De Genève à Lyon, la barre des 10.000 personnes a été franchie !

Jour 33 - 07 juillet Ce matin, la maison des associations de Genève est en pleine ébullition. Entre ses murs se déroule une rencontre qui fera date.

Jour 33 - 07 juillet

Ce matin, la maison des associations de Genève est en pleine ébullition. Entre ses murs se déroule une rencontre qui fera date. Le collectif organisateur du village des alternatives réunissant Suisses et Français sur les rives du lac Léman - Alternatiba Léman, du 18 au 20 septembre prochain - a profité de la présence du Tour pour annoncer le lancement de sa monnaie locale, au cours d’une conférence de presse. Txetx, membre fondateur de Bizi!, l’association bayonnaise à laquelle on doit l’initiative du premier village Alternatiba, est également à l’origine de la mise en oeuvre de l’Eusko, la monnaie locale la plus aboutie de l’hexagone. Il a ainsi pu partager avec ses camarades suisses les mérites de la relocalisation des échanges, et fait part de son expérience .

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Et pendant ce temps là, dans la cour de l’immeuble… Nicolas, heureux cycleur et fondateur de l'Engrenage, un atelier vélo participatif à Saint-Dié dans les Vosges, nous a fait le plaisir de sa visite. Profitant du fait que nous ne mettrons les voiles qu’en début d’après-midi, notre équipe mécanique effectue en sa compagnie un entretien approfondi de la cyclo-flotte du Tour : petite et grande triplette, quadruplette et vélo-générateur.

Ce dernier a été conçu par Nicolas. Pour lui, la force motrice du pédalage n’a plus aucun secret ! Passionné de récup’ et de cycles, il fabrique depuis une quinzaine d’années toutes sortes de merveilles montées sur des roulettes. Commençant par s’exercer à la confection d’un vélo tourne-disque, il a ensuite développé la technique de la vélectricyclette ou encore de la bicycrêpe, à découvrir sur son blog. Nicolas nous prépare actuellement une fiche pratique - à retrouver en accès libre sur notre site - histoire que nous puissions tous bricoler notre vélo générateur d’électricité, trop sympa :) En attendant, il nous a donné rendez vous à Bellegarde sur Valserine, notre étape du soir, pour nous présenter une autre de ses créations !

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Nicolas à la maison des associations de Genève, bricolant le triporteur générateur d’électricité qui nous permet d’envoyer du son lors de nos vélorutions !

Et c’est encore un après midi d’efforts physiques intenses que nous avons passé, entre la Suisse et la France. Alors que nous quittions Genève, le thermomètre annonçait 40 degrés. Peu après la sortie de la ville, nous nous sommes engagés sur une portion de route qui montait, et montait, interminablement. Aucun nuage dans le ciel, aucun arbre à l’horizon, nous ne pouvions échapper aux ardents rayons du soleil. Notre cœur battait la chamade lorsque nous avons fini par venir à bout de cette épreuve : il était grand temps d’ingurgiter une poignée des fruits secs (abricots, figues, raisins, noix et graines) et surtout, de boire de bonnes gorgées d’eau !

Malgré la difficulté, Claude, notre guide sur cette étape, nous a vaillamment accompagné. En arrivant à Bellegarde nous avons fait la connaissance de toute la fine équipe qui entoure cette charmante activiste et animatrice de l’association Grain de Sel, qui nous a d’ailleurs fait don d’une superbe grainothèque ! Après avoir posé devant le théâtre de cette bourgade située dans la partie jurassienne de département de l’Ain, nous avons découvert quelques uns des nombreux projets associatifs qu’elle abrite.

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L’association Vêt’Coeur travaille depuis 1999 à l’insertion de femmes marginalisées et à l’accompagnement de leurs projets par l’acquisition de compétences et de moyens financiers - elles sont embauchées à la confection de linges, notamment. La programmation musicale était quand à elle assurée par un collectif dub local en plein développement : Organic sound, qui a commencé par la mise en commun de matériel et le bricolage de sound system avec du matériel récupéré ça et là. Ils sont aujourd’hui à l’initiative d’un festival qui rassemble plus d’un millier de personne dans la région de Bellegarde, un début prometteur pour cette bande de copains d’école. Nous avons aussi eu droit à une démonstration de percussions et des danses africaines endiablées, qui nous ont fait voyagé sur des milliers de kilomètres en un rien de temps !

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Nicolas avait tenu ses promesses lui aussi, il nous a présenté une animation pédagogique particulièrement efficace : le cyclotrain. En mettant en scène différents moyens de transport et différentes sources d’approvisionnement énergétique, cet outil sensibilise ses utilisateurs à la consommation de watts, qu’ils doivent générer eux même à la force des jambes. Cela permet de prendre conscience de manière très concrète de la force nécessaire à la génération d’énergie, et de l’intérêt d’adopter un comportement sobre, symbolisé ici par une ampoule basse consommation fonctionnant avec des LEDs (7 watts) par rapport à une lampe allogène (40 watts).

La soirée s’est poursuivie par la conférence quotidienne du Tour animée par notre infatigable Txetx, qui lui aussi pédale d’une étape à une autre. Puis nous avons gagné notre lieu d’hébergement, après une dernière série de coups de pédale sur un chemin escarpé !  

