Manifestation dans le Hotspot de Lampedusa : « We don't want Lampedusa, we don't want prison »

 

Par le collectif Askavusa : https://askavusa.wordpress.com/2015/10/04/protesta-dei-migranti-nellhot-spot-di-lampedusa/

Voir la vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=S5YSGBtBEJo

Dimanche matin, vers 10h, environ 150 migrant-e-s enfermé-e-s dans le centre (Hotspot) de Lampedusa ont manifesté de manière pacifique contre leur détention.

Le 2 octobre déjà, ils/elles avaient manifesté contre le transfert vers la Sicile d'une partie seulement des détenu-e-s du centre. On leur promettait alors un transfert vers la Sicile (Porto Empedocle) pour ce dimanche 4 octobre, qui n'a finalement pas eu lieu. 

Peu avant de monter dans le bus qui devait les conduire au port ce dimanche matin, les détenu-e-s ont ouvert des banderoles artisanales et ont commencé à manifester en criant :  “We don’t want Lampedusa!” et “We don’t want prison!”.

Ils exprimaient également leur satisfaction de quitter Lampedusa sans y avoir laissé leurs empreintes digitales, tout en confirmant au collectif sur place qu'ils ne connaissaient pas leur destination finale (une fois arrivé-e-s à Porto Empedocle). 

Une demi-heure après cet événement, le collectif a été informé de l'annulation du transfert des détenu-e-s. 

 

Quelques observations:

 

- Il est difficile d'observer des changements dans le fonctionnement du centre depuis qu'il a été transformé en Hotspot le 21 septembre dernier. Cependant, deux manifestations ont déjà été organisées par les détenu-e-s. La procédure d'identification n'est pas claire et encore moins celle du transfert des migrant-e-s du Hotspot vers les autres centres en Italie, et du dit "système de quotat" pévu dans le nouveau réglement européen; 

- La Misericordia, la coopérative qui gère le HotSpot de Lampedusa, ouvrira prochainement un bureau sur l'ile de Lampedusa. Cela sous-entend des financements considérables pour cette entité et la création de nouveaux emplois; donc la progressive dépendance économique de l'ile dans la gestion des migrant-e-s;

-   Au sein du Hotspot, en plus des opérateurs de la Misericordia, on constate la présence:  de fonctionnaires de la police italienne, de la police scientifique, des opérateurs de Save the Children, OIM, INMP, Ordre de Malte, et trois fonctionnaires de l'agence Frontex. Tous devraient garantir l'identification des détenu-e-s avant leur transfert.  L'appareil de contrôle est ainsi toujours plus manifeste, sur un territoire qui est déjà profondément marqué par la présence des corps et des dispositifs militaires. 

Collectif Askavusa

https://askavusa.wordpress.com/

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.