Non à la centrale à gaz de Landivisiau

Jour 80 - 23 août - Morlaix / Landiviseau Dernier passage au café de Vincent pour le petit déjeuner. Il nous raconte qu'après la guerre il existait près de vingt cafés dans le village. Il n'en reste qu'un aujourd'hui.  

Jour 80 - 23 août - Morlaix / Landiviseau

Dernier passage au café de Vincent pour le petit déjeuner. Il nous raconte qu'après la guerre il existait près de vingt cafés dans le village. Il n'en reste qu'un aujourd'hui.  

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L'étape se fait sans difficulté et nous arrivons sous le soleil dans le port de Morlaix. Là, un petit village des alternatives nos attend : la NEF, Enercoop, mais aussi l'association de protection de l'environnement Force 5, un comité de chômeurs, un jardin partagé, et l'Association Végétarienne de France. D'ailleurs, le repas est végétarien. Petits fours, crêpes aux saucisses de soja, salade de fruits. Nous y découvrons également un web citoyen associatif : www.eco-bretons.info. La moitié des articles sont écrits par des journalistes, l'autre moitié est réservée aux plumes citoyennes. Une mine d'informations qui couvre toute la Bretagne.

Ce collectif a organisé l'étape de ce midi et projette d'organiser un village des Alternatives « Alterna ty natur » à l'automne prochain.  

 

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A Landivisiau, nous sommes accueillis par un collectif vêtu de tee-shirts blancs avec un grand cercle rouge sur la poitrine. Ils sont opposés à un projet de centrale à gaz. Un projet qui coûterait plus d'un milliard d'euros financé par l'argent public. C'est un choix manifestement contradictoire avec les discours affichés par le gouvernement à quelques mois de la COP 21 à Paris. Txetx parle de crime climatique. C'est également un déni de démocratie puisque le rapport d'enquête publique s'est prononcé favorable à ce projet de centrale malgré les trois-quart d'avis citoyens défavorables au projet.  

 

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Mais ils savent recevoir, après une prise de parole en breton pour présenter Alternatiba, ils nous offrent les t-shirt « Non à la centrale ». Ils ont également prévue une tireuse à bière (locale) et préparé une belle salle pour le repas partagé dans une belle convivialité.    



Jour 81 - 24 août - Lesneven / Landéda  

 

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La pluie tombe dès les premiers kilomètres et toute la matinée. Ce n'est plus le crachin breton mais un vrai déluge que nous affrontons, avec des pointes de vent à 70 km/h. L'étape est rude, les cyclistes ont rarement vu ça. Ils arrivent complètement rincés au bar Chez Tom à Lesneven gentiment ouvert pour l'occasion par Nicolas. L'arrière-salle se transforme en séchoir de fortune pour les vêtements trempés. Le rougail saucisse chaud et consistant est particulièrement bienvenu et très apprécié. C'est l'occasion de retrouver Fokus 21 (association de production audiovisuelle et photo engagée) qui va filmer le Tour jusqu’à Notre-Dame des Landes.

L'après-midi le soleil se montre enfin ! On profite du paysage grandiose sur les Abers. Nous avons même le temps d'une petite photo pour immortaliser le panorama.  

 

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A Landéda, l'accueil est chaleureux et en musique, certains font quelques pas de danse bretonne. On y trouve une zone de gratuité qui interloque les enfants surpris de ne pas avoir à payer pour avoir des jouets, un maraîcher bio… le tout organisé par une équipe dynamique qui avait organisé en juin dernier un Alternatiba très réussi, réunissant plus de 8 000 personnes.  

 

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Nous remettons le pacte de transition à deux élus, qui s'engagent à le signer en conseil municipal mi-septembre.

Ce soir nous sommes tous accueillis dans la grande maison de Dominique, qui est grand-père le jour même, félicitations !  



Jour 82 - 25 août - Brest / Douarnenez

La météo ne nous aide pas et continue de jouer en notre défaveur. Le bateau qui devait nous mener de Lanilis à Douarnenez est bloqué à Brest. La mer est trop forte pour qu'il puisse venir jusqu'à nous. Du coup, nous adaptons notre plan initial et nous décidons de rejoindre Brest en vélo. Départ 7h du matin, sous la pluie, sur des routes très passantes.  

 

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Mais nous arrivons à Brest à l'heure. La gabare – le Notre-Dame de Rumengol – classé monument historique, est là. C'est un vieux gréement de 1945, spécialisé dans le transport de fret et ancien sablier, et qui vogue désormais grâce à l'association An Test. Il est beau, tout en bois. Nous avons un peu de mal à croire que nous allons naviguer plusieurs heures à son bord.

Le temps de charger les vélos sur le pont, de bien les attacher et de faire connaissance avec l'équipage : Mika, Loïc et Stéphane , et il est temps de partir. Nous sommes accompagnés par quelques personnes des Abers : Nadine, Franch... Nous aidons à hisser la grand voile, il faut se mettre à 4 ou 5 pour tirer sur les bouts. Un beau travail d'équipe !  

 

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Après quelques consignes de sécurité, on largue les amarre. Nous avons été prévenus, la mer est très agitée aujourd'hui. Le capitaine n'est même pas sûr de pouvoir passer le goulet à la sortie de la rade de Brest. En tous cas, il faut s'attendre à avoir le mal de mer.

Le bateau ne fait pas demi-tour mais une bonne partie de l'équipe ne verra pas grand-chose de la traversée, malades et allongés dans les bannettes en cabine. Les vaillants devisent sur le pont et les paysages sont somptueux. C'est aussi l'occasion pour Fanch de nous dédicacer sa thèse en Rienthologie, une thèse… sur rien ! Un fin trait d'humour qui nous aide à affronter les vagues.  

 

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Une fois débarqués et remis de nos émotions marines, les vélos s'élancent pour une courte vélorution qui arrive à Alternatiba Douarnenez, qui a eu lieu le jour même. Dans la journée, ce sont plus de 2 000 personnes qui sont venues. Une très belle réussite malgré la météo difficile. Plus loin, c'est le Baldingue qui organise des bals folks participatifs, qui nous accueille en musique, au milieu du Port musée, où se situe le dernier cimetière de bateau de France.

Nous sommes invités au Festival de cinéma de Douarnenez où les peuples des Andes sont à l’honneur, eux aussi durement affectés par le changement climatique. Martine, qui a organisé l'étape, prend la parole, Max chante le rap d'Alternatiba sur scène devant les festivaliers, puis nous profitons un peu de la soirée au rythme des danses bretonnes. Nous devons retourner dormir sur la bateau, amarré en eaux calmes, mais nous nous promettons de revenir un jour profiter de la convivialité des fêtes bretonnes.  

 

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Il faut noter que les tandems dormiront dans la seule école française de charpente marine « Les ateliers de l'enfer ».

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