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Billet de blog 15 juin 2015

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Le Tour Alternatiba quitte les Midi-Pyrénées

Jour 8Une semaine s'est écoulée depuis notre départ de Bayonne.

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Jour 8

Une semaine s'est écoulée depuis notre départ de Bayonne.

L'expérience du Tour est si intense, si haute en couleurs, que l'on a tous l'impression d'être sur la route depuis une éternité ! Histoire de garder le rythme, nous avons passé une nuit pour ainsi dire mouvementée au lycée agricole de Saint-Gaudens. A minuit passé, alors que nos lourdes paupières se fermaient, qu'un sourire de béatitude se dessinait sur nos visages… l'alarme incendie a brusquement retentit. Il est intéressant d'observer que nous avons alors tous adopté un comportement différent : certains ont allégrement continué d'étreindre Morphée, d'autres ont ouvert un œil sans trouver la force de mettre un pieds devant l'autre, pendant que Txetx, le papa du groupe, a couru vers les tandems, pour les rassurer. Au final, on a vite compris qu'il s'agissait de l’œuvre de plaisantins mal inspirés, qui ont remis ça une heure plus tard. Nous avions les yeux piquants au chant du coq le lendemain matin. Heureusement, la route que nous avons emprunté pour rejoindre Cazères était plate, cela nous a permis de nous réveiller sur le trajet et d'être de bonne composition à l'arrivée.

Encore une fois, nous avons constaté que le nombre d'habitants des villes que nous traversons n'est en rien proportionnel à son dynamisme. La ressourcerie Recobrada (qui signifie « récupération » en occitan) a toujours de nouveaux projets dans son chapeau, outre la collecte, valorisation, revente et sensibilisation à l'environnement dans la localité. A Cazères aussi l'effort collectif à trouvé son emblème dans une magnifique quadruplette. Nos vélos collectifs étaient ravis de rouler côte à côte, pendant une dizaine de kilomètres !

Le parcours de l'après midi a été en revanche assez musclé. Alors que nous commencions à tirer la langue, Christian, notre éclaireur, savait nous rassurer : c'est la dernière montée, qu'il disait. Sauf qu'au bout de la dix-neuvième, notre naturel optimiste et confiant s'est ébranlé. En moulinant à la vitesse minimale, nous avons eu tout le loisir de penser aux raisons qui nous ont mené ici… et nous sommes mis à pédaler de plus belle ! Quelle bande de passionnés ;)

Sur le coteau du Volvestre, au détour d'un chemin, Patricia nous a fait la surprise de rejoindre le convoi. Cette charmante chercheuse en biologie moléculaire a décidé en 2010 de quitter Genève pour adopter un mode de vie plus terrien : face aux Pyrénées, elle prend désormais un malin plaisir à fabriquer des cosmétiques naturels, à base de plantes médicinales biologiques. Lors d'un petit stop à Mauressac, nous avons ensuite rencontré le maire et été rejoints par un groupe de cyclistes venus tout spécialement d'Ariège. Accompagnés des locaux et de vélomobiles (vélos assis dotés d'une cabine, dont l'aérodynamisme et l'espace favorisent le voyage au long court) nous sommes arrivés en nombre à Auterive.

Cette ville de la vallée de l'Ariège est le théâtre de manifestations culturelles et d'initiatives citoyennes multiples, réunies dans le collectif Mieux vivre à Auterive. Un débat a par exemple été initié sur la gestion des différents mode de transport dans le centre urbain. Les membres du collectif, portant le projet Auterive en Transition nous ont accueilli par des danses traditionnelles. Les enfants d'une école étaient également au rendez-vous. Ils avaient discuté en classe des enjeux environnementaux et climatiques et ont créé une série limitée de magnifiques T-shirt en l'honneur du Tour ! Lorsque l'on parle de justice sociale et environnementale, la détermination des plus jeunes est saisissante. Elle nous engage à construire pour et avec eux ce nouveau paradigme de développement, plus désirable et surtout, viable.

