé, du curry. Il ne s’agit pas ici de nier les problèmes, cette diversité est une énorme richesse qui à travers l’engagement de tous (personnels municipaux, associations, syndicats, …) permet à chacun de vivre ensemble dans le respect de la laïcité.  

Bien sûr, nous ne sommes pas naïfs et constatons à regret qu’aux Mureaux comme ailleurs les actes d’incivilités augmentent et empoisonnent nos vies.

Ne nous laissons pas manipuler et ne tombons pas dans la paranoïa, si nous voulons changer notre vi(ll)e, retroussons-nous les manches et continuons à jouer collectif avec bienveillance et humanisme, car nous avons toutes et tous une fierté, c’est celle d’être Muriautin(e).

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
La campagne pour la présidence de LR achève la radicalisation de la droite
Les 90 000 adhérents revendiqués du parti Les Républicains (LR) doivent désigner, à partir du 3 décembre, leur nouveau président. Les semaines de campagne interne ont montré le rétrécissement idéologique d’un mouvement en lutte pour sa survie.
par Christophe Gueugneau et Ilyes Ramdani
Journal
Affaire Perdriau : les coulisses d’une censure
Nous revenons ce soir sur les coulisses de la censure préalable d’une enquête de Mediapart : après douze jours, la justice a finalement mis fin à cette mesure inédite, mais le mal est fait.
par À l’air libre
Journal
Punir les petits délits par des amendes : l’extension du domaine de la prune
Avec la Lopmi, adoptée par le Parlement en commission mixte paritaire jeudi 1er décembre, une vingtaine de délits supplémentaires pourront faire l’objet d’une « amende forfaitaire délictuelle » infligée par les policiers et les gendarmes. Cette « condamnation express » pose de sérieux problèmes. 
par Jérôme Hourdeaux et Camille Polloni
Journal — France
Corse : l’arrestation de nationalistes complique le dialogue avec Darmanin
Un leader du mouvement indépendantiste Corsica Libera et deux autres hommes ont été arrêtés jeudi dans le cadre d’une enquête du Parquet national antiterroriste. À quelques jours d’une visite du ministre de l’intérieur, plusieurs élus insulaires évoquent un « très mauvais signe ».
par Ellen Salvi et Matthieu Suc

La sélection du Club

Billet de blog
Les inégalités ethno-raciales à l'école (13/15)
Si la classe est le facteur déterminant des inégalités scolaires, des processus ethno-raciaux sont également à l'œuvre. Ce billet présente les principaux mécanismes discriminatoires qui traversent l’école, quand ce n’est pas elle qui les coproduit, afin de mieux comprendre la fragilisation des trajectoires scolaires et sociales des enfants racisés, qu’ils soient français ou immigrés.
par Marcuss
Billet de blog
« Crise de l’École », crise climatique : et si on les mettait en parallèle ?
En scolarisant les enfants de tous les milieux sociaux, l’École s’est « démocratisée ». Mais elle n’a pas changé sa logique élitaire. Dans une large proportion, les enfants d’origine populaire y sont mis « en échec ». En imposant aux pays dominants un standard de vie prédateur et mortifère, le capitalisme a engendré la crise climatique. Quels parallèles entre ces deux crises de la domination ?
par Philippe Champy
Billet de blog
Le socle commun au collège... Où en est-on ?
A-t-on réussi à créer ce « commun » dans les collèges ? Comment ce socle pourrait-il évoluer ? Pourrait-il être étendu ?
par Guillaume Co
Billet d’édition
L’indice de position sociale, révélateur de la ségrégation scolaire
À la suite d'une décision de justice, le ministère de l’Éducation nationale a publié les indices de position sociale de chaque école et collège (public + privé sous contrat). Le Comité National d’Action Laïque analyse la situation dans une note en ligne.
par Charles Conte