Ce matin , mon chat préféré est dubitatif . Je le connais par coeur ! Pour me narguer , connaissant le sujet sensible et mes interrogations , il s'est affublé d'une chaussette tricotée en grosse laine rouge , d'une extension bien drue de poils de moustache tréssés avec les siens et il se marre ! très drôle .
- Tu trouves ? Alors t'es cap ou tu te dégonfles ? Tu veux pas en avoir le coeur Net ?
- Quoi ! Moi ? me dégonfler ? Bon ben on y va ... tu vas pas toutes nous les faire ?
- Pourquoi pas ... on va s'en donner à coeur joie !
- De toute façon ce sera n'importe quoi ... comme d'hab . Ma réputation est faite sur Mediapart ! La tienne aussi . Et puisque tu me prends pour Seshat , je vais jouer le jeu et être ta scribe ! Bon alors tu me dictes ton billet , le cat !
- Alors j' ai contacté mon indic , on a répéré les lieux et grâce à lui je me suis introduit en douce par une fenêtre du bâtiment , je me suis trouvé one planque et j'ai attendu l'arrivée des journalistes . première surprise : ils doivent impérativement passer par un sas
- de décompression ?
- Non . Un truc étrange bizarre un vestiaire où j'ai pu lire une inscription écrite à la craie sur le mur : Laisse ton coeur au vestiaire , accroche le au porte - manteau . Un truc de ouf !
- Quoi ? Mais pourquoi ?
- Ben , pour éviter de réagir à chaud , à l'émotion , aux sentiments . Garder la tête froide .
- Je sais . les sentiments ... ils s'en moquent !
- Je pense ... enfin j'imagine . Leurs cerveaux ne sont plus reliés à leurs coeurs . Complètement déconnectés. Lorsqu'ils rentrent dans l'open-space c'est un univers tout gris et froid . Comme des robots ils allument leurs ordinateurs , consultent certainement leurs mails , cherchent des infos . Puis ils tapent sur leurs claviers et livrent leurs articles , analyses et partis-pris ! Certains jettent un regard au club ou se fendent d'un billet dans cet espace résérvé aux abonnés participatifs . Le boss vient parfois corriger un abonné récalcitrant , un rebelle , un marginal , un original ou féliciter quelques thuriféraires qui plussoient , remercient à tout bout de champ !
- le coeur du boss ?
- un coeur cabossé !
- AP ?
- AP , c'est celui qui pratique le mieux l'humour féroce . Il a des réponses très acidulées parfois violentes aux abonnés qui le titillent , l'agacent , le provoquent . Certains abonnés ne s'en privent pas c'est à leurs risques et périls . Je pense qu'AP adore ces provocs qui lui permettent des réponses musclées . Et les abonnés aussi , finalement ! D'autres sont un peu masos !
- Son coeur ?
- Un coeur de braise palpitant qui allume le feu .
- FA ?
- FA , lui c'est du sérieux . Il mène la " petite barque de Mediapart " avec une certaine rigueur ! Barbe - noire .
- Son coeur ?
- Un coeur dur .
- LM ?
- LM , lui , il guette ses proies sans relâche , les fraudeurs . Il va à la pêche aux gros , il traque la justice , les procès , conteste certaines décisions , les jugement , les non-lieux . Il a une bonne tête ronde de gentil smiley mais faut pas s'y fier .
- Son coeur ?
- un coeur de chasseur .
- Et les autres MM SA les nanas MO CF ?
- Oh ! tu complèteras moi je me tire de cet univers impitoyable . Mediapart c'est l'élite qui parle aux élites , aux érudits , aux sachants . Ils ont réponse à tout , des certitudes . Des leçons à donner . Ils ne connaissent plus le langage du coeur celui du Petit Prince . Ils citent René Char ... mais lui , n'a jamais cessé de parler du coeur aux transparents comme aux érudits .
" Le coeur de l'enfant aux aguets ... " " Qui a creusé le puits et hissé l'eau gisante risque son coeur dans l'écart de ses mains " Le poème : le martinet , la truite RC . Comme les poètes : Ma bohème de Rimbaud . Au coeur du coeur ... ouvrage d'Andrée Chedid . Bersuire : " l'intelligence a son siège dans le coeur. Et l'on comprend sous le nom de coeur les actions intellectuelles . On comprend donc sous le nom du coeur , l'esprit , la volonté , la pensée et l'affection " mais c'est pas un poète ? !!! Et ... le coeur de Villon ! comme le coeur de boeuf le coeur d'artichaut .
- Belle chute ! Et ...
- Et tranquillement j'ai un peu rasé les murs couvert par le bruit de ces petites frappes rageuses , j'ai traversé le vestiaire cette chambre froide où j'ai appuyé sur la sonnette d'alarme . J'ai retrouvé la rue ... ouf !
- Comme tu dis : Ouf !