Cette étape à Auterive nous a montré que différentes composantes de la société civile investissent progressivement le débat public, qu'ils sont heureux de faire leur part et d'avoir des responsabilités dans la gestion des affaires publiques au quotidien… On en est reparti enjoués !  


Jour 9

Après avoir traversé l'Ariège, l'air est devenu plus sec : petit à petit nous allons vers l'Est. Mais pour l'heure, c'est à Toulouse que nous faisons halte. Nous étions une petite centaine de personnes à nous retrouver au mémorial de l'ancienne usine AZF. Les Toulousains ont gardé un souvenir fort de cette catastrophe industrielle, faisant une trentaine de morts et plusieurs milliers de blessés en septembre 2001. L'explosion de cette usine d'engrais chimique, non loin de lieux de stockage de matériaux inflammables et explosifs, aurait pu avoir de conséquences autrement plus dramatiques. Elle a posé beaucoup de questions en matière de gouvernance, de gestion des risques et de sécurité dans ces zones industrielles si proches des habitations.

Au volant de nos vélos, nous étions nombreux à défiler dans les rues de la ville rose. Il faut dire qu'ici, la dynamique Alternatiba est en pleine effervescence. A notre arrivée, nous avons ainsi eu droit à un avant-goût du village des alternatives qui se tiendra à Toulouse les 12 et 13 septembre prochains. Membres du groupe local Alternatiba Toulouse, l'association cyclophile 2 Pieds 2 Roues, la coopérative ENERCOOP Midi-Pyrénées, le réseau AMAP (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne), Emmaüs Toulouse, Artisans du Monde, les associations de solidarité internationale comme TET LLA, le CCFD Terre Solidaire « and last but not least » le collectif Crosi, qui a coordonné la journée, étaient présents pour rencontrer le public et échanger avec nous sur la préparation de leur village!

Elisabeth Toutut-Picard, adjointe au maire chargée de la politique du développement durable et responsable des questions environnementales au sein de Toulouse métropole est venue nous apporter son soutien, elle a même chanté avec nous l'hymne du Tour ! Espérons que ces sympathiques échanges donnent lieu a un partenariat sincère, sur le long terme, notamment à travers la signature de notre Pacte pour la transition.

Après une soirée conférence-débat très animée nous avons gagné notre lieu d'hébergement, au sein d'un habitat groupé ultra chouette. Ce projet rassemble un vingtaine de personnes aux expériences et compétences variées mais animés de valeurs communes de solidarité, de partage. Poussant comme des champignons, de plus en plus de ces lieux où humanisme et écologie sont en symbiose voient le jour en France. Ce havre de paix et de travail collectif a été pour nous une belle source d'inspiration, nous en sommes très reconnaissants !  




Jour 10

Après être tombée à verse toute la nuit, la pluie s'est arrêté juste à temps pour nous laisser pédaler au sec, le long du canal du midi. En direction de Castelnaudary nous avons fait une pause pour déjeuner dans un lieu historique actuellement revalorisée par les locaux : l'ancienne minoterie du seuil de Naurouze.

Cette journée à fleur d'eau, avec des familles de canards, de ragondins et d'humains, a été très reposante. Nous avons ainsi pu faire la connaissance de personnes investies auprès d'organisations telles que la Confédération Paysanne, l'ADEAR, Accueil Paysan ou encore la Nef et ATTAC. Tout ce beau monde s'est servi de cette opportunité pour se connaître, nouer une relation de travail sur le long terme et discuter concrètement des projets dont bénéficierait le territoire. L'idée d'une conférence ouverte sur les enjeux climatiques en est ressorti. Castelaudary est également un terrain d'expérimentation sur la question énergétique avec la mise en place d'un territoire à énergie positive (TEPOS).

Au cinéma des Halles, nous avons partagé notre petit film puis engagé la discussion avec les participants, qui envisagent désormais de se concocter un petit village des alternatives dans les mois à venir ! Logés dans une grande maison de bénévoles aux petits soins, nous avons pu faire une bonne salade (nom que l'on donne à nos réunions quotidiennes, plus digestes après une journée de vélos) et nous reposer !

Prochaine étape : la cité médiévale de Carcassone !

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