Burkini, Bikini, Monokini, toutes à la piscine!

En ce début d’année, nous, membres du syndicat des femmes musulmanes de l’Alliance Citoyenne de Grenoble tenons à saluer la nouvelle Défenseure des droits pour sa position qui démontre le caractère discriminant de l’interdiction du maillot couvrant dans la base de loisir de Jablines-Annet, dans la région Île de France.

A nouveau, la Défenseure des Droits se place au début des débats d’opinions pour rappeler qu’en France, on ne peut légalement empêcher des femmes de se baigner dans le maillot qu’elles veulent.

Cette prise de position renforce notre demande de faire évoluer le règlement des piscines de Grenoble afin que les femmes soient libres de se baigner en maillot de bain couvrant ou en monokini. "Enfin une nouvelle encourageante! Peut-être que cet été on pourra enfin aller se baigner en maillot de bain couvrant dans les piscines de Grenoble, c’est mon rêve” affirme d'ailleurs Sarah.S, membre de l’Alliance Citoyenne. 

Si nationalement l’avis de la défenseure des Droits est une avancée notable dans la lutte contre les discriminations sexistes, notamment celles faites aux femmes musulmanes, il ne semble pas qu’Eric Piolle, maire EELV de Grenoble et candidat potentiel aux élections présidentielles de 2022, soit déterminé à faire évoluer les choses localement. Malgré plusieurs relances de notre part, ce dernier reste silencieux. Alors que les positions de la droite et d’une partie de la gauche sont claires sur le sujet, EELV tarde à définir une ligne claire sur les discriminations sexistes faites aux femmes musulmanes. Or, à Grenoble, à Lyon, Strasbourg ou Bordeaux, les mairies sont tenues par des élu.es écologistes qui pourraient concrètement faire bouger les lignes sur le terrain, en modifiant les règlements intérieurs des piscines municipales de leurs villes afin d’autoriser les maillots de bain couvrants ou encore le topless. Le modèle de Rennes, montre que cela est possible ET souhaitable.

Nous voulons être libres de nous baigner en maillot couvrant, au nom de la liberté de toutes les femmes de s’habiller comme elles le veulent. Nous revendiquons notre choix, comme c’est le choix d’autres personnes de s’habiller en short, en mini-jupe, ou peu importe. Un choix personnel et intime, qui n’appartient qu’à nous. Nous le voulons au nom du droit d’accès aux services publics pour tout.e.s.. Nous le voulons au nom de la lutte contre toutes les discriminations. Nous voulons la liberté, l’égalité, le respect, le droit d’habiter notre ville en accédant aux équipements publics. Ce que nous voulons tout simplement, c’est nous baigner, nager, accompagner nos enfants à la piscine et les surveiller, profiter de l’eau en famille, ou seules.

En juillet 2019, à Grenoble, nous avons nous aussi saisi le Défenseur des droits. Nous sommes confiantes. Nous empêcher d’accéder aux piscines municipales avec le maillot de bain de notre choix est une discrimination. Mais faudra-t-il attendre que le DDD se positionne pour que les maires de Grenoble, Strasbourg, Lyon ou Bordeaux autorisent le maillot de bain couvrant ? Aux humanistes, l’heure est aux décisions courageuses. 

Nous n’avons qu’un désir : être considérées comme des citoyennes françaises avec les mêmes droits et les mêmes devoirs que tout.e.s, nous demandons la possibilité pour toutes de participer à la vie de notre société. 

Membre du syndicat des femmes musulmanes de l’Alliance Citoyenne de l’agglomération Grenobloise : Jasmine. C, Anissa.L, Amel.B, Estelle.O, Léa.S, Aylin.K, Taous H, Fathia M, Inès L, Khadija, Sarah S

La police de la plage (ou de la piscine), merci mais non merci © La Nuit Remue Paris La police de la plage (ou de la piscine), merci mais non merci © La Nuit Remue Paris

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