 

Jour 34 - 08 juillet

Aujourd’hui nous prenons le temps de dormir un petit peu plus et ne prévoyons rien avant… 9h30 ! Nous ne commencerons à pédaler qu’à 15h, et en profitons donc pour nous faire un point sur les dernières nouvelles du climat, et la manière d’en parler au cours des conférences que nous animons à chaque étape. Après avoir englouti le bon repas concocté par Michèle avec les produits de son jardin, nous nous sommes lancés à l’assaut de la trentaine de kilomètres nous séparant de Nantua, notre étape du soir. Nous nous trouvons actuellement en plein cœur de la région du Bugey, dont les frontières naturelles sont délimitées par un fleuve, le Rhône et une rivière, l’Ain.

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Après une petite pause devant le Lac de Sylans où nous avons retrouvé les randonneurs du Cyclotour du CCFD Terre Solidaire, nous sommes arrivés juste devant le magnifique lac de Nantua. La présence des Scouts guides et de la Croix rouge nous a permis d’échanger avec un public jeune et de mettre en évidence les liens étroits qui existent entre les inégalités sociales et les problématiques écologiques.

Cela dit, la mobilisation citoyenne se concentre ici sur une enjeu national qui parait jour après jour de plus en plus préoccupant : la gestion des sites nucléaires. D’une part, la centrale du Bugey est une zone d’expérimentation pour le démantèlement de centrales en France : le réacteur 1 est arrêté depuis 1994 et trois autres, fonctionnant depuis 35 ans, n’ont pas l’autorisation de dépasser les 40 - ils sont les plus anciens après ceux de Fessenheim. D’autre part, l’établissement d’un important centre de conditionnement et de stockage de déchets fortement radioactifs (ICEDA) est en cours sur la zone. Les réseaux de coordination tels que Stop Bugey et Sortir du nucléaire sont donc déterminés à élargir la connaissance des risques inhérents à la technologie nucléaire, auxquels s’ajoutent des facteurs naturels imprévisibles, et à mener un débat de fond avec les populations locales, pour en finir avec l’opacité qui règne depuis toujours autour de ces sujets.

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Jour 35 - 09 juillet

Après une pause de midi courte mais très riche à Ambérieux en Bugey - ou les Ateliers verts du solaire ou encore Eau Solaire nous ont montré que les alternatives à l’énergie nucléaire sont en plein essor, en France et ailleurs - nous avons mis le cap sur la métropole lyonnaise.

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Et quel accueil nous y a été réservé ! 300 personnes nous attendaient au Parc de la Tête d'Or pour une vélorution jeune et colorée, qui a parcouru les rues de Lyon dans une ambiance festive. On a pu entendre, outre l'hymne "Alternatiba, changeons le système, pas le climat", un petit nouveau dans les chants de vélorution : "Libérez les cyclistes enfermés dans les voitures !" Autant vous dire que c'est déjà un tube !

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L'arrivée s'est faite sur un mini village des alternatives organisé par les bénévoles du groupe local Alternatiba Rhône. 1000 personnes s'y sont réunies, autour d'alternatives concrètes comme la monnaie locale la Gonette, Disco Soupe (qui lutte contre le gaspillage alimentaire), mais également autour d'un espace massage et bien être (quel bonheur après les kilomètres de vélo), et des concerts. On peut également noter la présence de la Clavette, collectif d'ateliers vélo participatifs et solidaires, membre du réseau l'Heureux Cyclage. Ces ateliers ont pour but de faciliter la vie des cyclistes quotidiens en leur rendant accessible des connaissances en mécanique du cycle, des outils spécialisés et des pièces à bas coût car d'occasion. L'intérêt pour les cyclistes est double car en plus d'être "vélonome" (autonome avec son vélo), les cyclistes diminuent leurs dépenses liées à l'entretien de leur moyen de transport en économisant la main d’œuvre.
La conférence quotidienne a quant à elle eu la chance de recevoir un invité de choix : Victor Grange de la NEF, référence de la finance éthique et solidaire.

Cette fête des alternatives a été l'occasion d'un grand rassemblement : citoyens et associations locales porteuses de solutions concrètes étaient au rendez-vous pour célébrer les alternatives, c'est avec de telles dynamiques qu'on gagnera la bataille du climat ! Et cela laisse présager un super village des alternatives du 09 au 11 octobre ! Lyon est en mouvement, dynamique nationale !

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Cette étape à Lyon marque également un palier symbolique. C’est le jour où la barre des 10.000 personnes ayant croisé le Tour Alternatiba a été franchie. Il a pu s'agir de cyclistes participant aux vélorutions, de bénévoles d’associations engagées dans la transition écologique et sociale, ou tout simplement de curieux venant assister aux conférences du Tour. Toutes ces personnes ont été sensibilisées sur l’importance de la mobilisation citoyenne face au changement climatique, et sur les alternatives concrètes qui existent et sont applicable dès maintenant dans notre vie quotidienne.

Après 35 jours sur les routes, c’est une belle victoire que d’avoir réussi à faire passer ce message à plus de 10.000 personnes ! Mais les efforts de sensibilisation ne s’arrêtent pas là, car il reste de la route à parcourir avant d’arriver à Paris le 26 septembre, toujours avec la COP21 dans le viseur.

Mais profitons d'abord demain d’un jour de repos bien mérité ! Avant de repartir samedi pour Villefranche-sur-Saône puis Mâcon.

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