Emmanuel Marsigny : l'héritier du Maître

Une rencontre fut décisive dans sa carrière : celle avec Olivier Metzner. Il sera son associé durant plus de quinze ans. Depuis la disparition de son mentor, il est à la tête de son propre cabinet, Marsigny Avocats, spécialisé dans la défense pénale. Il s’accorde toujours à dire qu’il ose défendre ceux que certains de ses confrères refusent de représenter.

Des débuts difficiles mais courageux

Diplômé en 1993 d’une double maîtrise de droit à l’Université de la Sorbonne, et d’un DEA de droit pénal et politique pénale, il postule d’abord chez les grands avocats parisiens, mais en vain. Il n’essuiera que des refus. C’est alors qu’il frappe à la porte d'un pénaliste encore peu connu, Olivier Metzner, qui l’accepte dans un premier temps comme stagiaire. Il traitera essentiellement le volumineux dossier de l’affaire Elf, tout en sachant se rendre indispensable dans le reste de l’activité du cabinet. Il deviendra alors son premier collaborateur, puis son premier associé, contribuant à la renommée que l’on connait du cabinet.

 

Affaires notables

L’une des ses première affaire était d'assurer la défense de Jean-François Filippi, l’ancien président du Sporting club de Bastia. Une semaine avant son procès, Jean-François Filippi a été soudainement assassiné alors qu’il était en route vers l’aéroport pour se rendre Paris pour préparer plaidoirie. 

Très vite, le nom de Marsigny s’associe dans l'opinion aux dossiers pénaux sensibles à l’instar de l’Angolagate en 2001, ou encore l’affaire des emplois fictifs de la Mairie de Paris en 2004, le crash du Concorde en 2012 ou la vente de l’hippodrome de Compiègne en 2014.

Il est récemment intervenu pour la défense d’une jeune française détenue en République Dominicaine avec l’une de ses amies, condamnées toutes deux, à huit ans de prison ferme pour trafic de drogue suite à la découverte de six kilos de cocaïne dans leurs bagages. A la suite d’une longue bataille judiciaire et de négociations diplomatiques, les deux jeunes femmes ont été graciées par le Président de la République Dominicaine.

En 2017, il a notamment défendu devant la 32ème Chambre du tribunal correctionnel de Paris, le fils du président de Guinée Équatoriale, poursuivi dans l’affaire dite des « biens mal acquis ». A la suite de ce procès rythmé par de nombreuses passes d’armes, l’avocat dénonçait le jugement en ces termes une « décision militante » et a promis d’"examiner tous les recours possibles ».

Il est actuellement le conseil du controversé théologien musulman Tariq Ramadan, prévenu pour deux plaintes de viol.

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