ETHIOPIE - décembre 2016 -

L’ETHIOPIE en décembre 2016

 

Le 17 décembre 2016, le gouvernement éthiopien a inauguré le barrage Gilgel III, le plus haut d’Afrique avec ses 243 m.  Il est associé à une centrale hydroélectrique de 1 870 MW qui a commencé à produire depuis 2015. Les conséquences écologiques ainsi que les changements de modes de vies qu’il a déjà engendrés auprès des populations locales est considérable. L’UNESCO et l’ONG Human Right Watch avaient appelé en vain à une cessation immédiate des travaux.

Barrages hydroélectriques, fermes éoliennes, champs de panneaux solaires et géothermie : Addis Abeba déploie depuis plusieurs années un programme à marche forcée. Le gouvernement déclare vouloir assurer son indépendance énergétique et réduire le recours aux énergies fossiles que l’Ethiopie importe aujourd’hui en totalité[1]. L’Ethiopie s’est fixé pour objectif de rejoindre les pays émergents d’ici dix ans sans émettre une tonne supplémentaire de CO2.Cependant, il faut ajouter qu’il veut aussi vendre l’électricité produite aux pays voisins et être le grand fournisseur d’énergie de la corne de l’Afrique.

Cette énergie ne profite que peu aux populations rurales qui n’ont pas les moyens de se raccorder au secteur.


Cette inauguration intervient dans un contexte de révoltes et manifestations. Depuis plusieurs mois, les Oromo et les Amharas, les principales ethnies du pays manifestent pour y dénoncer l’expropriation des propriétés à l’occasion des gigantesques chantiers dans la capitale, l’accaparement des terres agricoles par des sociétés étrangères et par l’Etat, sans indemnisations ou compensations suffisantes, sans mettre en œuvre des solutions pérennes en concertation avec les populations concernées.

Le 9 octobre 2016, le gouvernement de Hailemariam Desalegn a décrété l’état d’urgence. Il a cruellement réprimé les manifestations pacifiques, faisant plusieurs centaines de morts. Les réseaux sociaux ont été coupés. Les chaines de télévisions Esat et OMN, toutes deux  basées en dehors du pays, et qui dénoncent régulièrement les dérives du gouvernement, sont interdites de diffusion car considérées comme outils de propagande terroriste. Le leader de l’opposition Oromo, le docteur Merera Gudina, a été arrêté ainsi que Bekele Gerba et plus de 24 000 personnes ont été emprisonnées arbitrairement, dont de nombreux journalistes, des syndicalistes. Ces personnes sont incarcérées dans des camps militaires et sont victimes de mauvais traitements et de tortures. Cependant l'Ethiopie a annoncé en décembre la libération de 9.800 personnes[2] détenues pour leur participation aux manifestations anti-gouvernementales[3]

Les informations en provenance de l’Ethiopie sont rares et les protestations tout autant. La seule solution proposée par Angela Merkel, lors de sa visite en novembre 2016 a été de proposer une aide pour  la formation de la police éthiopienne, afin d’éviter les bains de sang. 

Pourtant, en janvier le parlement européen avait adopté une résolution condamnant la répression brutale du gouvernement. Mais dans les mois qui ont suivi, l'indignation du Parlement européen n'a pas été suivie d’effet par les pays membres, en dépit des centaines d’Ethiopiens tués et de la détention de dizaines de milliers d’opposants.

L'UE fait partie des nombreux donateurs qui n'ont pas parlé des violations des droits de l'homme craignant de risquer des partenariats stratégiques sur le développement, la migration, le maintien de la paix et la sécurité. Pas sûr que la diplomatie tranquille » de l’UIE soit le moyen le plus efficace de pousser l’Ethiopie dans la bonne direction, étant donné la détérioration dramatique du dossier éthiopien des droits de l’homme.[4]

 LA SUITE SUR :

http://allaingraux.over-blog.com/2016/12/l-ethiopie-en-decembre-2016.html

 avec en prime une photo d'une belle femme Surma

 


[1]http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/06/12/climat-l-ethiopie-montre-l-exemple_4653035_3212.html#P1AMsyruxywWVZJ1.99

[2]22-12-2016  - L'Ethiopie libère des milliers de détenus – Félix Horne  - Human Right Watch

[3] https://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=en&u=https://www.hrw.org/about/people/felix-horne&prev=search

[4] [4] Source : Felix Horne – L’Obs – 06.10.2016

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