QUAND LES PAUVRES PAYENT L’ÉCOLOGIE DES RICHES

Sur chacune de nos factures d’électricité figure une petite taxe discrète dénommée CSPE : Contribution au service public d’électricité. Etrange cette taxe qui demande à chacun de payer le service public. Bon, soit, le public doit bien payer le service public d’une manière ou d’une autre, mais cet impôt déguisé, perçu par les fournisseurs et dont le montant est fixé par l’état, repose en aucun cas sur un calcul équilibré des ressources, mais sur votre consommation d’électricité.

Sur chacune de nos factures d’électricité figure une petite taxe discrète dénommée CSPE : Contribution au service public d’électricité. Etrange cette taxe qui demande à chacun de payer le service public. Bon, soit, le public doit bien payer le service public d’une manière ou d’une autre, mais cet impôt déguisé, perçu par les fournisseurs et dont le montant est fixé par l’état, repose en aucun cas sur un calcul équilibré des ressources, mais sur votre consommation d’électricité.

Et à quoi sert donc cette CSPE ? À financer de louables dépenses comme le surcoût des installations dans les départements d’outre-mer ou le plan qui permet aux plus démunis d’avoir un minimum d’électricité, mais aussi à financer le prix très attractif avec lequel EDF rachète l’électricité aux particuliers qui la produisent par le biais du photovoltaïque, des éoliennes et autres formes écologiques de production…

Je n’ai aucune aversion au développement des énergies renouvelables, bien au contraire, mais son financement est quand même bizarre. Les gens qui s’équipent de panneaux photovoltaïques, à des prix souvent ahurissants - à tel point qu’on se demande parfois jusqu’où les installateurs gonflent leur facture - profitent de crédits d’impôts qui vont jusqu’à 50% de la facture (40% en 2011, je crois), et profitent ensuite du rachat par EDF de l’énergie produite à des tarifs 4 ou 5 fois plus élevé que le prix de vente.

Bon. Soyons clairs. Qui peut investir 100 ou 150 000 euros dans des panneaux photovoltaïques. Des propriétaires qui ont ce capital, ou qui peuvent l’emprunter (parfois avec des aides régionales). Et le but est simple : profiter du levier du crédit d’impôts pour payer moins en énergie. Et qui paie la note ? Ceux qui ne sont pas propriétaires ou ceux qui ne peuvent pas investir une telle somme. Quels moyens ont les millions de locataires pour faire baisser leur facture énergétique, sachant qu’ils sont dépendants des investissements que voudront bien faire les bailleurs pour améliorer leur isolation ou leur installation ? Aucun. Pas plus que les bailleurs n’ont intérêt à investir pour alléger une facture qu’ils ne paient pas.

Toutefois on peut se demander si tout cela participe, ou non, au développement des énergies renouvelables. J’ai quand même quelques doutes. On sait que ces panneaux photovoltaïques sont pour beaucoup fabriqués en Chine. Le crédit d’impôt ne portant que sur la partie matérielle de l’installation (pas sur la main d’œuvre), est-ce que le contribuable français ne contribue pas un peu au développement de l’industrie chinoise dans ce cas ? (et je passe sous silence le bilan carbone du transport de ces panneaux). Certes on a dopé le secteur des installateurs français, mais encore une fois cette politique du particulier investisseur ne va jamais dans une logique collective, et toujours dans une logique individuelle voire individualiste. Si j’ai du capital, je réduis mes coûts avec une bonne dose de bonne conscience. Le tour est joué. Mais en l’occurrence c’est ceux qui n’ont pas le capital, donc la partie des contribuables les moins riches, qui paient la note.

Quelles autres solutions alors ? Certainement pas de renoncer aux énergies renouvelables, mais en développant la recherche en France, et en finançant des projets publics (champs éoliens, champs photovoltaïques, etc…) et pas des projets individuels dont le profit retombe encore dans la poche des contribuables les plus aisés.

Petite cerise sur le gâteau, ces panneaux sur les habitations ne vont pas tarder à poser des problèmes de sécurité et de santé. Pour en avoir discuté avec une ingénieure d’EDF, certaines études commencent à alerter. D’un point de vue sécurité les pompiers se plaignent car en cas d’incendie, on peut couper le compteur électrique mais pas la production des panneaux. Intervenir sur un sinistre ou l’électricité court toujours, c’est un chouia risqué, non ? D’un point de vue santé, d’autres problèmes se posent. Des panneaux qui transforment l’énergie solaire en électricité ça créé forcément de forts champs magnétiques. Vivre avec ces champs magnétiques au dessus de la tête, il est probable qu’un jour, tout ça aura des conséquences.

Une consolation pour les pauvres qui sont au moins protégés de ça.

Jean Baptiste Chauvin

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